L’héroïsme pantouflard des Insoumis d’opérette.

La horde indomptable des insoumis de Melenchon a courageusement décidé à 65% de voter blanc, nul ou d’aller jouer à Spartacus avec les enfants dans le square du quartier afin de sauvegarder sa pureté et le tranchant de son intransigeance. Bravo les gars ! Jamais je n’avais mesuré à quel point le choix du nom d’Insoumis adopté par les Melenchonistes est un hold-up dérisoire.

Faut-il rappeler que l’insoumission est une insubordination,  un acte de désobéissance à la loi ?

L’insoumission, ça se paie. Si c’est gratuit, ce n’est pas de l’insoumission.

L’insoumission est l’acte d’un subordonné qui désobéit délibérément à un ordre légal. L’insoumission est typiquement un délit punissable dans un organisation hiérarchique. L’insoumission ce n’est pas traîner les pieds, se plaindre, avoir une attitude négative ou refuser d’exécuter une action parce qu’on ne la trouve pas politiquement satisfaisante, moralement correcte, etc.

Durant la première guerre mondiale les cas d’insoumission ont fréquemment entraîné la peine de mort par fusillade, ce sont les Soldats fusillés pour l’exemple et ce, dans la plupart des armées combattantes.

Aujourd’hui toujours, l’insoumission relève de l’article L321-1 du Nouveau code de justice militaire : « Le fait pour toute personne d’être coupable d’insoumission aux termes des dispositions du code du service national est puni, en temps de paix, d’un emprisonnement d’un an. En temps de guerre, la peine est de dix ans d’emprisonnement. Le coupable peut, en outre, être frappé, pour vingt ans au plus, de l’interdiction totale ou partielle de l’exercice des droits mentionnés à l’article 131-26 du code pénal. En temps de guerre, si le coupable est officier, la destitution peut également être prononcée. Le tout sans préjudice des dispositions prévues par le code du service national. »

Bref, je comprends parfaitement le vote blanc. Je suis pour sa pleine reconnaissance et son décompte parmi les suffrages exprimés.

Mais je ne supporte plus l’Insoumis de comptoir, le réfractaire de salon, le déserteur du dimanche.

Pour que cela soit clair, je comprends parfaitement que l’on ne se sente pas de voter Macron et même que l’on s’y refuse pour ne pas être en contradiction avec ses convictions, mais par contre de grâce, pas de rodomontades, pas de leçons de morale, pas de posture, ne bombez pas le torse, les Tartarin et les Matamore !

Rangez votre insoumission dans un tiroir jusqu’aux prochaines élections et surtout pas de pleurnicheries ni regrets le 8 mai, ce serait un comble !

 

 

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LA RÈGLE DU JEU

Revu sur Arte hier soir La règle du jeu de Jean Renoir. Une toujours éblouissante et inusable leçon de cinéma. Si vous l’avez loupée, il vous reste 5 jours pour la voir sur Arte tv.

« Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons. »

Et puis bien entendu, dit par Jean Renoir :  » Ah le contact avec le public, tu vois, c’est… c’est ce truc là que j’aurais voulu connaître… »

 

 

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Il faut démonter Marine Le Pen et non diaboliser ses électeurs.

Je suis candide.

Je pensais qu’après le premier tour des élections présidentielles, on allait enfin pouvoir souffler. Défrichage effectué, pour le second tour, les choses semblaient claires. A ma gauche, le jeune candidat de la centrale social-libéralie, flexi-entreprenitude, euro-ouverture même le dimanche; à ma droite la boutique « Chez Le Pen« , articles nationaux de tradition réservés aux citoyens de souche sur présentation d’une carte d’identité valide, la maison ne fait pas crédit, les toilettes et le téléphone sont réservés aux consommateurs, les animaux ne sont pas admis, le service est compris mais pas le pourboire, on est prié de donner son nom après 22 heures.

Aucune raison de faire la fête en portant Emmanuel Macron à la présidence, mais quand même la satisfaction de pouvoir renvoyer Marine Le Pen (et le Mélenchon) aux oubliettes électorales pour un moment au moins.

Hélas, en moins de 24 heures, ce qui devait être de la banale pugilistique télévisuelle dans les règles du noble art électoral est en train de virer au duel sanglant, Mad Max vs Blaster sous le Thunderdome, sans les poumons de Tina Turner pour pousser le « We don’t need another hero« . Coups tordus, insultes, dérapages, bavures, bévues, conneries, fausses révélations, dénonciations, mensonges… On vocifère dans les tribunes.

Mes attentes politiques sont modestes, il y a longtemps que je les ai ajustées au maigre pouvoir détenu par des politiciens aussi ambitieux qu’éphémères qui « normaux » ou pas, et quels qu’aient été leurs accomplissements, visent la statue équestre – ou à la rigueur un musée, en fin de mandature.

J’en distingue deux grandes sortes.

Il y a tous ceux de gauche comme de droite ou du centre, qui sont prêts à globalement respecter les règles du jeu républicain et démocratique ainsi que les traités internationaux. Cela ne les empêche pas de se livrer à des abus de pouvoir et autres combines ou magouilles répréhensibles qui accompagnent les privilèges de la fonction depuis le premier chef de clan au paléolithique, mais bon, ils s’efforcent tout de même de gouverner un peuple ingouvernable. On proteste, on râle, parfois on gueule plus fort, on gronde même, mais en gros on ne connaît pas autre chose, surtout cela n’a pas l’air franchement mieux ailleurs. Pas la peine de foutre en l’air la baraque, contentons nous de repeindre et refaire la cuisine. Un mauvais « tiens ! » vaut peut-être mieux que deux meilleurs « tu l’auras ». Enfin, c’est que pense encore majorité des électeurs. Mais pas tous.

Et puis il y a les autres politiques. Les sanguins, les barbares, les vicieux, les prêcheurs exaltés, les doctrinaires, les populistes autoritaires. Ceux qui allient la ruse à la mégalomanie, l’opportunisme à la cupidité convulsive. Ceux qui ne respectent aucune autre règle que celle du plus fort. Ceux qui tout en beuglant leur amour du peuple n’ont pour seul but que de satisfaire leur soif de pouvoir et d’accaparer les richesses entre les mains de leur clan, abandonnant vite fait à leur triste sort ceux qu’ils ont séduits et entraînés, tout en leur vissant fortement le couvercle au-dessus de la tête.

La liste des expériences néfastes est longue, pas besoin de remonter loin dans le temps ni de voyager jusqu’à Pyongyang… Le totalitarisme populiste est sous nos yeux, à portée de main ou presque. Mais les sirènes du populisme parlent toujours aux oreilles des désespérés. Parce que comme ils le répètent toujours : « On a tout essayé, personne ne nous a entendu, personne n’a rien fait, alors pourquoi pas eux ? »

Dans ce contexte l’éventuelle présidence d’Emmanuel Macron, un type jeune, venu d’ailleurs, quelques soient les probables déceptions et les déconvenues certaines, semble pourtant moins lourde à supporter pour la majorité d’entre nous et pas seulement pour quelques privilégiés, plutôt que la remise des clés au clan Le Pen pour verrouiller la France de l’intérieur et jeter la clé.

C’est quasiment un devoir national d’éclairer ceux qui se sont laissé berner jusqu’à présent afin de les détourner du mauvais chemin sur lequel ils se sont engagés. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme pro Macron, il s’agit de dégonfler la bulle de colère et de réveiller des consciences endormies.

De la diabolisation du F.N. qui se dédiabolise sous nos yeux incrédules chaque jour davantage, on glisse facilement vers la tentation simpliste de diaboliser les électeurs de Marine Le Pen. On se trompe. On ne peut pas « diaboliser » le vote protestataire. Il repose sur des raisons objectives dont on a dévoyé les causes véritables, bien plus que sur de simples fantasmes tombés du ciel.

En gros, le vote radicalement protestataire, le vote dit « antisystème » a dépassé  50% des suffrages. Un sacré ralbol général a été exprimé  dés les primaires. Il faut être sourd pour ne pas avoir entendu les coups de pieds au cul.

Une fois la colère retombée, au moins en partie, on doit pouvoir discuter plus calmement. Discuter, c’est à dire considérer son interlocuteur, son adversaire, avec un minimum de respect. Un électeur qui a fait un choix différent du notre peut être un adversaire, ce n’est pas pour autant un ennemi. Ses raisons méritent d’être écoutées et entendues et il ne sert à rien de lui asséner à coup de massue que ses arguments sont débiles, qu’il est un demeuré identitaire, un vulgaire fasciste, un raciste de comptoir, un néo nazi de première; ou s’il s’agit d’un électeur de Mélenchon qu’il est un crétin national-bolchévique, un adepte d’une secte crypto-trotskiste, un illuminé des lendemains qui chantent, un sous-marin de Poutine etc. Cela ne sert à rien parce que cela leur glisse dessus comme de l’huile d’olive sur une sardine. Non seulement ils ne rougissent pas de honte, ils ne tremblent pas sous l’offense, mais ils s’en foutent totalement, mieux, les vitupérations hostiles, les sarcasmes et les invectives les confortent dans leurs idées.

Contre les endoctrinés et les radicalisés, il n’y a pas de victoire rapide ni facile. Il faut de la patience et du travail. Il faut labourer et semer le doute. L’arroser, l’entretenir. Plus le doute grandit plus le dogme se fissure et la lumière pénètre. Autre analogie exploitable, le mythe de la caverne cher à Platon. Ne dites pas : « Bande de nazes, vous prenez des vessies pour des lanternes ! », dites : » Ce que vous voyez n’est pas la réalité, ce sont des ombres projetées sur le mur… ». Parfois cela ne clique pas du premier coup, il faut recommencer pour activer les bons neurones.

Depuis des mois, sur différents blogs politiques je lis des commentaires qui martèlent inlassablement que le F.N., le Rassemblement Bleu Marine, les participants aux meetings de MLP et ses électeurs du premier tour sont tous, en vrac et au prix de gros : des crapules fascistes, des racistes avinés, des porcs xénophobes, des antisémites convulsifs et même pourquoi pas des « soz-nats » (socialistes-nationaux en novlangue), c’est à dire purement et simplement des nazis (en attendant qu’on les traitent de SS).  Avec ces fumiers là, il n’y a aucun dialogue possible. Le seul moyen de les contenir et de les réduire, c’est de les intimider en leur opposant un mur antifasciste sans faille, etc. Pour mémoire, le fameux « mur antifasciste », infranchissable n’a jamais fonctionné.

Allons au bout de l’idée : ce sont des ennemis du peuple, ils sont dangereux. Puisqu’on ne peut malheureusement pas les exterminer comme des cafards, il faut les mettre hors d’état de nuire, par exemple dans des camps et tenter de les rééduquer. Et pendant qu’on y est, ce ne serait pas du luxe de leur adjoindre des insoumistes radicalisés.

Je ne suis pas du tout convaincu par cette méthode !

Je vois un contexte objectif lourd qui livre à MLP (mais aussi à JLM) de vastes quantités d’électeurs en errance qui expriment de véritables problèmes et pas des simples lubies. A eux deux, MLP et JLM ont réunis presque 15 millions de voix protestataires au premier tour. Les électeurs des partis populistes et des mouvements autoritaires poussent toujours sur le même terreau.

Pour mémoire, quelques chiffres rapidement collectés qui ne sont pas totalement étrangers au vote pour Marine Le Pen :

Nous sommes 67 millions de français.

  • 28,6 millions sont des actifs de plus 15 ans qui travaillent ou qui cherchent un emploi.
  • Seulement 53% des actifs travaillent à temps complet.
  • 20% de l’emploi en France est à temps partiel.
  • 82% des salariés du temps partiel sont des femmes.
  • 10% des actifs, soit 2,8 M sont au chômage (taux de chômage au sens BIT)
  • Tous régimes confondus La France compte près de 16 millions de retraités. La retraite perçue par les femmes est inférieure de 39% à celle perçue par les hommes.

En France, le salaire net médian en 2016 était de 1 430 €.

  • Si l’on place le seuil de pauvreté à 50%, la France compte 5 millions de pauvres qui touchent 715 € ou moins par mois,
  • Si l’on place le seuil de pauvreté à 60% du salaire net médian, la France compte 8,8 millions de pauvres qui touchent 858 € ou moins par mois.
  • Quand au SMIC net qui est fixé à 1 153 € à temps plein, il est perçu par 1,7 millions de personnes.
  • Il y a donc en France plus de 10 millions de personnes qui vivent avec moins de 1 153 € par mois.

En France, 4 millions de personnes sont mal logées.

  • 2,1 millions n’ont pas l’eau courante.
  • 934 000 vivent en surpeuplement accentué.
  • 12 millions sont fragilisées (locataires ne pouvant pas payer leur loyer, par ex.)
  • 145 000 personnes sont sans domicile.

La France compte également 3,1 millions d’illettrés.

Chaque année 120 000 jeunes sortent du système éducatif sans aucun diplôme.

40% des non-bacheliers ne trouvent pas de travail.

23% des bacheliers sont au chômage ainsi que 14,4% des diplômés de l’enseignement supérieur.

5,4 millions de foyers n’ont pas d’accès internet (19,5%)

En France, 3,7 millions de crimes et délits ont été commis en 2016.

  • Vols avec armes : 8 800
  • Vols violents sans arme : 91 000
  • Vols sans violence physique : 704 200
  • Coups et blessures volontaires : 214 800
  • Cambriolages : 243 000
  • Vols de voitures et 2 roues : 164 000
  • Vols dans les véhicules : 262 000
  • Etc.

En France, au 1er avril 2017, 81 530 personnes sont placées sous écrou.

  • 70 230 personnes sont incarcérées pour 58 670 places disponibles.
  • La densité carcérale nationale est de 118%.
  • 7 établissements connaissent une densité supérieure ou égale à 200%,
  • 42 établissements connaissent une densité supérieure ou égale à 150%,
  • 48 établissements connaissent une densité supérieure ou égale à 120%.
  • 1 883 détenus sont installés sur un simple matelas à même le sol.

12 938 personnes sont sous écrou mais non détenues.

Les 70 230 placés sous écrou ont commis les infractions suivantes :

  • 22%  (soit 15 450…) pour coups et blessures volontaires
  • 17,6% ( soit 12 360…) pour viols et agressions sexuelles (33 viols sont déclarés à la police chaque jour en France. Soit un toutes les quarante minutes.)
  • 13,6% pour infraction à la législation sur les stupéfiants
  • 9,4%  pour vol aggravé
  • 8,2%  pour vol simple
  • 7,7%  pour homicide volontaire
  • 7,6%  pour recel, escroquerie, abus de confiance
  • Etc.

A tout cela bien entendu il faut ajouter, les vieilles peurs rances et la méfiance envers « l’autre ». Tous les autres.

Les « eurocrates » et les « envahisseurs ».

L’Europe et ses technocrates hors-sol forment un bouc émissaire idéal. Depuis des années la mule européenne est chargée par les politiques de tous bords de tous les maux et surtout de ceux dont elle n’est pas responsable. L’Europe coûte trop cher et pèse trop lourd. L’Europe porte facilement la responsabilité de tous nos maux. Haro sur l’Europe qui de toute façon n’est pas sans faille et il n’y a pas un jour qui n’apporte une illustration révoltante de son mauvais fonctionnement. On reste évidemment beaucoup plus vague sur ce qui marche et sur ses bienfaits. Il faut donc sortir de l’Europe et le plus tôt sera le mieux.

Cela se démonte, mais avec patience et avec des questions judicieuses et des arguments précis, pas avec des discours idéologiques généreux.

Les relations ne sont pas bonnes non plus entre communautés. Le terrorisme est entré dans nos vies, il est désormais très présent et il se revendique de l’Islam ce qui ne simplifie pas les choses. Difficile de se dire que cela n’a rien à voir. Cela ne va pas de soi que cela n’a rien à voir.

Quand le social et l’éducation foutent le camp, la religion occupe rapidement le vide. De fait, les signes identitaires et religieux se font plus nombreux et de plus en plus visibles pour afficher son mécontentement autant que sa différence et ce n’est pas seulement ou systématiquement un signe de piété. Pour certains, c ‘est aussi une façon de dire que tout en étant français, on n’aime pas la France au point de le revendiquer, de le défendre et donc de devenir patriote.

Ce n’est pas très difficile de ficeler : banlieues, quartiers, cités, zones de non-droit, délinquance, incivilité, jeunes, trafics de stupéfiant, terrorisme, islam radicalisé, islam revendiqué, port du voile, immigration incontrôlée, illégaux, sans-papiers, etc.  Voilà l’amalgame. Les médias ne s’en privent pas, internet fait le reste. MLP cueille les fruits dans sa corbeille.

Conclusion : « Foutez-moi tout ce petit monde à la porte. Ils sont beaucoup trop nombreux. S’ils n’aiment pas la France, qu’ils ne sucent pas son sang, qu’ils la quittent et fermons nos frontières. » Un vieux refrain qui trouve facilement des oreilles pour l’entendre et des gorges pour le reprendre. Difficile il est vrai d’ébranler le chœur des chanteurs de MLP et de leur démontrer qu’ils se fourvoient et qu’au contraire ce n’est pas dans leur intérêt de foutre tous ceux qui les dérangent à la porte (et d’abord, tu viens d’où, t’es qui toi ?) . Mais c’est la seule voie. Encore une fois, pas d’idéologie, si l’on veut ébranler des convictions erronées, il faut donner des faits, des exemples et des preuves. Il y a du boulot. Il reste peu de temps.

Malheureusement, je n’entends pas, je ne vois pas, je ne lis pas grand-chose de très convaincant destiné aux électeurs de MLP. Et les paroles de Macron ne suffisent pas, il est l’autre candidat, il est son rival, il ne peut pas être objectif. Encore une fois il ne s’agit pas de recruter des pro-Macron, il s’agit de retirer des voix à MLP.

Par contre, je la vois parce qu’elle crève les yeux : la carte du vote Marine Le Pen se superpose parfaitement à la carte de la France socialement à la dérive : Les Hauts-de-France, la région parisienne sauf Paris, mais Seine Saint-Denis en tête, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, les Alpes Maritimes, la Haute Garonne…

Ce n’est vraiment pas en regardant cette France avec haine, mépris ou condescendance attristée, que l’on va apaiser la France (pour reprendre les mots de MLP) c’est en démontrant que sous le masque souriant de MLP souffle du mauvais vent.

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Xavier Jugelé, gardien de la paix assassiné par un tueur de flic.

Sous les balles de l’assaillant des Champs-Elysées : le policier Xavier Jugelé, 37 ans.

Par Frederic Ploquin. A lire sur le site de Marianne.

Extrait :

(…) Après les attentats de 2015, qui virent la mort de Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet et Clarissa Jean-Philippe, après Magnanville et l’assassinat d’un couple de policiers, Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, la liste s’allonge avec l’assassinat, sur les Champs-Elysées, d’un membre de la 32ème compagnie d’intervention : Xavier Jugelé. Né en 1980, gardien de la paix depuis six ans, considéré comme un policier « volontaire et engagé », « serviable » et « bon vivant » selon ses collègues, parti deux fois en Grèce pour sécuriser les migrants, le policier faisait une petite pause dans le fourgon du service avec son collègue Cédric, un sous-brigadier de 35 ans, lorsque Karim Cheurfi a garé son Audi à la hauteur du véhicule, avant d’ouvrir le feu à l’arme automatique à travers la carrosserie, tuant Xavier et touchant sérieusement Cédric ; sans doute le tireur n’avait-il pas vu approcher quatre autres collègues en patrouille, qui ont aussitôt ouvert le feu, empêchant probablement un massacre dans le quartier (le tireur disposait également d’un fusil à pompe).

Xavier Jugelé allait être muté au mois de mai. Pacsé, sans enfant, il laisse derrière lui un concubin. Et des collègues sous le choc, qui détesteront aller au boulot, demain, la peur au ventre. Comme S., qui voudrait que tout cela ne soit qu’un « cauchemar ». Une colère et une tristesse avec laquelle le gouvernement issu des urnes au lendemain du deuxième tour de l’élection présidentielle devra obligatoirement traiter.

 

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LES ANTI-MELENCHON MANIFESTENT À CARACAS.

Huit manifestants ont été tués et plus de 500 personnes arrêtées en trois semaines au Venezuela où l’opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, tente d’obtenir le départ anticipé du président Maduro.

Des centaines de milliers d’opposants ont défilé mercredi à Caracas et dans plusieurs autres villes du Venezuela dans ce que l’opposition, dont c’était le sixième rassemblement depuis début avril, avait promis d’être « la mère de toutes les manifestations » pour exiger des élections anticipées.

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LA TURBULENCE RODIN

Dimanche 2 Avril 18h05 sur ARTE, puis en replay sur Arte TV puis en VOD ou sur DVD.

Un film de Claire Duguet & Leslie Grunberg à l’occasion du centenaire de la mort de Rodin.

Sculpteur de génie, longtemps incompris, Auguste Rodin a inscrit son oeuvre à l’avant-garde de son temps. Un documentaire qui retrace le parcours d’un artiste hors normes en le replaçant dans le bouillonnement artistique de l’époque.

Recalé trois fois au concours des Beaux-Arts, Rodin n’a jamais désarmé. Qu’importe que son style déplaise au monde académique, que son travail scandalise ses pairs, il n’aura de cesse de suivre son intuition : « Ce que l’on nomme communément laideur dans la nature peut dans l’art devenir d’une grande beauté », estimait-il. Ébloui dans sa jeunesse par l’œuvre statuaire de Michel-Ange, ce fils du peuple, né à Paris en 1840, s’est attelé à son labeur jusqu’à sa mort, en 1917, il y a un siècle. À 25 ans, pour échapper à la misère, il suit à Bruxelles le sculpteur Carrier-Belleuse, qui l’engage dans son atelier comme praticien. De retour à Paris, inlassablement, il échange avec peintres et écrivains, dessine, modèle, martèle, cisèle. Épousant les combats de l’avant-garde artistique de son temps, de l’impressionnisme au naturalisme, Rodin réinvente son art. Quand, enfin, il connaît la consécration, il a déjà 60 ans…

Un monde en mouvement

La place de Rodin dans l’histoire de l’art est unique. Avec des œuvres comme La porte de l’enfer, Le baiser ou son Balzac, éreinté avant d’être encensé, Rodin a fait sortir la sculpture de sa vocation ornementale pour la faire entrer, charnelle et palpitante, dans une nouvelle ère. Le film retrace son parcours artistique en l’inscrivant dans le formidable bouillonnement (pictural, littéraire, musical, architectural et sociétal) qui traverse la France de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à la Belle Époque.

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