MODESTE CONTRIBUTION AU DEBAT VISANT A RESOUDRE LE « PROBLEME » ISRAELO-PALESTINIEN.

Version modifiée le 15-07 à 18h

Baal.
Baal.

Étant athée, je n’ai aucune préférence en matière de dieux ou de religions. Je les range tous et toutes par ordre alphabétique sur la même étagère dans le même placard.

Je ne crois en rien de saint, ni de sacré.  Je déplore la fascination qu’exercent les divinités et l’occulte sur les hommes crédules. Le pire étant l’intolérance et le fanatisme qui accompagnent les monothéismes. Mon pouvoir de conviction étant limité, je me suis résigné à l’idée qu’il est vain de vouloir empêcher celui qui veut croire de croire.

Il m’apparaît ainsi plus facile de suggérer à un croyant de changer de croyance plutôt que le détourner de la foi. Des conversions on en trouve partout. Des catholiques deviennent communistes, des communistes redeviennent chrétiens orthodoxes, des juifs deviennent bouddhistes (Léonard Cohen), des anglicans deviennent musulmans, etc.

Encore une fois, l’essentiel aux yeux du croyant c’est de ne pas devenir un mécréant.

Compte tenu de l’impasse profonde, sombre, sanglante, durable dans laquelle se trouvent les Israéliens et les Palestiniens,  je suggère  aux Palestiniens de faire l’effort de changer de religion et de se convertir en masse au judaïsme. Je sais que la conversion n’est pas dans leurs habitudes, je sais que le judaïsme en particulier jouit de peu de faveur dans leur communauté et je sais que les juifs seront sûrement réticents à l’idée d’accueillir des palestiniens convertis en masse, mais avant de balayer avec mépris ma suggestion, je demande qu’on s’y attarde.

Cette proposition peut sembler loufoque ou iconoclaste, mais si l’on y pense de façon un tant soit peu rationnelle on découvrira de très nombreux avantages pour les deux communautés.

Le judaïsme est comme l’Islam une religion monothéiste terriblement old school, au puissant parfum de chèvre, de désert et de vieilles sandales.  Le Dieu antique des Juifs ne rigole jamais, ses colères sont terribles, sa clémence rare. Le judaïsme est rempli de commandements archaïques et dogmatiques, on psalmodie et on loue beaucoup. La liturgie est intarissable, les rituels complexes, l’hébreu n’arrange rien. Un inépuisable fond de textes aussi sacrés qu’hermétiques  se prête à d’infinies exégèses entre jeunes érudits et vieux sages barbus. Bref un terrain qui ne devrait pas être trop dépaysant pour un musulman pieux.

La circoncision et la nourriture cacher ne devraient pas troubler plus que ça les habitudes des fraîchement convertis ainsi que la place « modeste » réservée aux femmes chez les orthodoxes. Le judaïsme offre également d’importantes possibilités d’expression pour les intégristes avec toutes sortes de variantes et de degrés dans l’endoctrinement, jusqu’à l’obscurantisme total. Ancien Chiites et Sunnites pourraient au choix opter pour le judaïsme sépharade ou le judaïsme ashkénaze et continuer à s’opposer dans des querelles interminables sans pour autant recourir à la violence d’attentats à l’explosif. Les musulmans les plus réticents à la conversion pourraient même adopter un judaïsme de surface et former une nouvelle communauté crypto-musulmane de Marranes.

Vous entendrez dire que les juifs se refusent à tout prosélytisme et mettent des conditions drastiques à toute volonté (a priori suspecte) de conversion individuelle. Les rares candidats à la conversion seraient toujours accueillis avec prudence et réserve, soumis à des examens scrupuleux, toujours au cas par cas, comme pour les  régularisations administratives de sans-papiers. Cela, c’est la version officielle. Je conteste.

En effet, les conversions collectives et en masse au judaïsme jalonnent l’histoire : chez les Jébuséens sous le roi David, chez les Iduméens sous les Hasmonéens (d’accord ce n’est pas d’hier), mais aussi au moyen-âge chez les Francs Ripuaires et les Souabes, et parmi divers peuples ouralo-altaïques comme les Khazars de Russie. De l’autre côté de la Méditerranée on retiendra également des exemples importants de conversions collectives chez les Berbères Djeraoussas et Nefoussas, de même chez les Mizos en Inde et  les Igbos au Nigeria, sans oublier les Subbotniks en Russie. Etc.

A y regarder de plus près le changement de religion suggéré serait beaucoup moins dramatique qu’on veut bien le croire. Le passage en bloc des Palestiniens de l’Islam au Judaïsme me semble même beaucoup plus facile à discuter et mettre en place lors d’une conférence internationale que le partage de Jérusalem entre deux états.

Tout peut se  se négocier, lorsque les parties trouvent des avantages suffisants.  Et c’est précisément là que je souhaite en venir.

Le bénéfice commun et  les bienfaits seraient considérables pour les Palestiniens comme pour les Israéliens.

Israël se revendique de plus en plus fermement comme état Juif, c’est à dire état religieux. Démocratique certes, mais religieux. Voilà qui devrait rassurer tous ceux qui du côté Palestinien souhaiteraient établir chez eux dés que faire se peut un « état-islamique-modéré ». Toutefois, pour les tenants du Califat, de la Charia et du Djihad, je comprends que ma proposition  peut ne pas convenir.

Les Palestiniens désormais juifs pourraient tout naturellement faire leur alya (retour en Terre Sainte), compensant ainsi largement l’émigration israélienne à l’étranger.

Avec l’intégration (progressive) de 3,7 millions de nouveaux juifs- peuplant déjà les territoires Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (sans compter les 2 millions de Palestiniens de Jordanie ni les 400 000 du Liban qui ne tarderaient pas à les rejoindre) , le nouvel Israël serait fort de plus de 11,5 millions d’habitants, parmi lesquels il n’y aurait plus que des citoyens juifs à part entière et de première catégorie.

Fini la boucle infernale, terrorisme-représailles. Fini les roquettes et les raids aériens.

Fini l’angoisse du péril démographique. Israël bénéficierait enfin d’une population jeune et d’une natalité forte.

Au plan géographique, le vaste territoire israélo-palestinien serait pacifié et unifié dans des frontières sûres impensables sans la conversion en masse des palestiniens.

Fini le mur honteux, fini les check-points humiliants.

Fini  la colonisation brutale et agressive de la Cisjordanie et le blocus de Gaza, mal vus dans le monde entier.

Au plan politique, la médiocrité et la corruption des élus resteraient hélas sensiblement la même. Personne ne sera surpris, on ne pourra qu’espérer mieux de la classe politique, comme partout.

Par contre, une nouvelle politique exaltante de développement équitable permettrait une croissance harmonieuse bénéfique à tous. Retour pour tous de « la terre fertile et vaste où ruissellent le lait et le miel » (sic).

On peut donc imaginer une réduction importante des dépenses militaires en faveur de l’éducation et de la santé.

La pacification de la région serait un soulagement pour le monde entier et nul doute que les capitaux afflueraient des quatre coins du globe. Israël retrouverait enfin aux yeux de tous les peuples un capital de sympathie, un prestige et une aura, perdus depuis des lustres.

Et tout cela est à portée de main. Au prix d’un effort modeste.

De part et d’autre, les concessions, même si elles apparaissent insurmontables, ne sont que spectaculaires. Rien de tout cela n’est véritablement douloureux. Il ne s’agit pas d’arracher des hommes à la foi, il s’agit de leur proposer d’autres croyances équivalentes contextuellement plus productives et bénéfiques. Changer de Dieu et de rituels est sûrement perturbant au début, mais l’on ne demande à personne de cesser de croire et l’enjeu de ce déplacement de foi mérite qu’on s’y arrête.

A tout prendre, la conversion d’une des parties est certainement préférable à la perpétuation d’un conflit bloqué auquel le Dieu unique, qui en est le premier responsable, s’avère incapable de trouver une issue.  Avec le temps, cette incapacité à faire évoluer les choses révélera un Dieu usé, fatigué, vieilli, très amoindri et surtout impuissant, ce qui serait un désastre terrible sapant durablement les fondements du machisme monothéiste. Il est tout juste encore temps au nom même de tous les monothéismes d’empêcher cette catastrophe. Je suis certain de l’accord de principe du pape François.

P.S. : Bien entendu on m’a objecté que ma vision était partisane et unilatérale pour ne pas dire islamophobe. Pourquoi serait-ce aux Palestiniens musulmans de faire l’effort de se convertir au judaïsme et ne pas plutôt préconiser une conversion en masse des juifs israéliens à l’Islam pour résoudre le « problème » Israélo-Palestinien dont ils sont au mieux co-responsables ? « Hein, pourquoi ? »

C’est une excellente question. A laquelle je répondrais par une autre (comme Socrate) : « Que deviendrait alors cette nouvelle « République-Islamique d’Israël-Palestine » bordée par le Liban, la Syrie, la Jordanie et l’Egypte ? »

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

Une réflexion sur « MODESTE CONTRIBUTION AU DEBAT VISANT A RESOUDRE LE « PROBLEME » ISRAELO-PALESTINIEN. »

  1. J’ai lu puis froncé le sourcil, mais enfin quoi …. j’ai relu, froncé le sourcil….. froncé l’autre sourcil…. mais enfin pourquoi pas, pourquoi pas! … et j’ai rigolé de bon coeur.
    Frère, je vous tire ma révérence.

    Ligne Rouge

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