Les petits métiers qui disparaissent : le mouilleur de pierres.

C’est dans le vieux pays du Montmirais cévenol que nous avons retrouvé un des derniers mouilleurs de pierre français, noble et rude métier hérité des temps anciens où l’on n’utilisait pas encore le parpaing B40 et la brique creuse.

Avant d’être mouillées, les pierres en roche naturelle sont d’abord ramassées à la main puis transportées à la brouette, parfois sur de longues distances, jusqu’au site du mouillage.

Les brouettes du mouilleur.
Les brouettes du mouilleur.

Les pierres sont ensuite regroupées dans des seaux métalliques spéciaux, seaux de mouillage, appelés  en occitan « Ferrat de Banhada ».

La préparation des pierres à mouiller.
La préparation des pierres à mouiller.

Avant le grand moment, un dernier tri est effectué par l’oeil exercé et la main agile du mouilleur. Les pierres trop petites qui risqueraient de glisser au fond du seau et d’être trop mouillées sont alors écartées.  Le chien du mouilleur, assiste fidèlement au travail de son maître, tant dans sa longue et pénible quête des pierres que dans l’heureuse phase finale du mouillage.

Le dernier tri avant le mouillage
Le dernier tri avant le mouillage

Le mouillage – toujours effectué à l’eau de pluie avec plusieurs arrosoirs de grande capacité et jamais au jet à l’eau courante – peut enfin commencer. Il s’agit de faire ruisseler l’eau de façon égale le long des pierres. Le mouilleur effectue alors un mouillage régulier en animant son arrosoir d’un léger mais double mouvement, à la fois rotatif et de balancier grâce à un geste traditionnel du poignet. Autrefois cette dernière phase du travail était accompagnée d’une mélopée particulière chantée en occitan : Lou Cant de la Péira Banhada » ou Chant de la pierre baignée, mais hélas la tradition s’est perdue.

Le mouillage à l'eau de pluie.
Le mouillage à l’eau de pluie.

Avec tous nos remerciements à M. Arnaud L. qui a bien voulu nous montrer et nous commenter les temps forts de son beau métier.

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

1 pensée sur “Les petits métiers qui disparaissent : le mouilleur de pierres.”

  1. Hé be vé te le grand air t ‘ a récoiffé les neurones ave la raie au mitant
    On croirait un authentique reportage du jt de ft1!

    On finira sous peu l ‘ épié & paquette en pensant fort à vous.

    Bien les bourettes , tres bien même en sépia et sans japonaise…

    Bzzz
    A+
    Nora

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