Le Conte de la princesse Kaguya

kaguyaCela n’arrive pas souvent, mais cela arrive parfois. Le ravissement. L’enchantement. Ce truc de plus en plus rare, quasiment miraculeux, propre à la poésie. Ce n’est donc pas qu’un film. C’est vraiment un conte. Dés le commencement nous sommes emportés comme des enfants heureux les yeux écarquillés. Evidemment c’est beau. L’esquisse fluide au lieu de la ligne claire, les pastels, les lavis, la transparence, le mouvement souple, délicat, en même temps stupéfiant de précision, la gestuelle du bébé, les jeux des enfants au début du film, la puissance, la vitesse, lors de la course folle de la Princesse au milieu du film, la rigueur ordonnée des rituels dans la seconde partie du film. L’imagination du trait est incessante et omniprésente. Le film est habité par le souffle vital du vide médian qui selon le zen élève les souffles yin et  yang à leur plus haut niveau de bienfaisance. C’est comme ça.

Comme dans tous les contes, il y a un message à méditer. Takahata nous parle de notre libre arbitre, de notre place dans la nature, des beautés et des leurres de la civilisation, des mensonges et des faux semblants, de la puissance et de l’argent. Dans un final d’une audace stupéfiante, du mirage splendide mais mortel de la spiritualité. Merci.

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

2 réflexions sur « Le Conte de la princesse Kaguya »

  1. Vu il y a quelques années à l’opéra Bastille une chorégraphie de Jiri Kylián avec des instruments traditionnels japonais sur ce conte. Une pure merveille.

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