Je ne suis plus de gauche.

Dans mon pays riche

Aujourd’hui

Partout des pauvres

Partout

Autour des poubelles

Dans les encoignures de porte

A l’entrée des commerces

Au feu rouge

Aux escaliers du métro

Avec des matelas pourris

Des couvertures sales

Des sacs de couchage déchirés

Des cartons étalés humides

Des sacs plastique

Des trucs roulés retenus par une ficelle

Des miséreux

Des gueux en guenilles

Des pouilleux

Des va-nu-pieds

Des mendiants.

Avec un petit carton

Pour expliquer la situation

Ou même pas

Sans explication

Demander du travail

Demander à manger

Cela va sans dire

A quoi bon ?

Des crève-la-faim muets,

D’autres qui parlent avec accent

Qui remercient pour la pièce

Qui te bénissent

Des sans logis

Des sans domicile fixe

Des sans travail

Des sans âge

Des sans identité

Des sans papier

Des sans dents

Des sans plus rien

Des sans vie

Des hallucinés hirsutes

Barbe noire, joues creuses, orbites profondes

Parfois silencieux

Parfois criant des trucs incompréhensibles dans la rue

Des amputés d’une main

D’un bras

Des boiteux

Des écroulés en fauteuil roulant

Des vrais cul-de-jatte

Et puis aussi

Des jeunes déjà vieux

Briscards de la rue

Seuls

Ou en groupe assis

Avec chien sans bière

Avec bière sans chien

Avec les deux

Des vieux encore plus vieux que vieux

Vu les circonstances

Des femmes

Des jeunes femmes

Des jeunes mères

Avec un enfant sur les genoux

A la main

Dans les bras

Un autre

Et puis des vieilles

Des vieilles pliées en deux

Des vieilles qui marmonnent.

Des vieilles qui trainent des sacs

Des vieilles qui poussent des caddies

Des vieilles qui furent des mères

Des vieilles qui furent des femmes

Des vieilles qui furent des jeunes-filles

Des vieilles qui furent des petites filles avec des rubans,

des rires, des sandales, des nattes, des rires et des balançoires

Partout

J’en croise et j’en vois partout

A l’ombre et au soleil

Le jour et la nuit

Qu’il pleuve ou qu’il vente

Et la semaine et le dimanche

Tous les jours.

Avec un gouvernement de Gauche

depuis bientôt 5 ans.

JE NE SUIS PLUS DE GAUCHE

Ce matin je me suis réveillé et je l’ai tout de suite senti, je n’étais plus de Gauche. Ce n’était pas complètement une surprise, je sentais bien que depuis quelque temps je m’éloignais, je dérivais, je prenais des libertés, ça se décollait dans mes convictions.

Bref ça n’était plus comme avant entre la Gauche et moi. Un malaise avait grandi dans notre couple. J’ai regardé la Gauche, bouffie et endormie à côté de moi et j’ai trouvé qu’elle avait une sale gueule. Tout de même, cela m’a fait drôle. Depuis le temps que je vivais avec.

MA RENCONTRE AVEC LA GAUCHE.

En ce temps là, je me la pétais poète, tendance écorché vif, romantique incompris, nombriliste introspectif. Enfermé dans ma piaule, volets baissés, lumières éteintes, fenêtre ouverte à cause de la clope, j’écoutais Miles Davis dans le noir. Kind of Blue. So what. J’avais dans les seize ans. Ma mère excédée par mes langueurs tardives et mes états d’âme infantiles m’a soudain collé entre les mains un livre de poche, « Le Manifeste du Parti Communiste » de Karl Marx et Friedrich Engels. Edition 10×18. Elle a simplement dit : – Tu devrais lire ça et regarder autour de toi. Elle ne savait pas ce qu’elle faisait. C’est comme ça que j’ai rencontré la Gauche. J’étais vulnérable et exalté.

Un an plus tard, je brulais mes poèmes, je dévorais Lénine et je traitais les communistes français et russes de traîtres révisionnistes. Deux ans plus tard, je brandissais le poing, je chantais l’Internationale, je distribuais des tracts enflammés à l’aube à l’entrée des usines Citroën pour soutenir tout ce qui devait être soutenu dans le monde. Trois ans plus tard, j’avais lu tout Mao, je passais mes nuits en réunions tabagiques avec des Normaliens à débattre de l’origine des idées justes et je collais des affiches incendiaires pour écraser l’impérialisme qui était un tigre de papier.

Quatre ans plus tard, j’étais devenu une taupe, un « établi » maoïste en usine. Nous n’étions qu’une poignée, un corps d’élite, au contact direct, physique, quotidien, avec la classe ouvrière dont nous partagions les souffrances et les repas à la cantine de l’usine, distillant fébrilement la parole révolutionnaire. On était la crème sur le gratin du top dans le prosélytisme de Gauche. Cinq ans plus tard, j’étais engagé pour de bon dans la subversion mondiale active, j’étais devenu un dangereux activiste « underground ».

UNE PASSION BRISÉE.

Les fondations scientifiques en béton irréfutable du matérialisme historique, la pureté éblouissante de l’acier marxiste-léniniste inoxydable mettaient infailliblement à ma portée une réponse dialectiquement juste à n’importe quelle question. Non seulement je me sentais armé et puissant, mais j’avais des ailes. Je n’étais pas de Gauche, ni au milieu de la Gauche, j’étais perché sur le bord extrême de la Gauche. Faire la révolution c’était trop génial, servir la cause des Peuples cela faisait du bien. Révolutionnaire, c’était trop cool, c’était mon destin et mon métier.

Naturellement, peu à peu le soufflé est redescendu. Et puis tout l’édifice s’est lézardé. Dans les années 80 de nouvelles grandes fissures sont apparues. Cela s’effondrait par pans entiers de l’intérieur. Du coup les idées révolutionnaires semblaient moins solides et les perspectives de la Gauche au pouvoir moins excitantes. Vu de l’intérieur, le socialisme réel était moins brillant que vu de l’extérieur.

Quelqu’un ou quelque chose avait du merder quelque part. On avait salopé ou même saboté le boulot de Marx et Lénine. Cela ne sentait pas bon non plus du côté de la pensée-Mao-Tsé-Toung. Les grondements et les grincements continus indiquaient un problème plus grave que la présence de quelques grains de sable dans des roulements bien huilés. Il devenait urgent de s’arrêter, de lever le capot et de démonter tout le moteur théorique pour voir d’où ça venait et si on pouvait encore réparer le dogme.

Ce que j’ai fait. Le châssis, le moteur, la transmission, la carrosserie, tout était naze. Irrécupérable. Défaut de conception invisible à l’époque, enfoui dans la structure même du projet. Ajoutez à cela, une conduite brutale, le compte tour en permanence dans le rouge, jamais d’huile ni de graissage, des déformations dues à l’effort excessif, et partout de la corrosion due à la sueur de trouille à tous les niveaux. Le plus étonnant c’est que cela ait duré aussi longtemps sans s’écraser dans un ravin avant. Marxisme, Léninisme, Maoïsme : à la casse, recyclage en pompes à vélo.

Comme un amant trahi, je me suis absorbé dans une longue période de désintoxication pour réapprendre à penser humblement par moi-même, oser douter, accepter la complexité des choses… Merci à Edgar Morin pour la bougie.

Mais attention, si je n’étais plus marxiste, si je n’étais plus sectaire et dogmatique, si je n’étais plus ni encarté, ni adhérent, ni militant, tout juste sympathisant, je conservais des idées ancrées « à Gauche ». J’étais toujours du côté du Peuple. Je faisais toujours partie des « gens de Gauche ». Je lisais Le Monde, Libé et le Nouvel Obs. plutôt que le Figaro, Les Echos et L’Express. Je fréquentais les cinémas d’art et d’essai. Je portais des jeans et des blousons de cuir. Comment pouvait-on être de droite ? Costard Prince de Galles et cravate ? Blazer et mocassins à pompons le week-end ?

C’EST QUI C’EST QUOI LA GAUCHE ?

Être de Gauche en gros pour ceux qui n’y ont jamais gouté, c’est moralement assez jouissif. On a choisi d’être du bon côté du manche de l’histoire et c’est rassurant (en tous cas en démocratie) c’est beau et c’est noble. On défend des valeurs humaines fondamentales, indiscutables et universelles.

La couche de fond de la Gauche, c’est du christianisme primitif : l’amour, le partage, la solidarité, les circonstances atténuantes, le pardon, ne pas jeter la première pierre, la seconde chance, la providence, les premiers seront les derniers, etc.

La couche intermédiaire, c’est les Lumières : l’éducation, la raison, la justice, la tolérance, la liberté, la république, l’égalité, la démocratie, la laïcité. Ajoutez une décoction filtrée à base des révolutions de 1789, 1830, 1848, et quelques larmes pour la Commune.

La couche de surface, c’est moins clair. Navigue là-dessus toute une flottille confuse de radeaux divers, pour la plupart poussés par des vents du XIXe et du XXe siècle : Guerre au grand capital, Brisons les chaînes du colonialisme, Halte au despotisme, Le fascisme ne passera pas, Plus jamais ça, etc. Au sommet du mât : le drapeau fatigué de l’Internationale des lendemains qui chantent et du retour du temps des cerises avec son merle moqueur.

On trouve à bord, des libertaires, des syndicalistes, des radicaux, des démocrates sociaux, des socialistes, des marxistes, des communistes de toutes les chapelles, des crypto-gauchistes, des écologistes, des altermondialistes, des chrétiens de souche, quelques agents provocateurs en mission. Tout le monde se conspue et se déteste, telle est l’invincible armada de la Gauche.

LE MONDE ENCHANTEUR DE LA GAUCHE.

Il y a une constante dans la pensée de la Gauche (d’un bord à l’autre, même chez les plus timorés des réformistes), un rêve de révolution douce qui persiste. La dictature du prolétariat, maintenant on est assez d’accord, c’était une horreur, heureusement c’est fini, tournons la page. Par contre, une petite révolution soft, un truc sans violence, une révolution judicieuse qui ne dirait pas son nom, triomphant peu à peu en douceur grâce à une accumulation régulière de réformes bien expliquées et bénéfiques pour tous, une révolution généreuse qui permettrait de fonder un monde meilleur, une société nouvelle, ça ce serait chouette.

Quand on est de Gauche, on s’emploie à fantasmer une planète entièrement de Gauche, une planète juste et propre. Avec du pain et des jeux, à chacun selon ses besoins, écarts des revenus modérés, plein emploi à mi-temps garanti pour tous, strict contrôle des banques, soins de santé illimités et gratos, un minimum de police, trois fois moins de fichiers, trois fois plus de profs, peace and love, no more war, tolérance religieuse décontractée, migrations planétaires libérées et low cost, égalité hommes-femmes, identité flexible, harmonie LGBT, fin du réchauffement climatique, fin du nucléaire, Monsanto et Bayer dissous, réduction spectaculaire de la pollution, sauvetage des ours blancs, des tigres et des baleines, biodiversité retrouvée, forêt amazonienne florissante, océan sans plastiques, voitures électriques obligatoires et en libre partage, bouffe bio et cannabis de petits producteurs accessibles à tout le monde en supermarché, internet et téléphone gratuits, téléchargements illimités, revenu universel, etc. Je vous laisse compléter.

L’HOMME (LA FEMME) DE GAUCHE

Je vous fiche mon billet que même si on donnait les pleins pouvoirs et carte blanche à Valls plus Montebourg plus Hamon plus Mélenchon, ficelés en brochette avec Macron en prime et pour quatre quinquennats successifs, on n’aurait pas fait un pas en avant décisif vers le Nirvana de la Gauche. Pas parce que la CGT et FO, les étudiants ou la police défileraient quotidiennement dans la rue contre les réformes bousculant les avantages acquis mais parce que c’est une utopie naïve.

Je me détachais, mais je m’accommodais de la vie commune tout de même. Les temps ont changé, aujourd’hui je ne m’en accommode plus. Dans le contexte présent, je trouve tout ce fatras de conte de fée et ceux qui le propagent candidement la main sur leur cœur de gauche, aussi insupportables que dérisoires.

Parce que un type qui a des opinions de Gauche, c’est toujours un type bien. Un mec qui a des opinions de droite, méfiance, c’est un mec qui n’est pas tout à fait net. Change de trottoir. A Gauche on est ouvert, à droite on est fermé psychorigide. Il faut choisir son camp. La pièce ne peut pas tenir en équilibre sur la tranche (sinon elle tombe aussitôt dans la poche de François Bayrou).

Je ne supporte plus d’entendre cent fois par jour les expressions :

Les valeurs de la Gauche. Un homme de Gauche, une femme de Gauche, un philosophe de Gauche, un(e) intellectuel(e) de Gauche, un curé de Gauche, un écrivain de Gauche, un cinéaste de Gauche, un metteur en scène de Gauche, un acteur de Gauche, une actrice de Gauche, un humoriste de Gauche, un chanteur de Gauche, un artiste de Gauche, un patron de Gauche, un avocat de Gauche, un journaliste de Gauche, la presse de Gauche, un « think tank » de Gauche !

« Machin ? Il est plutôt de Gauche. Il est même assez proche de la Gauche. On m’a dit qu’il flirte parfois avec la Gauche caviar. Il aurait ses entrées à la mairie de Paris. Certains trouvent qu’il est bien plus à Gauche que ce qu’il veut bien dire. Enfin, s’il a le cœur à Gauche, il a encore le portefeuille à droite. »

Florilège pour période électorale :

« Ne pas faire de politique c’est être de droite. »

« S’abstenir, c’est voter à droite. »

« Voter à Gauche, c’est barrer la route à la réaction. »

« Pour voter utile, votez socialiste. »

« Mettre son doigt dans son nez, c’est faire le jeu du Front National », etc.

Quand je dis « Gauche » je ne parle pas que des socialistes, consorts et assimilés, compagnons de route électorale comme les écolos et le dernier carré des cocos, la Gauche c’est l’ensemble de tous ceux qui se gargarisent avec bonne conscience de leur humanisme. Tous ceux qui séparent facilement le juste de l’injuste, le bien du mal, tous ceux qui savent précisément tracer la ligne de démarcation entre eux et la droite qui comme on le sait bien, commence au centre et envoie même parfois des rhizomes jusqu’au sein du terroir de la Gauche.

GAUCHE DE VIEUX

La Gauche veut incarner la jeunesse, mais elle est incapable de penser la modernité, c’est à dire le présent. Elle ressasse son vieux fond idéologique. Elle essaie de suivre le mouvement et de s’adapter du mieux qu’elle peut aux circonstances sans renier ses origines. C’est très inconfortable ! Plus cruellement dit : elle est à la traîne. Elle est larguée.  Elle se voudrait à l’ avant garde du Peuple, « force de progrès » et donc de propositions, elle devrait avoir un train d’avance si ce n’est deux sur la vieille droite assise barricadée derrière son héritage, ses privilèges et ses nostalgies, que nenni : la Gauche a toujours au moins un train de retard.

Mais où sont-ils donc les audacieux penseurs-éclaireurs de la Gauche ? Je n’entends encore et toujours que cette morne rengaine que les forces populaires triompheront fatalement de leurs oppresseurs, les forces de la réaction étant inéluctablement condamnées à sombrer dans les tristes poubelles de l’histoire. L’humanité poussée par des vents favorables (venus d’où ?) s’éloignera toujours plus de l’obscurantisme de sa barbarie primitive pour se rapprocher (à pas de géants ?) des cimes promises au plus hauts niveaux de civilisation. Musique s’il vous plait.

« Camarades, recherchons une motion de consensus pour mettre un terme aux divisions qui nous paralysent. Établissons un compromis acceptable et recherchons ensemble des solutions simples et justes pour répondre à tous les défis qui nous attendent sur le difficile chemin de l’avenir. Comme l’a si bien dit Jaurès : “Qu’est-ce que l’idéal ? C’est l’épanouissement de l’âme humaine. Qu’est-ce que l’âme humaine ? C’est la plus haute fleur de la nature.” Osons, camarades, osons ! »

« Unité ! Unité ! Unité ! », crie la foule des congressistes.

Tout cela pour dire qu’un beau jour (avec cerises et merles moqueurs) que nous ne connaîtrons pas hélas – mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire, nos enfants ou nos petits enfants pourront vivre peinards dans la terre promise du Gaucheland. Il restera quand même sur une île isolée, une réserve payante très surveillée, habitée exclusivement par des gens de droite, le SarkoPark, que l’on pourra visiter pendant les vacances pour se rappeler comment c’était affreux le monde d’avant.

BLUES DE GAUCHE

Le peuple de Gauche est convaincu que l’histoire s’achèvera dans un grand happy end (d’autant plus que chaque jour le capitalisme creuse un peu plus profond sa tombe…). Si tu commences à raconter que non, le combat est sans fin, si tu évoques Sisyphe et son rocher, tu vas mal te faire voir, tu sapes le moral du peuple de Gauche. Prends gardes à pas te faire excommunier, tu penches à droite.

La chute de la théorie du grand soir, l’exposition au grand jour des ruines fumantes du communisme, ça a sapé le moral à plus d’un. Et pas seulement chez les gentils cocos d’ici, qui n’auraient jamais commis des horreurs pareilles. Même chez les socialistes on a commencé à se poser la question, est-ce que « socialiste » c’est vraiment une marque porteuse ? Est-ce qu’on ne pourrait pas lancer un grand concours national, ouvert à tous, pour trouver un nouveau nom ? On réunirait un jury de personnalités populaires qui feraient une première sélection. Les gens voteraient.

Cela pourrait même être retransmis à la télévision…

La Gauche est quasi moribonde à l’Est, mais elle est à la peine à l’Ouest. Le libéralisme mondialisé enchaîne sans débander les bulles financières et les crises mortelles (pour les autres) sans que cela annonce en rien sa fin prochaine. Quelle santé ! Autant le reconnaître, tant que l’homme conservera son flair de Bloodhound pour l’appât du gain, la droite aura de beaux jours devant elle.

LA GAUCHE DE GOUVERNEMENT.

L’homme de Gauche de Gouvernement est devenu un homme de Gauche normal. Faute de pouvoir renverser le système, il se présente comme un lucide réformateur du pire et un habile gestionnaire de nos acquis sociaux. La Gauche de Gouvernement, c’est un peu le bon sens près de chez vous. C’est la social démocratie des temps modernes relookée en social-libéralisme ou plutôt en libéralisme socialisé. Réjouissez-vous les damnés de la terre, tremblez barons de la finance ! Moi, je ne vois que des tentatives désespérées de ménager la chèvre et le chou, d’endormir le loup, de séduire l’agneau, de convoiter la barque et de baratiner le passeur pour aller lutiner la bergère.

La Gauche de Gouvernement ne promet pas le bonheur intégral pour tous, mais au moins choisir la Gauche de Gouvernement c’est choisir le courage de la lucidité, la compétence, l’intégrité, la persévérance, la morale et la vertu.

A contrario, la lâche compromission, le mensonge, la prévarication, la concussion, la forfaiture, les malversations, le trafic d’influence et l’incohérence sont l’apanage de la droite.

Mais la Gauche de Gouvernement, depuis qu’elle a gouté au pouvoir, depuis qu’elle a son couvert au grand banquet de la République, depuis qu’elle compte en son sein des ministres et des anciens ministres, des députés et des sénateurs, des conseillers régionaux, des maires, des cumulards de mandats et bien d’autres notables porteurs de ruban et de boutonnière, n’est plus aussi pure et incorruptible qu’elle le prétend.

Hélas, hélas, hélas, trois fois hélas. Devant ses juges, l’homme de Gauche ressemble étonnement à un homme de droite ou à un homme tout court. Ecce homo.

Ce matin, j’ai quitté la Gauche. Je titube un peu devant tant de liberté de pensée, mais je me sens beaucoup plus léger.

 

 

 

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

5 pensées sur “Je ne suis plus de gauche.”

  1. Pas déçue de ce texte :-) !! Il exprime bien les choses. Mais à le lire je me demande … je n’ai jamais cru au grand soir, encore moins au lyrisme politique, je ne considère d’ailleurs pas avoir une vraie culture politique, juste des marqueurs …Donc, me dis-je : ai-je un jour été de Gauche ? Je dirais que j’ai plutôt suivi des inclinations sans tomber complètement dans le chaudron. Je te lis et je lis aussi (grâce à une copine qui m’a fait suivre le texte) cette bizarrerie qu’est « un président ne devrait pas dire ça ».
    Je ne me sens ni lourde ni légère. Juste « blanche ». Et maintenant quoi ? Comment se situer en anomie ? Je n’en sais foutre rien…

  2. Je termine ma lecture de ce texte comme on descend du Space Mountain… Un peu sonné, mais positivement.
    Je n’ai bien sûr pas le même vécu mais ça fait quelque temps que je n’ai plus la force de dire durant les conversations « oh moi je suis plutôt de gauche ». En fait j’ai perdu toute forme de foi. Je suis politiquement athée (pas agnostique). Pas marrant mais ça ne se décide pas non plus.
    Je discutais l’autre jour avec mon ami américain Jason Starr qui m’expliquait que seul son mépris abyssal pour Donald Trump le poussait à vanter les qualités d’Hillary Clinton alors qu’il n’a aucune confiance en elle pour aider le pays… Je ne vaudrai pas mieux que lui l’année prochaine quand notre tour viendra.
    Je me souviens des repas de famille où mon grand-père qui votait Chirac s’engueulait poliment avec ma mère qui était pro Mitterrand. En dépit de leurs désaccords, il était clair que ma mère respectait Chirac mais luttait farouchement contre sa vision des choses. Idem pour mon grand-père qui avait malgré tout une très haute estime de l’homme qu’était Mitterrand. Aujourd’hui, nous sommes dans un tout autre monde… Le pays presque tout entier à détesté Sarkozy et ne semble même plus supporter François Hollande. Nous sommes concrètement passé d’un type humainement méprisable à un type humainement minable. Et l’avenir proche ne s’annonce pas meilleur.

  3. Je ne savais pas bien expliquer pourquoi je n’étais plus de gauche, tu viens de me le dire brillamment. Il faut que je note certaines des punch-lines les plus percutantes pour mon prochain dîner en ville, soit début 2017. Jusque là je vais rester terré, laissant passer les primaires de la droite française, le (la) nouveau (elle) président (e) américain (e) s’installer dans son bureau ovale et les dindes se faire enfourner…

  4. Yes, bien vu, tout cela est juste et vrai !
    Donc maintenant, je propose qu’on soit de RIEN
    T’es de droite ? non
    T’es de gauche ? non
    Centriste ? non plus
    Extrême que chose ? pas non plus
    T’es quoi alors ? de RIEN, je suis moi, je me rallie à moi-même et à mes amis de coeur.
    Et nous sommes nombreux à être de RIEN.
    Un autre choix ???

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