Interdire, c’est trop facile

Excédé. Ecoeuré. Choqué par la lâche stupidité de la course aux interdictions honteusement opportunistes des spectacles de Dondedieu.

C’est une fois de plus aller à la facilité : « cachez cette horreur que je ne saurais voir ».

Interdire, c’est refuser de voir, refuser de descendre dans l’arène, refuser de se mesurer à armes égales, refuser de répondre mot à mot, mensonge après mensonge, refuser de faire toute la lumière. C’est encore une fois se contenter de diaboliser et s’en laver les mains.

La démocratie crève de cette incapacité à se battre véritablement pour elle, à accepter de l’expliquer sans fin. La démocratie ne sera jamais un acquis incontestable. Il y aura sans cesse de nouveaux Dondedieu et même pire. Surtout, qu’ils se montrent, qu’on les voit et qu’ils puissent déverser leurs insanités au grand jour pour qu’on puisse les désigner et les contredire.

Cristiane Taubira, Eolas et heureusement bien d’autres ne sont hélas pas entendu lorsqu’ils s’évertuent à  faire comprendre à nos élites dirigeantes que le combat contre les « idées » odieuses de ce repoussant individu ne passe pas par des interdictions lesquelles ne tiennent pas debout juridiquement de surcroît.

Au contraire. Qu’il parle. Qu’il se répande. Qu’il se lâche. Qu’il aille au bout du bout de sa putraille intérieure. Qu’il déverse sa bile. Et qu’à chaque mot de trop on l’aligne, qu’on le colle au mur, qu’on ne lui passe rien, qu’on le condamne, encore et encore, qu’on démantibule planche par planche et clou par clou son sale petit commerce, qu’on foute à nu sa mécanique de profiteur, ses sordides manipulations idéologiques et financières, qu’on ouvre les yeux de ceux qu’il abuse, qu’on l’isole dans son habit de provocateur nauséabond, qu’on crée peu à peu le désert autour de lui. Qu’il casque comme n’importe quel justiciable de base pour chaque infraction commise jusqu’à ce qu’il se lasse ou que son public se lasse et se détourne de lui.

Tout cela et davantage, mais surtout qu’on ne l’interdise pas ! Jamais !

De grâce, qu’on n’en fasse pas une victime du « système » aux yeux trop crédules de ses défenseurs. Que l’on ne se réfugie pas dans des inepties juridico-policières stériles qui ne trompent personne et qui trahissent les fondamentaux de la liberté d’expression.

La liberté d’expression est à la fois un droit et un devoir. Oui, on a le droit de dire n’importe quoi et même de proférer mensonges et horreurs, oui au nom de cette même liberté d’expression, on a le devoir d’y répondre, à chaque fois, toujours, en permanence.

Interdire, c’est un peu trop facile, c’est ne pas payer le juste prix de la liberté d’expression. Interdire, c’est refuser d’éduquer. Interdire, c’est se contenter d’exclure.

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

3 pensées sur “Interdire, c’est trop facile”

  1. Il faut dire aussi la lutte des ambitions derrière cette histoire complaisamment relayée. Dondedieu « surfe » sur l’antisémitisme, et d’autres la jouent martiale et du menton sur l’homme Dondedieu pour montrer qu’ils sont des fermes, des durs, des tatoués (j’ai rien contre les tatoués, je précise). On est dans un jeu d’intimidation qui distrait l’opinion d’autres saletés très col blanc, bien plus nocives sur notre quotidien, qui se tricotent ici et là dans une insupportable « logique » néo-libérale. Cela me rappelle une vieille « blague » du temps de l’URSS, dont je ne sais si elle est exacte, mais bon :
    -Pourquoi n’y-a-t-il pas de viande dans les boucheries ?
    – Pour que les gens se rendent moins compte qu’il n’y a pas non plus de pain dans les boulangeries.

  2. Il faut dire aussi la lutte des ambitions derrière cette histoire complaisamment relayée. Dondedieu « surfe » sur l’antisémitisme, et d’autres la jouent martiale et du menton sur l’homme Dondedieu pour montrere qu’ils sont des fermes, des durs, des tatoués (j’ai rien contre les tatoués, je précise). On est dans un jeu d’intimidation qui distrait l’opinion d’autres saletés très col blanc, bien plus nocives sur notre quotidien, qui se tricotent ici et là dans une insupportable « logique » néo-libérale. Cela me rappelle une vieille « blague » du temps de l’URSS, dont je ne sais si elle est exacte, mais bon :
    -Pourquoi n’y-a-t-il pas de viande dans les boucheries ?
    – Pour que les gens ne se rendent moins compte qu’il n’y a pas non plus de pain dans les boulangeries.

  3. Ce gouvernement est une catastrophe comme il était difficile de l’imaginer après ces anneés de Sarkozy et le retour à la gauche au pouvoir. 2017 arrive à toute vitesse et il y a de quoi s’inquiéter. Par contre l’équipe du Gorafi vient de frapper très fort je trouve !

    http://www.legorafi.fr/2014/01/07/dieudonne-je-travaille-pour-le-mossad-depuis-2003/?fb_action_ids=10202909673602798&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map=%5B1411972985711816%5D&action_type_map=%5B%22og.likes%22%5D&action_ref_map=%5B%5D

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