Dheepan

Quand il se plante, il se plante bien et profond Jacques Audiard.

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Par courtoisie je vais exceptionnellement me priver de tous les jeux de mots que l’on pourrait faire à base de « Panne » ou de « Deep » ou de « Âne ».

De J. Audiard, j’ai apprécié beaucoup ou pas mal :  Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, Sur mes lèvres, De battre mon coeur s’est arrêté. Soit 4 films sur 7.

Contrairement à de nombreux autres j’avais fait la moue en sortant du Prophète dont l’esprit  (l’idéologie) plus que la forme, m’avait dérangé au point de me mettre mal à l’aise.

En sortant de De rouille et d’os, je me demandais comment j’avais fait pour tenir jusqu’à la fin tellement je trouvais tout cela de gros fil tressé, un scénario lourdingue, une mise en scène appuyée, une interprétation simpliste (euphémisme) de Marion Cotillard et décevante de Matthias Schoenaerts. Je crois que même la photo et la musique m’avaient déplu.rusted-steel-cableEt voici Dheepan. D’or palmé à Cannes, semble-t-il à la surprise générale. Nouveau plouf.

Le sujet est poncifiant (avec un C comme dans Clichés) : réfugiés-misère-cité-dealers, faux-couple mais amour naissant. C’est paresseux dans le rythme, convenu ou même parfois caricatural dans la mise en scène (avec un C comme dans proCédés) loin, très loin, du meilleur Ken Loach auquel on pense puisqu’on est dans une sorte de melo-social.

Nous voilà une fois de plus entraînés au coeur de la-cité-zone-de-non-droit-avec-ses-voyoux-en-BM-AUDI-trafiquants-de-drogue-armés-etc. Mais bon sang que fait la police ! Et le brave gardien tamoul au grand coeur amoureux va dans une scène d’action à la fois classique et grotesque, affronter seul toute la meute des bad, very bad truands de banlieue pour sauver celle qu’il aime. Attention je vais spoiler le suspense insoutenable de la fin.

Ca tranche à la machette, ça surine au tournevis, ça flambe au cocktail molotov et puis ça tire dehors et ça tire dans l’escalier et ça tire dans la fumée, et ça tombe comme des mouches et le Rambo du Sri Lanka  avance toujours… comme dans un mauvais Bronson + John Lee Thomson ( Death wish 1, 2, 3, 4…) ou pire encore dans le dernier Eastwood (la scène des fusillades enfumées de Sniper).  Et tout cela s’achève en Angleterre, le pays du bonheur, dans une affligeante scène de happy end à la Mary Poppins, avec jardin et bébé. Total tarte à la crème anglaise.

Mais qu’allait Audiard  faire dans cette poussive aventure cinématographique ?my cake

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Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

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