BLANC !

EstrosiMarion Marechal Le Pen en rendez vous

UPDATES 1 & 2  PLUS BAS.

Région Paca. Il ne faut pas rêver. Fatalement, dans une semaine, au deuxième tour de ces maudites régionales, on va nous bassiner qu’il faut désormais faire preuve de lucidité et choisir entre Christian Estrosi (le bon-mauvais choix ou le moins-mauvais choix) et Marion Maréchal Le Pen (le mauvais-mauvais choix ou le plus mauvais choix).

Christian Estrosi, le maire de Nice, l’homme de la 5ème colonne qui regarde tous les soirs sous son lit : “La civilisation judéo-chrétienne dont nous sommes les héritiers aujourd’hui est menacée […] L’islamo-fascisme est présent en Irak, en Syrie mais aussi en France, à travers les cinquièmes colonnes et leurs réseaux infiltrés dans nos caves, dans nos garages, dans les lieux clandestins.” 

Marion Maréchal Le Pen, la jeune députée du Vaucluse, la benjamine de l’Assemblée Nationale…

Et bien non, on n’est pas obligé de choisir entre la peste et le cholera. On peut voter blanc (je préfère) ou nul (c’est moins clair) ou s’abstenir, ça c’est vraiment nul (moi je suis pour le vote obligatoire). Je voterai blanc.

Le vote blanc est un message simple et clair, c’est une façon limpide de déclarer que vu la qualité du personnel politique et ses idées, on refuse de choisir. On ne s’abstient pas, on exprime une position intelligible, un refus : le choix qui m’est offert par les partis visant à gouverner la France ne me convient pas.

Le vote nul est un peu plus compliqué à interpréter, il peut s’agir d’une erreur, deux bulletins au lieu d’un, un bulletin à moitié déchiré…

A force de réclamer qu’on prenne le vote blanc en considération, depuis la loi du 1er avril 2014 (il n’y a pas de hasard) , les votes blancs sont désormais comptés comme tels dans les bureaux de vote, comptés mais pas comptabilisés parmi les suffrages exprimés… Ce qui est absurde et déloyal. Si l’on sort les votes blancs (et les votes nuls) des suffrages exprimés, les pourcentages des candidats apparaissent plus élevés qu’ils ne le sont en réalité, leur « légitimité » est artificiellement accrue.

Autre absurdité, l’état de fournira pas de bulletins blancs dans les bureau de vote. Par conséquent, pour être compé (mais pas comptabilisé), le vote blanc doit être soit une enveloppe vide (mais là encore on pourrait le confondre avec une erreur) soit contenir un bulletin blanc au format officiel exact de celui des candidats, soit  105 x 148 mm, à vos règles et ciseaux !

Autrement dit, si vous vous contentez de plier et découper une feuille A4 en 4 et de glisser un morceau dans l’enveloppe, ce ne sera pas considéré comme un vote blanc, mais comme un vote nul…. Idem si vous écrivez « vote blanc » dessus. Il reste un long chemin à faire, boudiou !

pas bon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UPDATE 1. Dimanche 6. 12h.

Ma position choque. On me la reproche. Il ne faudrait pas faire l’apologie du vote blanc. La refrain est bien connu, on me le rappelle tout de même : vote blanc = vote nul = abstention = voter FN.  Je n’accepte pas ce raisonnement, pas plus que je n’acceptais naguère celui qui disait : voter blanc ou s’abstenir, c’est voter communiste… Et ce n’est pas bien, n’est-ce pas de ne pas faire barrage à la montée des extrêmismes.

Même sans enthousiasme, même à contre coeur, il  faut s’opposer par son vote à la politique du pire etc… Et c’est comme cela à chaque élection. Je crois que la dernière fois que j’ai voté POUR quelque chose c’était en 1981 pour élire François Mitterand… Depuis et à chaque élection, je vote la mort dans l’âme non pas pour défendre une idée ou un programme, mais contre un parti ou un candidat. J’ai du mal à être satisfait de ce que me propose la démocratie en matière électorale.

Il y a toujours eu et il y aura toujours un parti d’extrême droite en France,  et il recueillera encore longtemps  des suffrages importants.

Pourquoi recueille-t-il des suffrages importants ? Parce que les électeurs sont facilement manipulables par des médias irresponsables qui accordent beaucoup trop d’importance au FN ? Ou bien parce que depuis des années, les politiques préconisées par des deux grands partis traditionnels et leurs élites lourdement médiatisées ont échoué  à résoudre les problèmes des français, parce qu’ils se sont discrédités auprès d’un nombre grandissant d’électeurs excédés et à bout de patience ?  Les appels incessants à ne pas faire le jeu des extrémismes, en l’occurrence du FN, c’est bon pour renforcer leur boutique. On rameute les grincheux et ceux qui tirent la patte. En d’autres termes, ils ont favorisé la croissance du FN à coup de scandales, de comportements imbéciles, de mesures inefficaces, de propositions de lois démagogiques et j’en passe, et ils poussent de grands cris face au péril Le Pen qu’ils aspergent d’essence depuis des lustres.

Le plus grand péril ne me semble pas l’aveuglement des électeurs, mais la « déconnexion » de la classe politique dans son ensemble. Ils sont hors-sols, à droite comme à gauche, au centre et sur les bords.

Ces élections régionales, confuses, mal programmées, mal préparées,  constituent un faux événement. Les politiques, tous préoccupés qu’ils sont par la conquête de la présidence en 2017, s’en servent comme d’un mégaphone pour crier « J’existe ! », mais ils se moquent du sujet réel de ces élections qui leur semble tout à fait insignifiant, seuls compteront les commentaires des médias. Les socialistes vont obligatoirement prendre une douche froide et avaler une pilule amère, ce ne sera pas une surprise. Alors la mousse médiatique c’est de savoir comment s’en tirent Les Républicains face au FN. Et de nous faire croire que c’est d’une importance cardinale pour l’avenir de la France. Tout le monde essaie donc d’instrumentaliser l’autre ou n’importe quoi pour frapper les imaginaires. Chômage, immigration, terrorisme, etc. ne seront pas résolus par les éléctions régionales. Ce n’est pas le sujet. Personne ne parle du sujet.

Dans ces conditions, et après examen de la chaloupe Les Républicains et des combats qui font rage à bord ( c’est la Syrie ou la Libye là-dedans !) pour décider du cap à tenir, je refuse de me laisser manipuler une fois de plus pour faire « barrage au FN » et défendre les valeurs de la république telles qu’ incarnées par le parti de l’ex-président et ses propos. Ce n’est pas comme cela que l’on se débarrassera du FN !  On se débarrassera du FN quand on ne lui servira plus notre mécontentement général et grandissant sur un plateau. On se débarrassera du FN quand les politiques tous partis confondus auront réussi à regagner un peu de notre estime à coup de programmes honnêtes et courageux et en cessant de nous prendre pour des veaux, des moutons, des pigeons, des enfants de choeur ou des téléspectateurs, ce qui résume bien ce qui précède.

En attendant,  je ne leur accorde pas mon vote pour gagner le fauteuil de président de région, ni au bellâtre, ni à la blonde pécore.

Et je conseille à tout le monde de lire l’excellent roman « La lucidité », de José Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature, qui pousse jusqu’au bout la logique du vote blanc. Bel interview du même à ce sujet dans Le Monde ici.

UPDATE 2. LUNDI 7. 17H.

Et tout se déroula sur papier musique, comme annoncé. Il n’y a que la presse pour titrer sur « Le choc ! » comme si c’était une grosse surprise. Dans le concert d’analyses (?)  rédigées à chaud et qui ne font que ressasser des platitudes, je relève tout de même ceci dans l’édito de Anne Sinclair : (…) une évidence à laquelle on n’échappera pas encore très longtemps: comment une démocratie digne de ce nom peut accepter qu’un parti qui rassemble 30% des électeurs n’ait que deux députés à l’Assemblée Nationale? Une révision déchirante s’impose sur notre système de représentation, et ce n’est pas plus gai.

Et puis dans le vocabulaire farouche et cocardier des fiers guerriers gaulois, droits dans leurs bottes, chargeant en kazoar et gants blancs comme Saint-Cyr face à la mitraille, j’entends Dominique Reynié, M. Alternance Constructive, qui a obtenu en 3e position le plus faible score de tous les candidats de la droite en métropole (18,8%) , s’insurger : « Moi, me démettre,, jamais de la vie, vous m’entendez, jamais, c’est une question de principe, ma religion me l’interdit etc. Casse-toi Carole Delga, tu vois pas que tu gènes, t’as beau être devant moi, pauvre socialo c’est à toi de te démettre, t’as aucune chance de battre le méchant Louis. Que toutes les électrices et tous les électeurs se rallient dimanche prochain à mon fier panache blanc-bleu et je vous le terrasserai moi l’abominable Alliot à sa Marine. »

Nous verrons, nous verrons…  Si j’avais encore l’ombre d’un doute, c’est exactement le genre de rodomontades qui me confirme dans mon choix. Ils n’ont toujours rien compris, ils sont incapables de se remettre en cause, ils sont incapables de lâcher le fromage. Ce ne sont pas des pompiers, ce sont des pyromanes. Ils n’auront pas ma voix.

Share

Auteur : L'homme à la cloche

"La question que les temps veules posent est bien: qu'est-ce qui résiste? Qu'est-ce qui résiste au marché, aux médias, à la peur, au cynisme, à la bêtise, à l'indignité?" Serge Daney

1 pensée sur “BLANC !”

  1. hé bien moi, je vais découper une feuille blanche aux dimensions adéquates. Pas envie de choisir ici entre un cumulard mou du genou et une incompétente péroxydée. Fatiguée de choisir contre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaires protégés par WP-SpamShield Anti-Spam