Pendant ce temps, au Venezuela…

 » (…) Je ne ne connaissais personnellement aucune des victimes, mais leur mort me touche comme s’ils étaient mes frères, déclare un étudiant en comptabilité. Au début, j’en ai eu assez de manifester. Mais je continue. Je sais que c’est impossible de laisser tomber tant qu’on aura pas récupéré le pays. »

 

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Hanouna, sous-fifre incommodant.

UPDATE EXCLUSIF à la fin.(24-05-17)

Hanouna tu es pourri de la tête. Tu penses mal. Tu penses de travers. Tu sens mauvais du cerveau. C’est gênant.

Tu as tellement gonflé des chevilles et de tes cinq neurones que tu ne te rends même pas compte. D’ailleurs tu ne te rends plus compte de rien. Tu es un roi, tu es le Roi. The King of comedy ! Voilà, et les jaloux tu les niques tous. Malheureux, tu n’es pas drôle, tu shlingues ! Je pense à ta famille accablée. La honte collective. Le bon docteur et ta pauvre mère, comment elle doit être embarrassée dans son magasin, comment elle doit éviter les voisins. Même ton garde du corps, il préfèrerait promener le chien de Bigard.

Tu n’es pas le premier, tu ne seras pas le dernier. Il y aura toujours du profit à faire en chatouillant la connerie humaine là où elle aime ça, en lui flattant la croupe et en caressant ses préjugés nauséabonds.

Il y avait les plaisanteries de cul de corps de garde et de carabins, celles des comices agricoles, l’humour national ( « Un belge, un allemand, un italien et un français entrent dans un bar, etc. »), l’humour colonial (« Un nafouicain prézenttement ouentre dans un bhar etc. ») , les blagues antisémites et islamophobes ( « Shlomo et Mustapha entrent dans un bar etc. »), les vannes sexistes (« Deux blondes aux gros seins rentrent dans un bar etc. »), homophobes (« Un pédé et une gouine rentrent dans un bar etc. »), maintenant grâce à monsieur Bolloré qui sait jusqu’où il faut descendre pour faire de l’audience et du pognon à la télé, tu nous proposes le tout-en-un, re-packagé 2017 avec grosses farces et canulars glissants (dans canular il y a nullard) pour jeunes branleurs la bouche ouverte. Et c’est toi qui te tapes le sale boulot et la gloire merdique qui va avec.

En fait Hanouna, tu as beau te prendre pour une star de la télé et un gros producteur de « divertissement » (bel euphémisme !), malgré toute la thune que tu ramasses sans gants, tu n’es qu’un minable laborieux lampiste des médias. Un subalterne, un subordonné, un commis, un intermittent, un consommable. Pour un peu tu me ferais pitié, parce que toi, tu dois les faire et les assumer les tristes pantalonnades, les pitreries salissantes, dégradantes et gerbantes, tandis que monsieur Bolloré lui, il sirote son Bollinger millésimé en se faisant manucurer les pieds dans son jet privé à 8 000 mètres d’altitude.

D’ailleurs, tiens, je retire pour un peu, tu me fais pitié Hanouna. Attention à la tapette !

 

P.S. : A propos de ton gros chagrin et de tes excuses, elles comptent pour du faux-beurre, c’est celles de ton boss Vincent Bolloré qui seraient justifiées.

RÉVÉLATION EXCLUSIVE :  LA LETTRE PERSONNELLE DE HANOUNA À BOLLORÉ  (merci à Richard Anthony)

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LES FANTÔMES D’ISMAËL

Il faut aimer pour voir.

Aimer jusqu’à la délivrance, la souffrance et la dérision, le tragique et le burlesque, la lâcheté et le mensonge, la passion et l’ennui, la beauté cruelle et la laideur montante, la réalité et les fantômes, l’inexplicable et le ridicule, les toiles et les étoiles, la douloureuse présence des absents, la jouissance et la peur, les cauchemars asphyxiants et les aubes, le temps qui passe, ce qui s’incruste et ce qui fout le camp, ce qui meurt et ce qui nait, toutes ces choses entremêlées, complexes et inextricables qui font la chaîne et la trame de la vie. Car rien n’est simple, sauf la mort.

Desplechin sait raconter et montrer cela. De plus en plus et peut être de mieux en mieux.

Dans Les fantômes d’Ismaël, il excelle par exemple dans les gros plans, les très gros plans de visages de ses actrices qui littéralement envahissent et débordent de l’écran, collent le spectateur le dos à son siège. Il multiplie les plans du récit en cascades, en avant en arrière, bonds, rebonds, évasions, voltiges. La magie est dans le mouvement, les enchainements incessants. Le rythme qui semble hésitant et incertain au début apparaît de plus en plus assuré au fur et à mesure que le film s’emballe. Peut-être que ce que nous avons cru prendre pour des hésitations ou même des maladresses n’était qu’une manière élégante d’en faire un peu trop pour ne pas apparaître trop malin, trop habile, ou pire : porteur de message, car tout ceci n’est que du cinéma, mais tout de même du 7e art.

Pour entrer dans les détails et si vous tenez absolument à le savoir : Matthieu Amalric est consubstantiel au film, Charlotte Gainsbourg est formidable, Louis Garrel subtilement comique, Hippolyte Girardot excellent, magnifique photo d’Irina Lubtchansky (la fille du grand Willy Lubtchansky), la musique est audacieuse, les images de Noirmoutier font rêver. Il y a aussi Marion Cotillard qui n’a pas l’étoffe du  rôle.

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DEVOIR DE LECTURE : PATRICK CHAMOISEAU. FRÈRES MIGRANTS.

Il y a des livres qu’il faut lire. Ne serait-ce que ça. Au minimum. « Frères migrants » comme son beau titre l’indique fait partie de ceux-là. À lire donc pour « l’hygiène de l’esprit ». Pour pouvoir se regarder dans la glace le matin en se disant : « Je n’ai peut-être pas fait grand chose, mais au moins j’ai lu ce bouquin ».

« La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe — c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant.

Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ».

C’était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d’aucun pouvoir. Nous n’étions reliés à aucune puissance. Nous n’avions que la ferveur de nos indignations. C’est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu’il fondait son droit et son devoir d’intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains.

Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j’ai imaginé qu’Edouard Glissant m’avait appelé, comme m’ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s’y commettent. Elle ne sert qu’à esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde. Ce n’est pas grand-chose. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de l’esprit. Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie. » P.C.

Patrick Chamoiseau non plus ne peut pas laisser passer cela, alors il écrit avec le souffle de Césaire, « Frères migrants « , un petit bouquin incandescent qui brule les mains qui le tiennent et les yeux qui le lisent. Tout y est dit en bref chapitres : La mort visible, La barbarie nouvelle,  Là-bas est dans l’ici, La mondialité, L’errance qui oriente, l’âme ouverte des frontières… et la Déclaration des poètes.

 » (…) – Les poètes déclarent que le racisme, la xénophobie, l’indifférence à l’Autre qui vient qui passe qui souffre et qui appelle sont des indécences qui dans l’histoire des hommes n’ont ouvert la voie qu’aux exterminations, et donc que ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel. » (…)

Télécharger, lire et faire circuler : La Déclaration des poètes tirée de FRÈRES MIGRANTS de Patrick Chamoiseau

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L’héroïsme pantouflard des Insoumis d’opérette.

La horde indomptable des insoumis de Melenchon a courageusement décidé à 65% de voter blanc, nul ou d’aller jouer à Spartacus avec les enfants dans le square du quartier afin de sauvegarder sa pureté et le tranchant de son intransigeance. Bravo les gars ! Jamais je n’avais mesuré à quel point le choix du nom d’Insoumis adopté par les Melenchonistes est un hold-up dérisoire.

Faut-il rappeler que l’insoumission est une insubordination,  un acte de désobéissance à la loi ?

L’insoumission, ça se paie. Si c’est gratuit, ce n’est pas de l’insoumission.

L’insoumission est l’acte d’un subordonné qui désobéit délibérément à un ordre légal. L’insoumission est typiquement un délit punissable dans un organisation hiérarchique. L’insoumission ce n’est pas traîner les pieds, se plaindre, avoir une attitude négative ou refuser d’exécuter une action parce qu’on ne la trouve pas politiquement satisfaisante, moralement correcte, etc.

Durant la première guerre mondiale les cas d’insoumission ont fréquemment entraîné la peine de mort par fusillade, ce sont les Soldats fusillés pour l’exemple et ce, dans la plupart des armées combattantes.

Aujourd’hui toujours, l’insoumission relève de l’article L321-1 du Nouveau code de justice militaire : « Le fait pour toute personne d’être coupable d’insoumission aux termes des dispositions du code du service national est puni, en temps de paix, d’un emprisonnement d’un an. En temps de guerre, la peine est de dix ans d’emprisonnement. Le coupable peut, en outre, être frappé, pour vingt ans au plus, de l’interdiction totale ou partielle de l’exercice des droits mentionnés à l’article 131-26 du code pénal. En temps de guerre, si le coupable est officier, la destitution peut également être prononcée. Le tout sans préjudice des dispositions prévues par le code du service national. »

Bref, je comprends parfaitement le vote blanc. Je suis pour sa pleine reconnaissance et son décompte parmi les suffrages exprimés.

Mais je ne supporte plus l’Insoumis de comptoir, le réfractaire de salon, le déserteur du dimanche.

Pour que cela soit clair, je comprends parfaitement que l’on ne se sente pas de voter Macron et même que l’on s’y refuse pour ne pas être en contradiction avec ses convictions, mais par contre de grâce, pas de rodomontades, pas de leçons de morale, pas de posture, ne bombez pas le torse, les Tartarin et les Matamore !

Rangez votre insoumission dans un tiroir jusqu’aux prochaines élections et surtout pas de pleurnicheries ni regrets le 8 mai, ce serait un comble !

 

 

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LA RÈGLE DU JEU

Revu sur Arte hier soir La règle du jeu de Jean Renoir. Une toujours éblouissante et inusable leçon de cinéma. Si vous l’avez loupée, il vous reste 5 jours pour la voir sur Arte tv.

« Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons. »

Et puis bien entendu, dit par Jean Renoir :  » Ah le contact avec le public, tu vois, c’est… c’est ce truc là que j’aurais voulu connaître… »

 

 

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