HOME. UN POÈME DE WARSAN SHIRE

Traduction en français, par le Boojum, plus bas.

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by Warsan Shire. Warsan Shire is a 24 year old Kenyan-born Somali poet, writer and educator based in London.

no one leaves home unless
home is the mouth of a shark
you only run for the border
when you see the whole city running as well

your neighbors running faster than you
breath bloody in their throats
the boy you went to school with
who kissed you dizzy behind the old tin factory
is holding a gun bigger than his body
you only leave home
when home won’t let you stay.

no one leaves home unless home chases you
fire under feet
hot blood in your belly
it’s not something you ever thought of doing
until the blade burnt threats into
your neck
and even then you carried the anthem under
your breath
only tearing up your passport in an airport toilets
sobbing as each mouthful of paper
made it clear that you wouldn’t be going back.

you have to understand,
that no one puts their children in a boat
unless the water is safer than the land
no one burns their palms
under trains
beneath carriages
no one spends days and nights in the stomach of a truck
feeding on newspaper unless the miles travelled
means something more than journey.
no one crawls under fences
no one wants to be beaten
pitied

no one chooses refugee camps
or strip searches where your
body is left aching
or prison,
because prison is safer
than a city of fire
and one prison guard
in the night
is better than a truckload
of men who look like your father
no one could take it
no one could stomach it
no one skin would be tough enough

the
go home blacks
refugees
dirty immigrants
asylum seekers
sucking our country dry
niggers with their hands out
they smell strange
savage
messed up their country and now they want
to mess ours up
how do the words
the dirty looks
roll off your backs
maybe because the blow is softer
than a limb torn off

or the words are more tender
than fourteen men between
your legs
or the insults are easier
to swallow
than rubble
than bone
than your child body
in pieces.
i want to go home,
but home is the mouth of a shark
home is the barrel of the gun
and no one would leave home
unless home chased you to the shore
unless home told you
to quicken your legs
leave your clothes behind
crawl through the desert
wade through the oceans
drown
save
be hunger
beg
forget pride
your survival is more important

no one leaves home until home is a sweaty voice in your ear
saying-
leave,
run away from me now
i dont know what i’ve become
but i know that anywhere
is safer than here.

 

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Personne ne quitte sa maison

A moins d’habiter dans la gueule d’un requin

Tu ne t’enfuis vers la frontière

Que lorsque toute la ville s’enfuit comme toi.

Tes voisins courent plus vite que toi

Le goût du sang dans la gorge

Celui qui t’a embrassé à perdre haleine

Derrière la vieille ferronnerie

Traine un fusil plus grand que lui

Tu ne quittes ta maison

Que quand ta maison ne te permet plus de rester.

Personne ne quitte sa maison

A moins que sa maison ne le chasse

Le feu sous les pieds

Le sang qui bouillonne dans le ventre

Tu n’y avais jamais pensé

Jusqu’à sentir les menaces brulantes de la lame

Contre ton cou

Et même alors tu conservais l’hymne national

A portée de souffle

Ce n’est que quand tu as déchiré ton passeport

Dans les toilettes d’un aéroport

En t’étranglant à chaque bouchée de papier

Que tu as su que tu ne reviendrais plus.

Il faut que tu comprennes,

Que personne ne pousse ses enfants dans un bateau

A moins que la mer te semble plus sûre que la terre

Personne ne brule ses paumes

Suspendu à un train

Accroché sous un wagon

Personne ne passe des jours et des nuits dans le ventre d’un camion

Avec rien à bouffer que du papier journal

A moins que chaque kilomètre parcouru

Compte plus qu’un simple voyage.

Personne ne rampe sous des barrières

Personne ne veut être battu

Ni recevoir de la pitié

Personne ne choisit les camps de réfugiés

Ni les fouilles à nu

Qui laissent ton corps brisé

Ni la prison

Mais la prison est plus sûre

Qu’une ville en feu

Et un seul garde

Dans la nuit

C’est mieux que tout un camion

De types qui ressemblent à ton père

Personne ne peut le supporter

Personne ne peut digérer ça

Aucune peau n’est assez tannée pour ça

Alors tous les :

A la porte les réfugiés noirs

Sales immigrants

Demandeurs d’asile

Qui sucent le sang de notre pays

Nègres mendiants

Qui sentent le bizarre

Et le sauvage

Ils ont foutu la merde dans leur propre pays

Et maintenant ils veulent

Foutre en l’air le notre

Tous ces mots-là

Ces regards haineux

Ils nous glissent dessus

Parce que leurs coups

Sont beaucoup plus doux

Que de se faire arracher un membre.

Ou les mots sont plus tendres

Que quatorze types entre tes jambes

Et les insultes sont plus faciles

A avaler

Que les gravats

Que les morceaux d’os

Que ton corps d’enfant

Mis en pièces.

Je veux rentrer à la maison

Mais ma maison est la gueule d’un requin

Ma maison est le canon d’un fusil

Et personne ne voudrait quitter sa maison

A moins d’en être chassé jusqu’au rivage

A moins que ta propre maison te dise

Cours plus vite

Laisse tes vêtements derrière toi

Rampe dans le désert

Patauge dans les océans

Noie-toi

Sauve-toi

Meurs de faim

Mendie

Oublie ta fierté

Ta survie importe plus que tout.

Personne ne quitte sa maison

A moins que ta maison ne chuchote grassement à ton oreille

Pars

Fuis moi

Je ne sais pas ce que je suis devenue

Mais je sais que n’importe où

Vaut mieux qu’ici.

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LA VERITÉ DE LENI.

Le post sous la photo, date du 26 Janvier de l’année dernière.  Je le republie avec un peu de retard.

MISE À JOUR DU 30 JANVIER 2017

Les cérémonies (?) commémoratives du 71e anniversaire de la libération d’Auschwitz (Holocaust Memorial Day pour les Britanniques) n’ont pas marqué les esprits cette année. Il faut dire que l’actualité était bien remplie par ailleurs.

A noter toutefois qu’aux Etats-Unis le président Donald Trump s’est distingué en faisant à cette occasion une déclaration de 117 mots parmi lesquels ne figurent ni le mot « Juif » ni le mot anti-sémitisme ». Les observateurs les plus attentifs remarqueront qu’il a choisi ce même 27 Janvier,  Holocaust Memorial Day, pour signer son décret interdisant pendant 90 jours le sol américain aux citoyens de sept pays à majorité musulmane et fermant totalement la porte aux réfugiés Syriens par la même occasion.

Interrogé, le Chief of Staff, Lance Priebus, a déclaré qu’il ne voyait pas où était le problème. Il a ajouté : « Tout le monde a beaucoup souffert de l’Holocauste et cela inclut bien entendu les Juifs qui ont été affectés par le déroulement de ce déplorable  génocide , c’est là quelque chose que nous considérons comme extrêmement triste. » (Traduction de l’Homme à la cloche).

Ben oui, en effet, il n’a pas complètement tort, il y a eu beaucoup de souffrance dans cette malheureuse histoire d’Holocauste, les Juifs ont été vachement affectés par ce regrettable génocide et du coup on est tous très triste quand on y pense, une fois par an. 

Comme d’habitude il y a des ronchons qui trouvent que merde, tout de même, c’est léger comme déclaration, c’est « service minimum ». Et qui rappellent avec leur mauvaise foi coutumière que le grand Barack Obama lui, l’année dernière, avait déclaré : « Nous sommes tous Juifs » et il avait même mis en garde contre la montée de l’anti-sémitisme. Ouais bon. D’accord, c’est mieux.

Leni

Le 27 janvier vont se dérouler des cérémonies commémoratives du 70ème anniversaire de la libération d’Auschwitz et elle aurait été furieuse.

Je dois expliquer pourquoi. Je lui dois ça. Ce fut son dernier combat. Son ultime devoir de mémoire. Elle l’a mené pendant 60 ans, jusqu’en 2005. Pendant des années, elle a écrit avec courage et détermination des lettres aux journaux et aux institutions mémorielles. Elle a dit qui elle était, fourni son numéro matricule, indiqué des dates, nommé des lieux, raconté ce qu’elle a vu, ce qu’elle a noté, ce qu’elle savait. Elle donnait des preuves, citait des témoignages incontestables. Elle dénonçait un honteux mensonge international et consensuel. Un mensonge qui arrangeait tout le monde, un mensonge qui permettait de commémorer la « libération » d’Auschwitz en paix avec la conscience tranquille.

Mais ce que l’on racontait n’était pas la vérité. Ce qui se passait à Auschwitz était bien connu, mais n’a jamais constitué une priorité pour les Alliés, Auschwitz n’a  été « libéré » par personne. Quand les soldats de l’Armée Rouge ont atteint Oswiecim, ils ignoraient ce qu’ils allaient découvrir. Ils n’avaient reçu aucune consigne (Ceci est confirmé par les mémoires du Gl. Petrenko lui-même, dit « le libérateur » d’Auschwitz). Il n’y a pas matière à célébration ni à congratulations. Auschwitz a été abandonné par ses gardiens et ses kapos. La température mi-janvier 1945 était de – 25°. Il ne restait plus dans le camp que des agonisants et des malades intransportables. Le camp avait déjà été vidé et évacué par tous ceux qui étaient encore en état de voyager ou de marcher. 50 000 personnes environ. Elle, elle avait surtout marché, en longue colonne de femmes, puis en wagons à bestiaux découverts pour contourner Berlin, et ainsi de suite, 1 300 km vers le Nord, jusqu’à Ravensbrück d’abord, puis enfin Malchow, toujours dans le Mecklembourg. Et leur marche s’arrêta lorsqu’elles furent abandonnées sans eau et sans nourriture par leurs gardes SS et enfin rattrapées par l’Armée Rouge.

Elle a survécu, mais elle n’a pas été écoutée sur la fin de son histoire. Elle a perdu sa dernière bataille. Elle dérangeait avec son histoire de non-libération d’Auschwitz. On la remerciait pour tous ses témoignages antérieurs, mais on osait presque lui suggérer de ne pas insister inutilement  sur la non-libération d’Auschwitz au nom du symbole et de la noblesse d’ensemble de la cause du « plus jamais ça . Il ne fallait pas qu’elle compromette un grand dessein mémoriel en s’attardant somme toute sur des détails désormais sans importance. L’important, elle devait le comprendre, n’était pas l’exactitude pointilleuse du passé, d’ailleurs qu’est-ce que l’exactitude ?, mais la tâche que nous réservait l’avenir, la transmission, le devoir de mémoire, etc.

Elle n’était pas d’accord. A ses yeux, le fait que les déportés d’Auschwitz ait été consciemment abandonnés à leur sort par les Alliés jusqu’au tout dernier jour devait être inlassablement répété, car si l’on ignore cela, la leçon et la morale de l’histoire demeurent dangereusement incomplètes.

Juifs ou pas, vous pouvez parfaitement appeler au secours jusqu’à l’agonie sans déclencher plus qu ’une impuissance navrée. Cela fut démontré, encore et encore. Elle pensait que c’était utile de faire part de son expérience pour l’édification des générations futures.

Elle s’appelait Leni. Je l’ai cru. C’était ma mère.

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Mathura kidnappers accept online payments

Mathura, 2017.01.07 (From The Times of India)

Prime Minister Narendra Modi might be pushing for a digital platform for monetary transactions today, but criminals in areas bordering Rajasthan and Uttar Pradesh have been using online platforms to run their empires.

They abduct unsuspecting businessmen from other states and receive ransom through online platforms. Since the victims seldom lodge complaints with UP police, they continue to run their operations despite leaving behind online traces of  such transactions.

The modus operandi of the criminals came to the fore with the abduction of 26-year-old resident of Indore, Harish Chouhan. After being released by abductors after recieving ransom through a PayTM account, Chouhan reached Indore from Mathura in Thursday, narrating a horrific tale.

The District Secretary of Police for the Goverdhan area in Mathura (UP), Awneesh Kumar told TOI, “Several similar cases have come forward in the past few months. The victims seldom lodge complaints with us.”

The villagers call potential victims from different states and tell them that they are building a college near Mathura for which they require certain things like CCTV cameras, refrigerators or air conditioners, he said, adding that after the victim reaches Mathura, he is ushered to a secluded place in the village where he is held captive and a ransom call is made to his family members.

Kumar said that the UP police have been running awareness drives, but people still fall into the trap. “This is happening mostly because the victims are from different states and so they don’t know anything about the villagers here. They are lured by them into catchy business proposals and they come here,” he said.

The victims are so relieved after being freed from the clutches of the abductors that they flee the area and reach their city without registering any complaint at the police station, thus giving the abductors an upper hand.

“It is also very difficult to trace the accused without any physical evidence. We keep on beating around the bush and the accused get away,” Kumar said.

Chouhan, who feels lucky to have been let go, claimed that he had been taken to a village by the abductors where all the locals were involved in kidnapping and extorting money from strangers.

He said that during his brief stay in the village, he saw that there were already several people who were kept in captivity and the accused were making ransom calls to get money from their kin.
“They also said that they thrash everyone but since I cooperated with them and gave them everything I had, they did not beat me up,” said Harish while talking to TOI.
He added that though he was not able to remember the name of the village, It was under the jurisdiction of Goverdhan police station.
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