Bêtise brute.

Quand Le Monde déconne à plein tube en posant des questions aussi stupides qu’inutiles.

On vient d’apprendre que quelque 82% des Français ont une bonne opinion de la police, qui conserve ainsi le niveau de popularité élevé constaté à l’issue des attentats djihadistes en 2015 (83%), selon un sondage réalisé mardi par Odoxa pour «Le Parisien – Aujourd’hui en France».

De même plus de neuf Français sur dix (91%) affirment comprendre le «ras-le-bol» des policiers, entre état d’urgence, les menaces d’attentats, les casseurs autour de Nuit Debout et des manifestations à répétition contre la loi El Khomri.

Bon, tout le monde ne va peut-être pas embrasser le premier flic venu sur la bouche, mais je ne sens vraiment rien « d’irréconciliable » entre la police et les citoyens !

irreconciliable

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Lettre ouverte à François Hollande, par Alain Mabanckou.

Denis Sassou-Nguesso, President of the Republic of Congo, met Francois Hollande, French President, July 7, 2015, at the Elysee Palace, Paris, France. Photo by Nicolas Messyasz / Sipa Press/NICOLASMESSYASZ_2015_07_07a_0093a/Credit:NICOLAS MESSYASZ/SIPA/1507071354
Photo by Nicolas Messyasz / Sipa Press

Du silence de François Hollande sur Sassou-Nguesso

Monsieur le Président,

Les Congolais de l’étranger et ceux qui luttent nuit et jour au pays ont constaté que vous observez un long silence quant à l’issue de l’élection présidentielle truquée qui s’est déroulée en mars dernier au Congo-Brazzaville et qui a injustement porté Denis Sassou-Nguesso au pouvoir. Il exerce un pouvoir sans partage depuis trois décennies avec son clan. La fraude l’aura une fois de plus emporté sur la transparence, et ceci aux yeux des nations prétendument démocratiques comme celle que vous dirigez par la volonté des Français. Le nom de mon pays d’origine est désormais inscrit en rouge sur le tableau noir du déshonneur des républiques bananières, à côté de la Corée du Nord. Pendant ce temps, Sassou-Nguesso et ses hommes de mains multiplient les arrestations arbitraires, allant jusqu’à cerner le domicile de l’opposant Jean-Marie Mokoko sans lui donner la possibilité de se ravitailler.

Faut-il rappeler, Monsieur le Président, que ces tyrans africains ont le plus souvent survécu grâce à la protection de la France, illustrant au passage combien ils ne peuvent vivre et prospérer sans l’assentiment de l’ancienne puissance coloniale? Ils ressemblent de ce fait à des ogres créés de toutes pièces par la France, et leur ultime couronnement passe par la montée des marches de l’Elysée et la poignée de main dont ils bénéficieraient du président de la République française. (lire la suite sur le site du bibliobs)

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SINÉ LIBÉRÉ !

UPDATE 1 et UPDATE 2  plus bas)

J’ai vraiment découvert Siné en décembre 1962. Mon père avait ramené à la maison le numéro 1 de SINE MASSACRE (*). Siné n’était pas gaulliste. Siné n’aimait pas les prêtres et les religions. Siné n’aimait pas les militaires. Siné n’aimait pas les flics. Siné n’aimait pas les colons. Siné n’aimait pas les patrons. Siné n’aimait pas les politiques. Siné n’aimait pas les faux-culs ni les cons. Et il en était cerné car le monde est rempli de ces engeances envahissantes. Toute sa vie durant, Siné a du se taper des gens qu’il ne supportait pas et il n’a jamais cessé de leur renvoyer la monnaie de leur pièce. Siné n’était ni un dégonflé ni un provocateur, c’était un caricaturiste. Siné n’avait pas toujours raison, d’ailleurs il s’en foutait, mais il n’avait pas toujours tort, d’ailleurs il s’en foutait également. Et puis ce n’est pas lui qui avait commencé à emmerder le monde. Siné avait fait un dessin à propos du Viagra où la légende disait quelque chose comme : « Une pilule pour bander, je ne vois pas l’intérêt, on passe notre vie à se faire enculer ».

Siné avait un faible pour les chats, le jazz et les cactus. Il était né sauvage et raide et il n’a jamais molli du crayon, ni de l’épitaphe : « Mourir ? Plutôt crever ! » En trois mots, c’est difficile de mieux dire. Inoubliable, Siné.Sine-Massacre-1

(*)  Précieusement conservé. Réduire Siné à ses participations tardives à Charlie c’est oublier tout le long parcours solitaire du bonhomme bien avant Charlie. Siné avait commencé à déranger en 1952…

Update 1  : Regardez-bien cette couverture de 1962. Vous n’en verrez plus des comme ça. Une bombe est lancée dans la gueule du président de la République et pas n’importe lequel. Et le journal n’a pas été saisi ni interdit. Siné n’a pas été condamné pour atteinte à l’honneur des armées ni à la sécurité de l’état, ni pour menace de mort ou incitation à la violence sur la personne du chef de l’état. On se demande presque comment c’est possible.

Président : Charles de Gaulle. Première dame de France : tante Yvonne. Premier ministre : George Pompidou. Ministre de l’intérieur : Roger Frey. Pour un peu, on les regretterait presque.

Update 2 : La lecture des commentaires révèle deux visions différentes à propos de l’antisémitisme de Siné. Je ne connaissais pas le bonhomme, mais je lui accordais dans ce qui précède et dans mes réponses  une côte mal taillée qui sans l’exonérer tentait d’envelopper ses propos nauséabonds dans un cadre plus large… car je n’arrivais pas à assimiler l’énormité, les irrévérences et les fulminances du caricaturiste aux bassesses de l’antisémitisme rance qui traîne encore et toujours dans les égouts français. C’était trop approximatif. Je découvre aujourd’hui le papier  » A Bob «  de Brigitte Stora sur le Huff Post et je m’incline devant ses propos qui me semblent mieux documentés et  plus justes que les miens. dont acte.

 

 

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