Déchoir. Déchu. Déchéance….

Beaucoup de mal à avaler la mesure  de déchéance de nationalité et par conséquent la sournoise remise en question du droit du sol qui l’accompagne et que je considère pourtant comme un droit fondamental, un principe de la République française et à ce titre intouchable par les politiciens  bricoleurs opportunistes en mal de sondages encourageants.

Je suis convaincu que la réforme constitutionnelle qui permet cette mesure est totalement politicienne, ouvertement démagogue, dérisoire et sans aucun effet sur les individus concernés. « Nan, franchement, j’aimerais bien faire terroriste avec vous, partir en Syrie, faire péter des trucs tout ça, mais là, je peux pas, si jamais je me fais déchoir de ma nationalité, ma mère elle me tue, sérieux…« 

C’est une sale mesure qui ne coûte pas un rond,  jetée en pâture pour calmer les aboiements nationalistes. Une manœuvre grossière qui ne rapportera aucun suffrage dans l’escarcelle du président de la république, lequel a déjà tourné sept fois sur lui-même comme une toupie avant de se décider.

toupie-babar-

Les initiateurs eux-mêmes admettent qu’il s’agit d’une mesure parfaitement inefficace, mais ils affirment qu’il s’agit d’une mesure à forte portée « symbolique. Symbolique signifiant dans ce contexte : « pas chère » et « électoraliste ». A mes narines, ça pue la bêtise d’abord, l’aveuglement ensuite, puis la compromission et enfin la lâcheté. Quelqu’un pourrait-il ouvrir la fenêtre ?

Cela ne m’enchante pas, mais si d’aventure, un citoyen helvétique né à La Chaux de Fond, ayant acquis subsidiairement la nationalité française par erreur ou par mariage, puis devenu terroriste par ennui, se faisait exploser au bar du Plaza Athénée un vendredi soir jour de paie, je pourrais comprendre que compte tenu de la gravité des faits, il soit condamné d’abord à la perpette incompressible, puis qu’à l’issue de sa peine, on l’expédie en caisse par Chronopost dans le canton de Neuchâtel, mais sans son passeport français qu’il aura préalablement remis aux autorités françaises à l’issue de sa condamnation.

Mais si le ou les terroristes avérés dûment arrêtés et condamnés, bien que détenteurs d’une  nationalité alternative et subalterne acquise va savoir comment, sont nés sur le sol français, ce n’est pas pareil !

Je ne suis pas un vulgaire laxiste latitudinaire de gauche, je suis donc d’accord pour que les sus-mentionnés terroristes natifs de Laroche-Migennes ou équivalent, se ramassent la réclusion criminelle à perpétuité incompressible avec période de sureté illimitée et tout le tralala, sans possibilité aucune de réduction de peine pour cause de remords, diplôme tardif, coupe du monde de foot ou année bissextile.

Si on me pousse dans mes derniers retranchements, je pourrais même me faire à l’idée que l’on rouvre à leur intention le bagne de Cayenne (à condition de refaire les sanitaires) si cela permet de créer des emplois en Guyane. Maroni

Je suis sincèrement désolé si la perspective d’être séparé de leur êtres chers par une aussi grande distance désole les familles, mais celles-ci n’ont qu’à en parler avec leurs candidats terroristes dés les premières odeurs et surtout avant les faits.

Terroristes capturés vivants donc bagnards tricards, mais bagnards tricards français. Leur retirer la nationalité française, ce serait déchoir. On ne se débarrasse pas de ses problèmes en les déposant sur le paillasson du voisin.

UPDATE MERCREDI 24-16h

ci-dessous les 2 derniers paragraphes de l’édito du Monde « La double faute de François Hollande » en date de ce jour :

(…)  la décision présidentielle constitue une double et lourde faute. D’une part, elle porte directement atteinte au principe d’égalité des citoyens, fondement de la République inscrit à l’article 2 de la Constitution. Elle revient, en effet, à instituer deux catégories de Français, ceux qui le seraient sans conteste et ceux qui ne le seraient pas complètement au motif que leurs parents ou grands-parents ne l’étaient pas. Comme la République, la citoyenneté est indivisible. D’autre part, en reprenant à son compte une mesure réclamée depuis longtemps par le Front national, le chef de l’Etat prend la responsabilité, majeure, d’en banaliser la détestable logique xénophobe.

La fin ne justifie jamais tous les moyens. Y compris dans la « guerre » contre le terrorisme.

UPDATE 2 à lire dans Le Monde : « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité », par Giorgio Agamben. 

(…) « Le risque, le premier que nous relevons, est la dérive vers la création d’une relation systémique entre terrorisme et Etat de sécurité : si l’Etat a besoin de la peur pour se légitimer, il faut alors, à la limite, produire la terreur ou, au moins, ne pas empêcher qu’elle se produise. On voit ainsi les pays poursuivre une politique étrangère qui alimente le terrorisme qu’on doit combattre à l’intérieur et entretenir des relations cordiales et même vendre des armes à des Etats dont on sait qu’ils financent les organisations terroristes.

Un deuxième point, qu’il est important de saisir, est le changement du statut politique des citoyens et du peuple, qui était censé être le titulaire de la souveraineté. Dans l’Etat de sécurité, on voit se produire une tendance irrépressible vers ce qu’il faut bien appeler une dépolitisation progressive des citoyens, dont la participation à la vie politique se réduit aux sondages électoraux. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle avait été théorisée par les juristes nazis, qui définissent le peuple comme un élément essentiellement impolitique, dont l’Etat doit assurer la protection et la croissance.

Or, selon ces juristes, il y a une seule façon de rendre politique cet élément impolitique : par l’égalité de souche et de race, qui va le distinguer de l’étranger et de l’ennemi. Il ne s’agit pas ici de confondre l’Etat nazi et l’Etat de sécurité contemporain : ce qu’il faut comprendre, c’est que, si on dépolitise les citoyens, ils ne peuvent sortir de leur passivité que si on les mobilise par la peur contre un ennemi étranger qui ne leur soit pas seulement extérieur (c’étaient les juifs en Allemagne, ce sont les musulmans en France aujourd’hui).

C’est dans ce cadre qu’il faut considérer le sinistre projet de déchéance de la nationalité pour les citoyens binationaux, qui rappelle la loi fasciste de 1926 sur la dénationalisation des « citoyens indignes de la citoyenneté italienne » et les lois nazies sur la dénationalisation des juifs.(…) »

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STAR WARS OVERDOSE ! STAR WARS OVERLOAD !

Je prends un plaisir sans mélange à reproduire intégralement la critique lumineuse de Star Wars VII par Christophe Bourdon, journaliste culturel de la RTBF, que sont nom soit gravé dans le marbre de l’Empire. Gloire et honneur à l’esprit belge, qu’il nous illumine  jusqu’aux confins de la plus lointaine galaxie.

Ralbol total de Star Wars ! Tous les jours, partout, tout le temps et à toutes les sauces. Rendez-nous nos Marine le Pen, Sarko, Macron, Benzema, Tapie, Platini, et les Jedis du plan Vigipirate qu’on se marre un peu !

L’original bien plus beau est ici.

Christophe Bourdon

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PS : Star Wars. Star Wars. Star Wars. Star Wars. Star Wars.

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BLANC !

EstrosiMarion Marechal Le Pen en rendez vous

UPDATES 1 & 2  PLUS BAS.

Région Paca. Il ne faut pas rêver. Fatalement, dans une semaine, au deuxième tour de ces maudites régionales, on va nous bassiner qu’il faut désormais faire preuve de lucidité et choisir entre Christian Estrosi (le bon-mauvais choix ou le moins-mauvais choix) et Marion Maréchal Le Pen (le mauvais-mauvais choix ou le plus mauvais choix).

Christian Estrosi, le maire de Nice, l’homme de la 5ème colonne qui regarde tous les soirs sous son lit : “La civilisation judéo-chrétienne dont nous sommes les héritiers aujourd’hui est menacée […] L’islamo-fascisme est présent en Irak, en Syrie mais aussi en France, à travers les cinquièmes colonnes et leurs réseaux infiltrés dans nos caves, dans nos garages, dans les lieux clandestins.” 

Marion Maréchal Le Pen, la jeune députée du Vaucluse, la benjamine de l’Assemblée Nationale…

Et bien non, on n’est pas obligé de choisir entre la peste et le cholera. On peut voter blanc (je préfère) ou nul (c’est moins clair) ou s’abstenir, ça c’est vraiment nul (moi je suis pour le vote obligatoire). Je voterai blanc.

Le vote blanc est un message simple et clair, c’est une façon limpide de déclarer que vu la qualité du personnel politique et ses idées, on refuse de choisir. On ne s’abstient pas, on exprime une position intelligible, un refus : le choix qui m’est offert par les partis visant à gouverner la France ne me convient pas.

Le vote nul est un peu plus compliqué à interpréter, il peut s’agir d’une erreur, deux bulletins au lieu d’un, un bulletin à moitié déchiré…

A force de réclamer qu’on prenne le vote blanc en considération, depuis la loi du 1er avril 2014 (il n’y a pas de hasard) , les votes blancs sont désormais comptés comme tels dans les bureaux de vote, comptés mais pas comptabilisés parmi les suffrages exprimés… Ce qui est absurde et déloyal. Si l’on sort les votes blancs (et les votes nuls) des suffrages exprimés, les pourcentages des candidats apparaissent plus élevés qu’ils ne le sont en réalité, leur « légitimité » est artificiellement accrue.

Autre absurdité, l’état de fournira pas de bulletins blancs dans les bureau de vote. Par conséquent, pour être compé (mais pas comptabilisé), le vote blanc doit être soit une enveloppe vide (mais là encore on pourrait le confondre avec une erreur) soit contenir un bulletin blanc au format officiel exact de celui des candidats, soit  105 x 148 mm, à vos règles et ciseaux !

Autrement dit, si vous vous contentez de plier et découper une feuille A4 en 4 et de glisser un morceau dans l’enveloppe, ce ne sera pas considéré comme un vote blanc, mais comme un vote nul…. Idem si vous écrivez « vote blanc » dessus. Il reste un long chemin à faire, boudiou !

pas bon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UPDATE 1. Dimanche 6. 12h.

Ma position choque. On me la reproche. Il ne faudrait pas faire l’apologie du vote blanc. La refrain est bien connu, on me le rappelle tout de même : vote blanc = vote nul = abstention = voter FN.  Je n’accepte pas ce raisonnement, pas plus que je n’acceptais naguère celui qui disait : voter blanc ou s’abstenir, c’est voter communiste… Et ce n’est pas bien, n’est-ce pas de ne pas faire barrage à la montée des extrêmismes.

Même sans enthousiasme, même à contre coeur, il  faut s’opposer par son vote à la politique du pire etc… Et c’est comme cela à chaque élection. Je crois que la dernière fois que j’ai voté POUR quelque chose c’était en 1981 pour élire François Mitterand… Depuis et à chaque élection, je vote la mort dans l’âme non pas pour défendre une idée ou un programme, mais contre un parti ou un candidat. J’ai du mal à être satisfait de ce que me propose la démocratie en matière électorale.

Il y a toujours eu et il y aura toujours un parti d’extrême droite en France,  et il recueillera encore longtemps  des suffrages importants.

Pourquoi recueille-t-il des suffrages importants ? Parce que les électeurs sont facilement manipulables par des médias irresponsables qui accordent beaucoup trop d’importance au FN ? Ou bien parce que depuis des années, les politiques préconisées par des deux grands partis traditionnels et leurs élites lourdement médiatisées ont échoué  à résoudre les problèmes des français, parce qu’ils se sont discrédités auprès d’un nombre grandissant d’électeurs excédés et à bout de patience ?  Les appels incessants à ne pas faire le jeu des extrémismes, en l’occurrence du FN, c’est bon pour renforcer leur boutique. On rameute les grincheux et ceux qui tirent la patte. En d’autres termes, ils ont favorisé la croissance du FN à coup de scandales, de comportements imbéciles, de mesures inefficaces, de propositions de lois démagogiques et j’en passe, et ils poussent de grands cris face au péril Le Pen qu’ils aspergent d’essence depuis des lustres.

Le plus grand péril ne me semble pas l’aveuglement des électeurs, mais la « déconnexion » de la classe politique dans son ensemble. Ils sont hors-sols, à droite comme à gauche, au centre et sur les bords.

Ces élections régionales, confuses, mal programmées, mal préparées,  constituent un faux événement. Les politiques, tous préoccupés qu’ils sont par la conquête de la présidence en 2017, s’en servent comme d’un mégaphone pour crier « J’existe ! », mais ils se moquent du sujet réel de ces élections qui leur semble tout à fait insignifiant, seuls compteront les commentaires des médias. Les socialistes vont obligatoirement prendre une douche froide et avaler une pilule amère, ce ne sera pas une surprise. Alors la mousse médiatique c’est de savoir comment s’en tirent Les Républicains face au FN. Et de nous faire croire que c’est d’une importance cardinale pour l’avenir de la France. Tout le monde essaie donc d’instrumentaliser l’autre ou n’importe quoi pour frapper les imaginaires. Chômage, immigration, terrorisme, etc. ne seront pas résolus par les éléctions régionales. Ce n’est pas le sujet. Personne ne parle du sujet.

Dans ces conditions, et après examen de la chaloupe Les Républicains et des combats qui font rage à bord ( c’est la Syrie ou la Libye là-dedans !) pour décider du cap à tenir, je refuse de me laisser manipuler une fois de plus pour faire « barrage au FN » et défendre les valeurs de la république telles qu’ incarnées par le parti de l’ex-président et ses propos. Ce n’est pas comme cela que l’on se débarrassera du FN !  On se débarrassera du FN quand on ne lui servira plus notre mécontentement général et grandissant sur un plateau. On se débarrassera du FN quand les politiques tous partis confondus auront réussi à regagner un peu de notre estime à coup de programmes honnêtes et courageux et en cessant de nous prendre pour des veaux, des moutons, des pigeons, des enfants de choeur ou des téléspectateurs, ce qui résume bien ce qui précède.

En attendant,  je ne leur accorde pas mon vote pour gagner le fauteuil de président de région, ni au bellâtre, ni à la blonde pécore.

Et je conseille à tout le monde de lire l’excellent roman « La lucidité », de José Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature, qui pousse jusqu’au bout la logique du vote blanc. Bel interview du même à ce sujet dans Le Monde ici.

UPDATE 2. LUNDI 7. 17H.

Et tout se déroula sur papier musique, comme annoncé. Il n’y a que la presse pour titrer sur « Le choc ! » comme si c’était une grosse surprise. Dans le concert d’analyses (?)  rédigées à chaud et qui ne font que ressasser des platitudes, je relève tout de même ceci dans l’édito de Anne Sinclair : (…) une évidence à laquelle on n’échappera pas encore très longtemps: comment une démocratie digne de ce nom peut accepter qu’un parti qui rassemble 30% des électeurs n’ait que deux députés à l’Assemblée Nationale? Une révision déchirante s’impose sur notre système de représentation, et ce n’est pas plus gai.

Et puis dans le vocabulaire farouche et cocardier des fiers guerriers gaulois, droits dans leurs bottes, chargeant en kazoar et gants blancs comme Saint-Cyr face à la mitraille, j’entends Dominique Reynié, M. Alternance Constructive, qui a obtenu en 3e position le plus faible score de tous les candidats de la droite en métropole (18,8%) , s’insurger : « Moi, me démettre,, jamais de la vie, vous m’entendez, jamais, c’est une question de principe, ma religion me l’interdit etc. Casse-toi Carole Delga, tu vois pas que tu gènes, t’as beau être devant moi, pauvre socialo c’est à toi de te démettre, t’as aucune chance de battre le méchant Louis. Que toutes les électrices et tous les électeurs se rallient dimanche prochain à mon fier panache blanc-bleu et je vous le terrasserai moi l’abominable Alliot à sa Marine. »

Nous verrons, nous verrons…  Si j’avais encore l’ombre d’un doute, c’est exactement le genre de rodomontades qui me confirme dans mon choix. Ils n’ont toujours rien compris, ils sont incapables de se remettre en cause, ils sont incapables de lâcher le fromage. Ce ne sont pas des pompiers, ce sont des pyromanes. Ils n’auront pas ma voix.

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