Patriote et républicain.

Je n’ai pas de drapeau français à accrocher au balcon aujourd’hui, mais je ne suis pas contre manifester mon patriotisme républicain. Par contre montrer encore une fois l’image de La liberté guidant le peuple… c’est trop (pardon Delacroix, je t’aime bien tu sais…).

Moins courantes, mais non moins françaises et républicaines, ces représentations :

La Republique Antoine Jean Gros 1792
La République de Antoine Jean Gros. 1792
La Vérité guidant la République vers l'Abondance. 1793. Nicolas de Courteille.
La Vérité guidant la République vers l’Abondance. 1793. Nicolas de Courteille.

La République de Ange-Louis Janet dit Janet Lange.. 1848.

Sebastien Melchior Cornu (1804-1870)

La République de Sebastien Melchior Cornu (1804-1870) (très couverte pour une fois…)

Marianne-DaumierEt bien sûr, la République de Honoré Daumier, de Marseille, cong.

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MICHEL ONFRAY : 0 , INNA SHEVCHENKO : 1

OnFray-ShevchenkoAprès l’horreur du vendredi 13 novembre, oublions rapidement les propos tordus (ah ce mauvais tweet du 14 novembre… ) puis ambigus, mais toujours sentencieux, de notre philosophe-en-colère-national-mais-victime-des-medias (dans le genre stressé et dans l’erreur, je le préfère encore à Fienkelkraut… ). Mais enfin tout de même. Au mieux, ce n’est pas à la hauteur, au pire c’est bien pire… Pour quelqu’un qui veut scruter les faits et rien que les faits, on frôle l’aveuglement historique. Tant pis, ni dieu, ni maîtres, vous dis-je et repète-je.

Par contre, je découvre dans le Huff Post, cet article lumineux de Inna Shevchenko, l’activiste des Femen. Curieux ,mais peu sceptique, je lis ce qu’elle écrit avec une admiration grandissante. En bon macho, je n’avais pas bien pris la mesure de  cette femme. Mes excuses, je porterais désormais plus d’attention à ses propos. Je ne veux pas me substituer au Huff Post. Je ne copie donc ci-dessous qu’un extrait de son article que je vous invite à le lire en entier et faire circuler bien sûr si affinités.

Il n’est pas temps de défendre les religions, mais de défendre l’humanité.

(…) Ce que l’EI appelle la capitale « des abominations et de la perversion » dans son communiqué de revendication des attentats m’a appris à penser et à analyser, à être fière de nos libertés et à les défendre sans compromis. Ce sont la liberté et les valeurs qu’incarne Paris qui ont été attaquées. Si c’est une guerre, comme l’a déclaré le Président Français, c’est une guerre idéologique. C’est une guerre pour défendre nos valeurs libérales menacées. Mais les commandants en chef de cette guerre ne sont pas ceux qui décident d’intensifier les bombardements en Syrie, augmentant probablement les risques de toucher les populations civiles locales, ils ne sont pas ceux qui commercent avec l’Arabie Saoudite mère patrie du Wahhabisme (dont l’EI s’inspire), ils ne sont pas ceux qui dirigent le commerce international d’armes ou ceux qui collaborent avec le Kremlin plutôt que de soutenir les Kurdes. Ceux qui dirigent cette guerre idéologique contre l’Etat Islamique sont les civils – nous. Alors que j’écris à la terrasse d’un petit café du 4e arrondissement, le même type d’endroit que ceux visés vendredi, le silence autour de moi m’assourdit. J’ai envie de crier que les commandants en chefs de cette guerre idéologique sont les amoureux de la démocratie, les libre-penseurs, les laïques, les athées, les gens de gauche, et surtout les musulmans. (…)   Inna Shevchenko.

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Attentats de Paris – Kamel Daoud dans Le Point : « Mais que dire ? Que penser ? Que faire ? »

n-DAOUDKAMEL-large570Voilà celui dont j’attendais le commentaire avec le plus d’impatience. A lire dans Le Point Afrique. ICI.

Extrait : (…) « L’idée est d’éradiquer le terrorisme aujourd’hui, mais cela ne peut être une victoire que si on l’empêche de renaître demain. Car on ne naît pas djihadiste, on le devient : des livres, des chaînes TV, des mosquées, des désespoirs, des frustrations. Tout cela vient d’une matrice, d’un pays, un royaume : il ne sert à rien de lutter contre le Daech mal habillé en Syrie et de serrer la main du Daesh bien habillé de l’Arabie saoudite. C’est surseoir à l’attaque, pas l’éviter ; l’idéalisme est une idéologie qui a de l’argent et qui se répand. Comprendre cela permet de mieux réagir et pas seulement en « mode avions qui tuent » ou option de l’extrême droite pour des élections. »

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Notre petite soeur de Hirokazu Kore-eda

cdn.indiewire.comCe n’est pas moi qui le dit :

(…) sur cette musique-là, Notre petite sœur pourrait durer éternellement : sa légèreté, sa justesse de ton, la sensation d’élégance féminine qui émane de chacune de ses scènes en font un objet toujours susceptible de fleurir et raconter d’autres histoires qui nous conquerraient certainement tout autant, tant qu’elles parviennent à nouer aussi naturellement le léger et le grave, le naïf et le tragique, la maison de poupées et les ébranlements familiaux. (Les Inrocks).

(…) Adaptée d’un manga d’Akimi Yoshida, l’intrigue fait penser à du Tchekhov allongé à l’ombre des cerisiers en fleur. Une nouvelle fois, le cinéaste japonais fait montre d’une poésie étonnante pour peindre les petits faits, les petits gestes, les sourires et les brouilles de personnages qui tentent de plier les contraintes de la vie à leur vision du monde (solidarité, amour, humour, tolérance). Dialogues justes, mise en scène retenue, image lumineuse. Un grand film délicat. (L’Express)

(…) Généreux, espiègle ou apaisé, le film invite le spectateur à prendre place au sein de cette petite communauté bienveillante, filmée avec beaucoup de grâce. Sous l’apparente légèreté, Kore-Eda glisse pourtant un propos plus douloureux sur les liens du sang, les sacrifices consentis, les frustrations, les choix moraux d’une existence. « Certains dialogues, apparemment anodins et fluides, sous-tendent une rupture, note le réalisateur. Chaque spectateur, en fonction de sa propre expérience, se laissera happer par tel ou tel niveau d’interprétation. » C’est dire la finesse du jeu déployé par les quatre comédiennes, à commencer par la plus jeune, Suzu Hirose, d’une présence irradiante. (La Croix)

D’un autre côté : Le Monde chipote, Les Echos ergotent, Télérama pinaille, Le Nouvel Obs refuse de se lâcher, les Cahiers (du cinéma) caillotent.

Allez-y c’est subtil et délicat et on manque de subtilité et de délicatesse autour de nous.

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