Vers l’autre rive

J’ignore quel est le titre exact du film en japonais. En anglais c’est « Journey to the shore – Voyage vers le rivage » (on ne traverse rien). En français c’est devenu « Vers l’autre rive », probablement pour enfoncer le clou qu’il s’agit  d’une histoire de morts ou de fantômes et de vivants, comme le soulignent les deux visuels choisis pour les affiches américaine et française. Pourtant, il s’agit d’une variation sur un  thème universel et vieux comme le monde :  une histoire d’amour qui perdure au-delà de la mort.  Le film de Kurosawa est parfaitement maîtrisé, tout en retenue, subtil, sophistiqué, épuré et élégant comme de la fine porcelaine traditionnelle japonaise. Son parfum dure longtemps après que l’on a quitté la salle.Journey_to_the_Shore-p1120x160-Journey-20_04-HD-768x1024034313

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Le monde merveilleux de Mariah.

L’album Utakata no hibi du groupe new wave japonais Mariah sorti en 1983, ressurgit du passé grâce à deux DJ écossais qui l’ont entendu par hasard dans un magasin de vinyls à Tokyo. Aujourd’hui il est enfin réédité et alimente les commentaires passionnés des geeks et même des  ubergeeks de la chose. Comment résister à la tentation d’être un peu plus hype que d’habitude ? Rejoignez le buzz, twittez et facebookez, vous serez vachement dans le coup.

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ART CONTEMPORAIN : PULVERISATIONS 1, 2, 3, 4.

the-mist1Depuis plusieurs années déjà, Amor G. Kapicz, artiste français aux origines floues qui vit et travaille à Kilpilahti (Finlande), questionne dans ses œuvres monumentales notre relation au paradigme horizontalité sociale et verticalité individuelle.

Déjà remarqué et distingué à la Documenta 11 de Kassel en 2002, Amor G. Kapicz nous avait également troublé à la Mostra de Dubaï en 2011 en présentant deux grandes installations invisibles, Désert 1 et Désert 2, qui interpellaient nos perceptions spatio-temporelles.

Aujourd’hui, en avant première mondiale à la Biennale de Lyon, le public peut découvrir à la Sucrière sur le quai de la Saône son dernier travail : Pulvérisations 1, 2 , 3, 4 qui fait déjà l’objet d’un débat, voire d’une controverse de dimension internationale.

Pulvérisations 1, 2, 3, 4 est un ensemble interactif de quatre interventions monumentales – chacune de la taille d’un terrain de football, qui nous renvoient et nous confrontent à la problématique obsédante du réchauffement médiatique.

Les visiteurs sont invités à traverser librement ces espaces  sans aucun repères. De façon imprévisible, mais pilotés par un algorithme à chiffrement asymétrique, quatre drones survolent aléatoirement le public à basse altitude et libèrent des flux diffus et insaisissables de nanoparticules d’informations visuelles et sonores. Ces particules sont pulvérisées par seize buses multimédia spécialement conçues en partenariat avec Dassault Systèmes et Lagardère Industries.

L’intervention artistique Pulvérisations 1, 2 , 3, 4 a pu être réalisée grâce au fond culturel de la Métropole de Lyon avec le concours de Altice Finance et le soutien personnel de Monsieur Patrick Drahi.

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SELAHATTIN DEMIRTAS A PROPOS DE L’ATTENTAT D’ANKARA, OU CE QUE PARLER VEUT DIRE.

Si vous êtes comme moi, vous ne savez rien ou guère plus à propos du HDP  turc (Parti Démocratique des Peuples) et de son dirigeant Selahattin Demirtas qui soutenait avec d’autres formations et syndicats la manifestation pacifique d’Ankara du 10 octobre dernier dont le slogan était « La guerre est une obstination, la paix tout de suite ! ».

Après l’explosion de deux bombes, le bilan officiel est de 102 morts et plus de 500 blessés. Mais le HDP et l’Union des Médecins Turcs annoncent 128 morts. La manifestation n’était pas protégée par les forces de l’ordre qui firent face à la panique avec des tirs de grenades lacrymogènes et des canons à eau.

La vidéo ci-dessous présente avec des sous-titres anglais  la formidable  allocution spontanée de 10 minutes de Selahattin Demirtas du Parti Démocratique des Peuples, le soir même de l’attentat en réponse au Premier Ministre turc, Davutoglu (cliquer sur la première icône en bas à droite de l’image pour avoir les sous-titres). Accrochez-vous, c’est indispensable à voir et surtout à entendre.

Merci à Arun pour le lien.

 

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13e Biennale d’Art de Lyon. La vie Moderne. Un grand moment d’art contemporain.

Biennale Lyon oeuvre 1
La vie moderne. Une oeuvre complexe, expliquée et commentée à la Sucrière.
Biennale Lyon oeuvres 2
La vie moderne. Deux autres oeuvres et si on parlait d’autre chose, toujours à la Sucrière.
Biennale Lyon Oeuvre 3
La vie moderne. Encore deux oeuvres et une chaise à la Sucrière.
Sucrière escalier de sortie
La vie moderne. L’escalier de sortie de la Sucrière.

Mais ce n’est pas tout, au MAC de la Cité Internationale il y a aussi tout plein d’oeuvres d’artistes contemporains, savamment curatées par l’américain sémioticien de l’art, Ralph Rugoff sur le thème fascinant de la vie moderne. Heureusement, il y a le somptueux parc de la Tête d’Or et ses couleurs d’automne aux portes de la Cité International pour reprendre son souffle.

Notre envoyé spécial a pu saisir une image de l'artiste fantôme de la Biennale en pleine cueillette aux champignons.
Notre envoyé spécial a pu saisir une image furtive de l’artiste fantôme de la Biennale en pleine cueillette aux champignons.

Mis à part pour l’art contemporain, c’est une grande et belle ville Lyon. Il y a beaucoup de ponts et on y mange plutôt bien.

Bonus pack : sous le ventre de la grosse méchante bête du « Musée des Confluences »Musée des Confuences

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TIGANA SANTANA

Tempo & Magma dernier et magnifique album de Tigana Santana (compositions, chant et guitare) , musicien brésilien de Salvador de Bahia, enregistré à Dakar avec des musiciens africains issus de diverses cultures du Sénégal, du Mali, de Guinée Conakry. Voix magnifiques (Céu participe à l’album), influences Candombé, mélodies subtiles et rythmique envoûtante.

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Svetlana, oh joie !

Svetlana AlexievitchSvetlana Alexievitch est Prix Nobel de Litterature ! Je tiens LA FIN DE L’HOMME ROUGE pour un des plus beaux et des plus grands livres que j’ai lu ces dernières années. Merci à Ph. L. de me l’avoir fait découvrir. L’oeuvre de Svetlana Alexievitch a sa place à côté du Vie et destin de  Vassili Grossman et des plus grands auteurs slaves modernes. Elle possède un véritable génie de l’écoute et de la restitution de ce qu’elle a entendu. Son immense talent consiste à se faire complètement oublier pour nous mettre à sa place. Nous éprouvons le contact direct, brut, émotionnel, presque physique avec ceux qui racontent. Ils sont tellement humains que nous percevons le grain de leur voix, leur chaleur et même l’odeur de leur peau. iIs sont si proches de nous que nous recevons leur récit  en pleine figure, nous pourrions les étreindre et les toucher. Svetlana Alexievitch écrit à bout portant.

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Les villes les plus polluées de France sont :

Le classement des 10 villes des villes françaises où la concentration moyenne annuelle en particules fines PM10 (ayant un diamètre compris entre 2,5 et 10 microns) est la plus importante :

1. Marseille : 31.8 μg/m3

2. Lille : 30.9 μg/m3

3. Lyon : 29.5 μg/m3

4. Nice : 29.2 μg/m3

5. Grenoble : 27.5 μg/m3

puis Lens-Douai, Paris, Amiens, Strasbourg, Le Havre…  Aucune ne dépasse encore le seuil maximal toléré par l’Union Européenne de 40 μg/m3. Mais toutes ces villes dépassent en moyenne annuelle le seuil de 0,20 μg/m3 jugé critique par l’OMS.

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BEAUTE CONGO 1926-2015 jusqu’au 10 janvier 2016 à la Fondation Cartier

Coups de foudre à répétition à la Fondation Cartier pour les oeuvres des Précurseurs (Albert et Antoinette Lubaki), l’Ecole d’Elisabethville avec l’éblouissant Mwenze Kibwanga et les formidables sculptures de Bodys Isek Kingelez et Rigobert Nimi. Magnifiques photos de Jean Depara.

Les belles toiles de Cheri Samba ne sont pas vraiment une découverte, ni celles des « Populaires » des années 70 et 80 où je trouve les influences de la pop culture occidentale un peu trop évidentes. La jeune génération kinoise présentée à la Fondation Cartier renvoie comme tant d’autres jeunes artistes dans le monde quelques éclats maniérés et couleur locale mais sans surprise de la « culture » mondialisée. N’émergent vraiment par leur singularité et leur intensité silencieuse que les magnifiques photos de Kiripi Katembo, récemment disparu.

Mwenze Kibwanga. 1954
Mwenze Kibwanga. 1954
Jean Depara. Un Bill (cow boy de Kinshasa dans les années 55-65)
Jean Depara. Un Bill (cow boy de Kinshasa dans les années 55-65)

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