Tu n’es qu’un triste con Mehdi Meklat.

Deuxième couche à la fin de la première.

Parait que t’avais des « pulsions » Mehdi. Des « pulsions » qui te poussaient à exprimer des choses sales au nom d’une pseudo expérience scientifique de provocation dans les médias sociaux. Un truc quasi expérimental. Un test mené par un personnage « fictif », en fait toi-même dissimulé derrière un blase de blaireau.

Des trucs répugnants que guidé par tes « pulsions » tu allais chercher, à ton cœur défendant et à l’insu de tes opinions, dans des endroits bien choisis pour leur pouvoir crasse de stimulation du néocortex de l’internaute moyen.

Les thèmes étaient sélectionnés. Les juifs bien entendu, les homosexuels évidemment, les trublions libertaires de la bande à Charlie, inévitablement, quelques autres élus plus éclectiques pour la décoration, en gros tout ce que voudrait exterminer un soutier de base du djihad. Tu n’incitais pas à la malveillance au hasard.

J’ai bien capté que tu tiens à nous dire que ce n’était pas par facilité, ni par judéo phobie, ni par homophobie, ni par misogynie, ni par  islamisme radical, au contraire, tu n’es pas facho du tout, tout cela est on ne peut plus loin de toi. La haine c’est pas ton truc. Ton truc c’est l’amour, le respect et la tolérance. D’ailleurs Pascale Clarke n’a pas hésité à écrire qu’à l’antenne tu n’étais « que poésie, intelligence et humanité » (sic !). Je suis sûr que tu aimes Mozart et l’Ave Maria de Gounod.

Aujourd’hui, tu es désolé, et ça se comprend ! La merde frappe le ventilateur pile au moment où tu es en pleine promo pour la sortie de ton bouquin. Stratégie marketing jeune et moderne : « le talent insolent de deux jeunes surdoués, baptisés « les kids »(!), des petits gars brillants issus minorité visible, garantis d’au-delà du périph, avec casquette stylée, chemise rose, etc. Les médias se sont jetés dessus. Alors c’est sûr que « l’affaire des tweetos pourris » maintenant ça fait désordre pour les gens qui lisent encore des livres.

Tes 3 malheureux tweetos d’excuses mal foutues et convenues, ça ne va pas suffire pour classer l’affaire. J’ai bien peur que ta médaille de « Nouveau Tintin des Arts et des Lettres Urbaines » me semble très compromise.

Sans doute n’as tu pas vraiment lu L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de R.L. Stevenson. Il faut que je te dise que le Dr Jekyll ne jouait pas à l’abominable Mr Hyde pour tester les réactions offensées des jeunes filles anglaises.  L’horrible Mr Hyde faisait partie de la vraie nature du Dr Jekyll.  Un assassin pervers et crapuleux qui se libérait justement par « pulsions » meurtrières. Impossible de pendre l’un sans pendre l’autre.

Tu as voulu parler de tes saletés comme de « pulsions », ce n’était pas le bon mot Mehdi. Tu aurais du mieux réfléchir. « Très grosse connerie » et des regrets plus convaincants, cela n’aurait sans doute pas changé grand-chose à l’estime qu’on te porte désormais, mais cela aurait été peut-être moins impossible à pardonner.

Là, c’est plié. On ne t’a pas vu étincelant de poésie, d’humanisme et d’intelligence dans ton costume de lumière médiatique (celui qui plait tant à Pascale Clarke) on t’a découvert au naturel, à poil au cabinet et « fondamentalement » comme  disent les chroniqueurs à la télé, t’es pas ragoûtant mec. Tu sens le poisson pas frais. Cela va te coller à la peau pendant des années. On n’oublie pas les sournois. Tu n’as pas de chance dans ton malheur, tu n’as même pas pour toi le côté gros connard antisémite borné de Dieudonné.

Pauvre Mehdi, tu es passé si près de ta petite gloire et puis plouf.

Deuxième couche :

Le pire dans ton histoire, c’est qu’on te voit sucer la souris de ton clavier, savourer le choix de tes injures, sourire en les relisant. Il y a une forme de volupté, n’est-ce pas, à patauger dans ses immondices. On se sent fort comme un Céline postillonnant. C’est parce que tu as joui en tripotant tes défécations en ligne que ce n’est pas du second degré. Regarde-toi dans la glace : toutes ces haines et ces jalousies recuites, c’est toi. Je pense que cela devait aussi exciter ton ego malade de voir le nombre de tes « followers » grimper à 10 000 ! Une vraie petite boutique des horreurs.

LETTRE OUVERTE A TOI MA SŒUR, MON FRÈRE, MON VOISIN, MON COLLÈGUE, MON COMPATRIOTE, QUI VOTE BLEU MARINE…

…toi qui en as jusque là, et même au delà, toi qui es en colère, contre les technocrates de Bruxelles, les politiques corrompus, le pouvoir des banques, les privilégiés de tous bords, les nantis, les patrons rapaces, les impôts qui écrasent les petits, les règlements absurdes, les services publics à la dérive, la justice inefficace, la police impuissante, les dealers et les sauvageons, les zones de non-droit, les syndicalistes corporatistes, l’absentéisme des enseignants, les fonctionnaires en surnombre, la multiplication des SDF.

Toi qui redoutes le terrorisme et le chômage, le déclassement, la précarité, toi qui fulmines contre la laïcité menacée, nos valeurs qui disparaissent, contre les petits salauds qui niquent la France, les imams intégristes, les burkinistes des plages, contre le trop plein d’immigrés, les sans-papiers et les réfugiés de partout qu’on laisse rentrer de façon incontrôlée…

Tu penses que tout fout le camp, tu exagères un peu, ce n’est qu’une apparence, car la France n’est pas encore au fond du trou. Elle en a vu d’autres et l’heure n’est pas venue de sa disparition dans la tourmente.

ÇA COMMENCE À FAIRE DU PEUPLE !

Je comprends et je partage ton indignation, ton désir de coller un coup de pied dans le fondement du système, de renverser la table et de remettre un peu d’ordre dans ce foutu pays. Après tant d’années durant lesquelles tu as eu l’impression de n’être ni écouté, ni entendu et que même parfois on se foutait de ta gueule, je comprends ton exaspération et pourquoi et comment elle te pousse à te ranger parmi ceux qui déclarent voter Marine aux prochaines élections.

Et tu n’es pas le seul, un électeur sur quatre au strict minimum selon les sondages et probablement bien davantage.

Dés que je sors de chez moi et où que j’aille, même sans te reconnaître, je te vois et je te croise. Et comme je pense qu’à l’opposé de ton choix, les Insoumis de Mélenchon en ont tout aussi plein le dos et ras la casquette de ce fameux « système », cela fera donc largement plus d’un électeur sur trois en avril qui réclamera un changement de cap radical à effet immédiat, la grande lessive, le coup de balai et on n’oublie pas de battre les tapis.

Il faut ajouter aux Bleu Marine et aux Insoumis un nombre inconnu de citoyens encore plus contrariés que les précédents, car eux ils refusent en bloc le choix offert et ils voteront blanc. Autre motif pour leur colère, leur vote ne sera toujours pas comptabilisé à part des bulletins nuls.

Pour compléter le tableau, il est probable qu’un électeur sur cinq ne se déplacera pas pour élire le président de la république au suffrage universel (quatre électeurs sur cinq, c’est ce qui se fait de mieux chez nous en matière de participation électorale).

TOURNE SEPT FOIS TON BULLETIN DANS TA POCHE AVANT DE LE GLISSER DANS L’URNE.

Moi aussi je pense qu’il est grand temps de secouer le prunier et de se poser des questions de fond pour trouver des solutions satisfaisantes, mais je t’avoue que j’ai du mal à me satisfaire des promesses et des belles histoires que l’on me raconte, d’un extrême à l’autre, tous candidats et tous partis confondus.

Aux deux bords on veut raser la baraque et repartir du niveau zéro. Au milieu, c’est la fête de la musique : tambourin écologiste, Le temps des cerises reprise 2017 par Les Frondeurs, dancefloor innovation system marching band, le Chœur de la garde républicaine, le pipeau souverainiste.

En gros, un peu partout en Europe c’est les gens du milieu (de l’hémicycle, n’exagérons rien) qui tiennent le manche, avec ou sans coalition et même si ce n’est pas la fête tous les jours, ça marchote pas si mal que ça dans le fond.

Là où je suis emmerdé, c’est quand je regarde ce que ça donne dans les pays où ce sont les partisans d’un bord extrême (peu importe lequel) qui ont remplacé au pouvoir les incapables qui dirigeaient le pays.

Les résultats ne sont pas fameux. Les espérances ont été déçues. La révolution bolivarienne a fait la fortune des dirigeants révolutionnaires et a ruiné le Venezuela qui était un pays riche, Dans les pays les plus autoritaires, les plus souverainistes et les plus sécuritaires, ça ne respire pas la joie et le bonheur non plus. Je n’échangerais pas un tabouret en France contre un fauteuil chez Poutine, ni en Hongrie, ni en Pologne. Les Autrichiens se sont fait peur avec le parti de la liberté de Norbert Hofer et ils ont prudemment élu un vieil écologiste aux dernières élections présidentielles.

Je te le dis tel que je le pense : les solutions radicales qu’on adopte sur un coup de sang, apportent rarement les résultats escomptés. La colère est mauvaise conseillère, comme dit un proverbe Ouzbek : Tourne sept fois ton bulletin dans ta poche avant de le glisser dans l’urne. »

C’EST QUOI LE PLAN ?

Pourtant c’est assez tentant et ça soulage de gueuler haut et fort : « Basta, ça suffit, on a assez rigolé comme ça. Ciao Bruxelles, adios Schengen, auf Wiedersehen l’euro, re-bonjour le franc. Maintenant on reprend le contrôle de nos frontières et on les ouvre quand on veut et à qui on veut. Les Allemands et les Grecs n’ont qu’à continuer à jouer à l’Europe sans nous. Nous, on se mijote notre popote comme on l’aime à la française Pour les restes, s’il y en a, on n’est pas des chiens, on verra ce qu’on peut faire. En France, on a une longue tradition de fille aînée de l’église, mais la France n’est pas un hospice de charité ouvert aux quatre vents. Et à tous ceux qui voudrait que ça change, on peut le dire les yeux dans les yeux : ce n’est pas demain la veille qu’on va massivement se convertir à l’islam et manger hallal. »

Cela paraît frappé au coin du bon sens, il n’y a pas besoin d’être polytechnicien pour comprendre et ça fait du bien de dire tout ça à voix haute, comme de lâcher un rot après un bon repas ou un juron après avoir reçu sa feuille d’impôts.

C’est à son évidence lumineuse, à la portée d’un enfant de cinq ans, qu’on reconnaît un discours démagogue. Quand on se sent intelligent sans aucune prise de tête, et qu’on ne l’aurait pas mieux dit nous-mêmes, c’est du populisme.

 » Paroles, paroles, paroles, paroles, paroles et encore des paroles  » chantait si bien Dalida. Le passage à l’acte c’est plus sérieux. Il faut élaborer un programme. Il faut trouver des réponses convaincantes à un tas de questions embarrassantes. Comment  peut-on mettre tout ça en route ? C’est là que ça se complique.

Une fois qu’on s’est craché dans les mains et qu’on attrape le manche, il reste encore à savoir par quel bout on attaque. C’est quoi le plan ? Qui fait quoi ? Où est-ce qu’on creuse ? Qui est-ce qui paie les travaux ?

IL N’Y A PAS DE SOUCIS POUR LE FINANCEMENT.

Cela me fait beaucoup penser à la rénovation d’un appartement. Au départ tu imagines l’appartement rêvé, puis tu deviens un peu plus réaliste, tu révises ton projet à la baisse, tu te fixes un budget à ne pas dépasser. Tu prévois une marge de sécurité de 50% parce que c’est sûr que ça va coincer et que ça va mordre dans le dépassement. Avec 50% tu penses être à l’abri des mauvaises surprises.

Quand tu jettes l’éponge, il reste encore plein de trucs imprévus à faire et ce n’est pas de 50% que tu as dépassé, c’est de 100%. Remarque, tu ne t’en sorts pas si mal, parce que s’il s’agissait de la construction d’un édifice public ou d’un réacteur nucléaire EPR de troisième génération, tu aurais déjà dépensé le triple, voire le quadruple du budget, sans même pouvoir prévoir la fin des travaux.

Les Allemands qui ne sont pas réputés pour leur côté poète frivole ou cigale désinvolte, viennent d’inaugurer à Hambourg une superbe salle de concert dont le coût final (785 millions d’euros) représente plus de dix fois le prix initial prévu (77 millions).

Alors quand un politique annonce qu’il a prévu le coût des mesures drastiques qu’il propose, et qu’il n’y a pas de soucis à se faire pour le financement, j’ai une alarme qui sonne.

Comme ils prétendent tous avoir fait leurs comptes en poussant après la virgule, et que leur nez s’allonge, je suis obligé de débrancher l’alarme et de ne plus prendre au sérieux ce qu’ils racontent. « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots… des paroles que tu sèmes au vent. » conclut Dalida qui en connaissait un rayon.

Sans surprise, plus les mesures proposées sont radicales, plus l’alarme sonne fort, jusqu’à devenir une sirène pour les projets les plus spectaculaires, ceux qui visent à impressionner les foules. Pas besoin d’être diplômé d’une grande école pour comprendre que plus cela se veut révolutionnaire plus le risque est grand qu’emporté par leur enthousiasme les concepteurs aient négligé des détails qui rapidement n’en seront plus. En général, les grains de sable oubliés dans la réforme deviennent des cailloux dans la chaussure, puis des boulets à trainer, avant de devenir des récifs sur lesquels la réforme se fracasse et le ministre avec.

L’illusion de la simplicité conduit à de grands naufrages.

En politique rien n’est simple et rien ne se déroule comme prévu. Et il n’y a pas qu’en politique que cela se vérifie. Quand on parle de l’avenir, simple est un mot dangereux. La vérité c’est que tout est toujours un peu plus compliqué que prévu.

AH, SI ON AVAIT SU.

Il n’y a qu’à voir les incertitudes qui pèsent sur les Anglais depuis qu’ils ont choisi la voie du Brexit. L’enthousiasme initial est vite retombé. A partir de maintenant, il faudra compter au minimum deux ans de négociations, avant de savoir comment ils vont sortir du bidule européen. Deux ans c’est très long quand on ne sait pas où on va, ni dans quel état on arrivera. Les impatients descendent avant l’arrêt complet des négociations. L’Angleterre s’éloignera-t-elle de nos côtes impérialement dans un panache de fumée blanche et un puissant sillage d’écume comme jadis le paquebot Queen Mary voguant vers l’Amérique, ou bien s’éloignera-t-elle des côtes de Calais, de nuit, à la rame, la moitié de l’équipage écopant énergiquement l’eau qui pénètre dans le fond du canot ? On ne le saura qu’à la fin du film. Pendant ce temps-là, personne ne peut dire à combien se montera l’addition, ni qui devra en payer le plus gros bout. Là aussi, il faudra attendre pour savoir.

Je me risque à faire une prédiction osée: les gros poissons british trouveront mille combines pour passer à travers les mailles du filet du Brexit, ce sont les maraîchers, les plombiers, les mercières et les chauffeurs de taxi auxquels on avait promis avec le Brexit, grandeur et fierté retrouvée, nouvelle prospérité et sécurité contrôlée, qui vont se manger le gros de la douloureuse.

J’en imagine qui regrettent de s’être emballé un peu vite et de n’avoir pas assez creusé le sujet avant d’aller voter.

Personnellement, si tu me proposes de fermer nos frontières, de sortir de l’Euro et de tourner le dos à l’Union Européenne pour jouer à Astérix, cela ne m’emballe pas beaucoup, surtout sans potion magique, sans gilet de sauvetage, sans parachute doré et sans assurance.

Côté USA, cela ne s’annonce pas non plus aussi simple, direct et joyeux qu’annoncé et promis à ses électeurs par Donald Trump.

Là aussi, je comprends la frustration et la colère d’une bonne partie de l’électorat américain. Ceux qui se sentaient ignorés et même méprisés depuis des années par les élites de la politique, des affaires et des médias, ne pouvaient pas être séduits par Hilary Clinton. Elle n’avait pas les qualités humaines ni les mots pour inspirer confiance et amour, sans parler du reste. Je vois bien en quoi Donald Trump, avec sa casquette rouge de camionneur, ses manières de macho beauf’ nouveau riche, sa façon de sortir des énormités déguisées en évidences, pouvait séduire tellement il rompait avec le style des gens en place.

C’était assez tentant comme slogan « L’Amérique d’abord » ou « Redonnons à l’Amérique sa grandeur » surtout quand on est un patriote de l’Amérique d’en bas et que l’Amérique d’en haut s’est complètement mondialisée, sans vous.

Mais les slogans ne sont que des slogans. Les plus courts étant les plus dangereux. Toujours cette foutue habitude de croire que tout peut être simple. « Y a plus qu’ à ». L’emballage était flatteur mais le mode d’emploi du programme de Trump manquait dans la boite. Il semblerait que Donald n’ait pas saisi la différence entre son talent à faire des affaires juteuses dans l’immobilier et le gouvernement compliqué d’un pays doté d’une constitution, de lois, d’un parlement, de sénateurs, et surtout confronté à de nombreux problèmes beaucoup plus complexes à résoudre que ne le pense le président.

ON VA EN PRENDRE POUR CINQ ANS MINIMUM.

Bref, c’est plus facile de promettre des grands changements que de les mener à bien. Et je ne regarde personne. Des promesses de rupture et de changement, on n’en a pas manqué ces dernières années en France. Mais à chaque fois tout a été compromis par les circonstances. Foutues circonstances !

Tout ça pour dire que si depuis cinq ans tu as pu sans risque manifester ta mauvaise humeur en votant pour les candidats Bleu Marine, ce coup-ci, ce n’est plus la même chose. Tout le monde, de gauche à droite et de bas en haut, a pigé qu’il y avait beaucoup trop de gens très mécontents pour que ça continue comme ça. Hollande et Sarkozy ont été dégagés, Juppé et Valls de même et ce n’est pas fini, va savoir. On n’a plus besoin d’un nouveau coup de gueule, d’un nouveau coup de poing sur la table, d’un nouveau coup de semonce. On a besoin de faire des choix judicieux.

L’heure est venue de se servir de toute son intelligence pour se prononcer sur le sérieux des solutions proposées par les uns et les autres. Pas seulement sur leur bonne gueule, leur sens de la répartie, leur appétit de pouvoir. Il va falloir étudier les programmes.

En vertu du principe de précaution qui incite à faire gaffe à ce dans quoi on se lance et à anticiper les conséquences de nos actes, il serait avisé de ne pas se contenter des shows politiques mis en scène pour la télévision, mais de passer plus de dix minutes au calme à étudier les différents programmes qu’on nous propose. Même ceux des candidats qu’on aimerait ne pas voir à la tête du pays, histoire d’avoir une idée de ce qui risque d’arriver, des fois que. Taillons et suçons nos crayons.

Le truc c’est d’étudier les programmes ou les propositions comme si c’était le choix d’un contrat de crédit et d’assurance que tu signais pour l’achat de ta prochaine maison. Le genre de document à éplucher dans le détail et où il ne faut pas oublier de lire même ce qui est écrit en petits caractères avant de signer. Rappelle-toi qu’on en prend au minimum pour cinq ans si ce n’est le double. Cela s’est déjà vu et même plus longtemps encore !

Il faut être vigilant avec les propositions les plus spectaculaires, « Méfiez-vous des offres trop alléchantes » comme on te le conseille sur leboncoin.fr. Il faut passer du temps sur les programmes qui proposent les plus grands changements. Même s’ils semblent évidents. Surtout s’ils semblent évident ! Peuvent-ils être appliqués ? Comment seront-ils financés, par qui ? Est-ce réaliste ? A-t-on bien évalué toutes les conséquences ? Qui s’y opposera ? Qui les mettra en place ? Et vu que nous ne sommes pas isolés du reste du monde sur notre île, comment réagiront nos partenaires ? Avec défiance ou avec bienveillance ? Qui seront nos meilleurs copains ? Et d’ailleurs face à ces mêmes problèmes, quelles solutions ont choisi nos voisins ? Tout est lié, même quand ça ne se voit pas. Tu tires sur une ficelle, tu n’as aucune idée des conséquences à l’autre bout du fil.

Depuis la nuit des temps on sait que l’histoire ne retourne jamais en arrière. Le passé ne reviendra jamais. Ce ne sera plus jamais comme avant. La nostalgie est un poison qui déforme le passé et fait croire à des mirages. L’âge d’or est une illusion qui  brille dans notre rétroviseur. L’âge d’or est toujours derrière, jamais devant. Demain on ne rasera pas gratis et celui qui travaille sera toujours plus fatigué que celui qui n’en fout pas une.

La démondialisation n’aura pas lieu. La mondialisation a gagné et il n’y a pas que des mauvais côtés. Ce qui a marché ici, hier, n’apporterait plus les mêmes résultats demain. Les temps changent. Ce ne sera plus jamais la première fois.

C’EST NOUS LES PATRONS.

On s’est déjà tous résigné, au moins une fois, à voter non pas pour soutenir un projet ou un candidat qui nous plaisait, mais au contraire, mais pour barrer la route à un autre projet ou un autre candidat dont on ne voulait surtout pas. Quand c’est comme ça, c’est la démocratie qui sombre dans la mauvaise politique.

Je ne recommencerai pas encore une fois. Je préfère voter pour, donner une chance à un projet, même sans grand enthousiasme, même sans grande conviction, même en pensant que c’est le moins mauvais choix, mais au moins voter pour quelque chose et plus contre.

Ce n’est pas ça la démocratie et la démocratie nous en sommes tous responsables. A nous de l’élever un peu plus haut en nous impliquant davantage. Je crois que ce coup-ci, il va falloir que l’on fasse un effort de lucidité, si l’on s’obstine à tirer la gueule et à rêver du temps jadis, cela va nous coûter très cher.

Si les choses ne marchent pas comme elles devraient en France, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas le représentant d’un parti de la bordure à l’Elysée (Marine Nationale ou Mélenchon l’Insoumis), c’est parce que nous continuons à croire aux solutions simplistes. Nous sommes des gaulois primitifs et paresseux, nous aimons la confrontation bloc contre bloc, le bras de fer comme à la taverne, plutôt que la négociation, l’entente ou la coalition. Oui, il y a des cons partout, dans tous les camps, mais ici et là il y a aussi quelques individus moins bornés, prêts à discuter, des fois qu’il en sorte quelque chose.

Les réformes c’est toujours inconfortable, mais on peut s’habituer. Mais chez nous, on ne veut pas s’habituer, on ne veut pas que les choses changent, on résiste comme un château de sable face à la marée. Les réformes nécessaires, les unes après les autres, d’où qu’elles viennent meurent asphyxiées dans l’œuf ou boitent car elles ont été amputées de ce qui aurait peut-être changé quelque chose. A tout prendre nous préférons maintenir un statu quo bancal pour pouvoir continuer à nous en plaindre. Tiens, la France me fait penser à un hypocondriaque qui refuse de se soigner parce que le sirop n’a pas un bon goût, qu’il ne supporte pas les suppositoires, que son beau-frère a souffert de troubles gastriques en prenant ce médicament etc.

Cette fois-ci, ne soyons ni naïfs, ni impulsifs. Il y a vraiment fort peu de chances pour qu’un parti venu des lisières du champ électoral remporte l’élection présidentielle, ni les législatives. Au lieu de se dire : « Ce coup-ci, on a mieux perdu qu’au coup d’avant… » pourquoi ne pas essayer de faire avancer le schmilblick ?

Bousculons tous les candidats s’il le faut, au lieu de boire leurs paroles ou de les conspuer. Imposons nos questions, questionnons leur programme, soyons exigeants sur leur réponse, mais écoutons-les, participons au débat le plus large. Réapprenons à être des républicains et des démocrates.

C’est le peuple qui fait les gouvernements. C’est le peuple le patron. C’est nous qui sommes les premiers responsables si nous mettons en place des incapables ou des combinards.

On ne le répètera jamais assez souvent, nous n’avons aucune excuse : « La démocratie est le système qui nous assure de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons. » G.B. Shaw

« Nous sommes tous d’honnêtes gens, embrassons-nous et que ça finisse. »

Honoré Daumier (1834)

Selon le prochain numéro de « La Pintade entravée », un hebdomadaire qui n’en est pas à ses premières révélations et dont on sait combien les sources quoique souvent ténébreuses sont sérieuses, Antilope Spinner – la sœur cadette de Penelope Frissons, figurerait dans les archives du célèbre cabinet d’avocat panaméen Micmack Fedugra comme actionnaire principale de la Société de bienfaisance Forthright & Trustworthy au capital de 20 millions de dollars dont la gérante n’est autre qu’ Angélique de la Vertucelle , l’épouse et associée en affaires de Guy Lapoche de Monbénard.

On se souviendra que Penelope Tissons, outre sa dévotion discrète, perpétuelle et sans limite, à la carrière de son époux, exerça moyennant espèces fort sonnantes et très bûchantes une activité de scribe de premier rang dans une des filiales littéraires du groupe G.L.M., la Revue des Deux Boules . Rappelons que François Frissons après avoir été ministre de la rectitude fut le conseil en stratégie de son ami personnel Guy Lapoche de Monbénard  auquel il remit de la mano à la palucha peu de temps après, le titre convoité de Grand Chevalier du Cordon de l’Ordre de la Probité et du Mérite National.

Pressé de répondre par les célèbres journalistes investigateurs en profondeur du grand journal du soir et source de référence « L’Univers », Fabrice Lemec et Gérard Navet, le candidat néo-républicain à la présidence de l’Hexagone a déclaré : « Je n’ai rien à dire, ce ne sont que de méprisables affabulations allégatoires sexistes et mensongères insinuées par une presse rance aussi abjecte que répugnante qui fait le jeu de Marinette La Poule, je ne m’abaisserai pas à répondre et de toute façon, cucurrucucu paloma !,  c’est légal. »

Le Martyr d’Honneste François.

Grand drame ce fut en ce début d’année 2017. Honneste François qui voulut sauver la France de l’effondrement, de la honte et de la ruine provoqués par des décennies de corruption et d’incurie  fut publiquement écartelé vivant par la conjuration diabolique des médias socialo-communistes : le Canard Enchaîné, Médiapart, Le Parisien, Le Monde. Observez la furie des journalistes vendus à la surenchère des média-sociaux.

Au centre le poignard brandi de France Télévision à la solde des infidèles prêt à donner le coup de grâce au martyr. Honneste François dit le Probe ou le Déonte, n’abjura jamais ses convictions, Honnête François alla même jusqu’à s’excuser auprès du peuple de France pour avoir, comme il en avait pourtant le droit, pris du fromage avant le dessert,  aux frais de la République qu’il servait justement avec dévotion, abnégation et grande ardeur.

HOME. UN POÈME DE WARSAN SHIRE

Traduction en français, par le Boojum, plus bas.

HOME

by Warsan Shire. Warsan Shire is a 24 year old Kenyan-born Somali poet, writer and educator based in London.

no one leaves home unless
home is the mouth of a shark
you only run for the border
when you see the whole city running as well

your neighbors running faster than you
breath bloody in their throats
the boy you went to school with
who kissed you dizzy behind the old tin factory
is holding a gun bigger than his body
you only leave home
when home won’t let you stay.

no one leaves home unless home chases you
fire under feet
hot blood in your belly
it’s not something you ever thought of doing
until the blade burnt threats into
your neck
and even then you carried the anthem under
your breath
only tearing up your passport in an airport toilets
sobbing as each mouthful of paper
made it clear that you wouldn’t be going back.

you have to understand,
that no one puts their children in a boat
unless the water is safer than the land
no one burns their palms
under trains
beneath carriages
no one spends days and nights in the stomach of a truck
feeding on newspaper unless the miles travelled
means something more than journey.
no one crawls under fences
no one wants to be beaten
pitied

no one chooses refugee camps
or strip searches where your
body is left aching
or prison,
because prison is safer
than a city of fire
and one prison guard
in the night
is better than a truckload
of men who look like your father
no one could take it
no one could stomach it
no one skin would be tough enough

the
go home blacks
refugees
dirty immigrants
asylum seekers
sucking our country dry
niggers with their hands out
they smell strange
savage
messed up their country and now they want
to mess ours up
how do the words
the dirty looks
roll off your backs
maybe because the blow is softer
than a limb torn off

or the words are more tender
than fourteen men between
your legs
or the insults are easier
to swallow
than rubble
than bone
than your child body
in pieces.
i want to go home,
but home is the mouth of a shark
home is the barrel of the gun
and no one would leave home
unless home chased you to the shore
unless home told you
to quicken your legs
leave your clothes behind
crawl through the desert
wade through the oceans
drown
save
be hunger
beg
forget pride
your survival is more important

no one leaves home until home is a sweaty voice in your ear
saying-
leave,
run away from me now
i dont know what i’ve become
but i know that anywhere
is safer than here.

 

HOME

Personne ne quitte sa maison

A moins d’habiter dans la gueule d’un requin

Tu ne t’enfuis vers la frontière

Que lorsque toute la ville s’enfuit comme toi.

Tes voisins courent plus vite que toi

Le goût du sang dans la gorge

Celui qui t’a embrassé à perdre haleine

Derrière la vieille ferronnerie

Traine un fusil plus grand que lui

Tu ne quittes ta maison

Que quand ta maison ne te permet plus de rester.

Personne ne quitte sa maison

A moins que sa maison ne le chasse

Le feu sous les pieds

Le sang qui bouillonne dans le ventre

Tu n’y avais jamais pensé

Jusqu’à sentir les menaces brulantes de la lame

Contre ton cou

Et même alors tu conservais l’hymne national

A portée de souffle

Ce n’est que quand tu as déchiré ton passeport

Dans les toilettes d’un aéroport

En t’étranglant à chaque bouchée de papier

Que tu as su que tu ne reviendrais plus.

Il faut que tu comprennes,

Que personne ne pousse ses enfants dans un bateau

A moins que la mer te semble plus sûre que la terre

Personne ne brule ses paumes

Suspendu à un train

Accroché sous un wagon

Personne ne passe des jours et des nuits dans le ventre d’un camion

Avec rien à bouffer que du papier journal

A moins que chaque kilomètre parcouru

Compte plus qu’un simple voyage.

Personne ne rampe sous des barrières

Personne ne veut être battu

Ni recevoir de la pitié

Personne ne choisit les camps de réfugiés

Ni les fouilles à nu

Qui laissent ton corps brisé

Ni la prison

Mais la prison est plus sûre

Qu’une ville en feu

Et un seul garde

Dans la nuit

C’est mieux que tout un camion

De types qui ressemblent à ton père

Personne ne peut le supporter

Personne ne peut digérer ça

Aucune peau n’est assez tannée pour ça

Alors tous les :

A la porte les réfugiés noirs

Sales immigrants

Demandeurs d’asile

Qui sucent le sang de notre pays

Nègres mendiants

Qui sentent le bizarre

Et le sauvage

Ils ont foutu la merde dans leur propre pays

Et maintenant ils veulent

Foutre en l’air le notre

Tous ces mots-là

Ces regards haineux

Ils nous glissent dessus

Parce que leurs coups

Sont beaucoup plus doux

Que de se faire arracher un membre.

Ou les mots sont plus tendres

Que quatorze types entre tes jambes

Et les insultes sont plus faciles

A avaler

Que les gravats

Que les morceaux d’os

Que ton corps d’enfant

Mis en pièces.

Je veux rentrer à la maison

Mais ma maison est la gueule d’un requin

Ma maison est le canon d’un fusil

Et personne ne voudrait quitter sa maison

A moins d’en être chassé jusqu’au rivage

A moins que ta propre maison te dise

Cours plus vite

Laisse tes vêtements derrière toi

Rampe dans le désert

Patauge dans les océans

Noie-toi

Sauve-toi

Meurs de faim

Mendie

Oublie ta fierté

Ta survie importe plus que tout.

Personne ne quitte sa maison

A moins que ta maison ne chuchote grassement à ton oreille

Pars

Fuis moi

Je ne sais pas ce que je suis devenue

Mais je sais que n’importe où

Vaut mieux qu’ici.

LA VERITÉ DE LENI.

Le post sous la photo, date du 26 Janvier de l’année dernière.  Je le republie avec un peu de retard.

MISE À JOUR DU 30 JANVIER 2017

Les cérémonies (?) commémoratives du 71e anniversaire de la libération d’Auschwitz (Holocaust Memorial Day pour les Britanniques) n’ont pas marqué les esprits cette année. Il faut dire que l’actualité était bien remplie par ailleurs.

A noter toutefois qu’aux Etats-Unis le président Donald Trump s’est distingué en faisant à cette occasion une déclaration de 117 mots parmi lesquels ne figurent ni le mot « Juif » ni le mot anti-sémitisme ». Les observateurs les plus attentifs remarqueront qu’il a choisi ce même 27 Janvier,  Holocaust Memorial Day, pour signer son décret interdisant pendant 90 jours le sol américain aux citoyens de sept pays à majorité musulmane et fermant totalement la porte aux réfugiés Syriens par la même occasion.

Interrogé, le Chief of Staff, Lance Priebus, a déclaré qu’il ne voyait pas où était le problème. Il a ajouté : « Tout le monde a beaucoup souffert de l’Holocauste et cela inclut bien entendu les Juifs qui ont été affectés par le déroulement de ce déplorable  génocide , c’est là quelque chose que nous considérons comme extrêmement triste. » (Traduction de l’Homme à la cloche).

Ben oui, en effet, il n’a pas complètement tort, il y a eu beaucoup de souffrance dans cette malheureuse histoire d’Holocauste, les Juifs ont été vachement affectés par ce regrettable génocide et du coup on est tous très triste quand on y pense, une fois par an. 

Comme d’habitude il y a des ronchons qui trouvent que merde, tout de même, c’est léger comme déclaration, c’est « service minimum ». Et qui rappellent avec leur mauvaise foi coutumière que le grand Barack Obama lui, l’année dernière, avait déclaré : « Nous sommes tous Juifs » et il avait même mis en garde contre la montée de l’anti-sémitisme. Ouais bon. D’accord, c’est mieux.

Leni

Le 27 janvier vont se dérouler des cérémonies commémoratives du 70ème anniversaire de la libération d’Auschwitz et elle aurait été furieuse.

Je dois expliquer pourquoi. Je lui dois ça. Ce fut son dernier combat. Son ultime devoir de mémoire. Elle l’a mené pendant 60 ans, jusqu’en 2005. Pendant des années, elle a écrit avec courage et détermination des lettres aux journaux et aux institutions mémorielles. Elle a dit qui elle était, fourni son numéro matricule, indiqué des dates, nommé des lieux, raconté ce qu’elle a vu, ce qu’elle a noté, ce qu’elle savait. Elle donnait des preuves, citait des témoignages incontestables. Elle dénonçait un honteux mensonge international et consensuel. Un mensonge qui arrangeait tout le monde, un mensonge qui permettait de commémorer la « libération » d’Auschwitz en paix avec la conscience tranquille.

Mais ce que l’on racontait n’était pas la vérité. Ce qui se passait à Auschwitz était bien connu, mais n’a jamais constitué une priorité pour les Alliés, Auschwitz n’a  été « libéré » par personne. Quand les soldats de l’Armée Rouge ont atteint Oswiecim, ils ignoraient ce qu’ils allaient découvrir. Ils n’avaient reçu aucune consigne (Ceci est confirmé par les mémoires du Gl. Petrenko lui-même, dit « le libérateur » d’Auschwitz). Il n’y a pas matière à célébration ni à congratulations. Auschwitz a été abandonné par ses gardiens et ses kapos. La température mi-janvier 1945 était de – 25°. Il ne restait plus dans le camp que des agonisants et des malades intransportables. Le camp avait déjà été vidé et évacué par tous ceux qui étaient encore en état de voyager ou de marcher. 50 000 personnes environ. Elle, elle avait surtout marché, en longue colonne de femmes, puis en wagons à bestiaux découverts pour contourner Berlin, et ainsi de suite, 1 300 km vers le Nord, jusqu’à Ravensbrück d’abord, puis enfin Malchow, toujours dans le Mecklembourg. Et leur marche s’arrêta lorsqu’elles furent abandonnées sans eau et sans nourriture par leurs gardes SS et enfin rattrapées par l’Armée Rouge.

Elle a survécu, mais elle n’a pas été écoutée sur la fin de son histoire. Elle a perdu sa dernière bataille. Elle dérangeait avec son histoire de non-libération d’Auschwitz. On la remerciait pour tous ses témoignages antérieurs, mais on osait presque lui suggérer de ne pas insister inutilement  sur la non-libération d’Auschwitz au nom du symbole et de la noblesse d’ensemble de la cause du « plus jamais ça . Il ne fallait pas qu’elle compromette un grand dessein mémoriel en s’attardant somme toute sur des détails désormais sans importance. L’important, elle devait le comprendre, n’était pas l’exactitude pointilleuse du passé, d’ailleurs qu’est-ce que l’exactitude ?, mais la tâche que nous réservait l’avenir, la transmission, le devoir de mémoire, etc.

Elle n’était pas d’accord. A ses yeux, le fait que les déportés d’Auschwitz ait été consciemment abandonnés à leur sort par les Alliés jusqu’au tout dernier jour devait être inlassablement répété, car si l’on ignore cela, la leçon et la morale de l’histoire demeurent dangereusement incomplètes.

Juifs ou pas, vous pouvez parfaitement appeler au secours jusqu’à l’agonie sans déclencher plus qu ’une impuissance navrée. Cela fut démontré, encore et encore. Elle pensait que c’était utile de faire part de son expérience pour l’édification des générations futures.

Elle s’appelait Leni. Je l’ai cru. C’était ma mère.

Mathura kidnappers accept online payments

Mathura, 2017.01.07 (From The Times of India)

Prime Minister Narendra Modi might be pushing for a digital platform for monetary transactions today, but criminals in areas bordering Rajasthan and Uttar Pradesh have been using online platforms to run their empires.

They abduct unsuspecting businessmen from other states and receive ransom through online platforms. Since the victims seldom lodge complaints with UP police, they continue to run their operations despite leaving behind online traces of  such transactions.

The modus operandi of the criminals came to the fore with the abduction of 26-year-old resident of Indore, Harish Chouhan. After being released by abductors after recieving ransom through a PayTM account, Chouhan reached Indore from Mathura in Thursday, narrating a horrific tale.

The District Secretary of Police for the Goverdhan area in Mathura (UP), Awneesh Kumar told TOI, “Several similar cases have come forward in the past few months. The victims seldom lodge complaints with us.”

The villagers call potential victims from different states and tell them that they are building a college near Mathura for which they require certain things like CCTV cameras, refrigerators or air conditioners, he said, adding that after the victim reaches Mathura, he is ushered to a secluded place in the village where he is held captive and a ransom call is made to his family members.

Kumar said that the UP police have been running awareness drives, but people still fall into the trap. “This is happening mostly because the victims are from different states and so they don’t know anything about the villagers here. They are lured by them into catchy business proposals and they come here,” he said.

The victims are so relieved after being freed from the clutches of the abductors that they flee the area and reach their city without registering any complaint at the police station, thus giving the abductors an upper hand.

“It is also very difficult to trace the accused without any physical evidence. We keep on beating around the bush and the accused get away,” Kumar said.

Chouhan, who feels lucky to have been let go, claimed that he had been taken to a village by the abductors where all the locals were involved in kidnapping and extorting money from strangers.

He said that during his brief stay in the village, he saw that there were already several people who were kept in captivity and the accused were making ransom calls to get money from their kin.
“They also said that they thrash everyone but since I cooperated with them and gave them everything I had, they did not beat me up,” said Harish while talking to TOI.
He added that though he was not able to remember the name of the village, It was under the jurisdiction of Goverdhan police station.