The kids are allright.

Les mineurs représentent 22% de la population française, mais seulement 9,5% des personnes impliquées dans des affaires pénales (chiffres 2013).

Les mineurs de 10-17 ans impliqués dans une affaire pénale représentent seulement 3,6% de la population des 10-17 ans (234 000 sur 6,5 millions, chiffres 2013).

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« N’adhérez jamais » George Braque, « Désenlisez-vous de l’adhérence » François Jullien.

vivre-en-existantTrekking philosophique en altitude pour randonneurs chevronnés. Quelques passages abrupts et glissants en face Nord sollicitent toute l’attention vigilante du lecteur qui évitera d’attaquer ces pages entre chien et loup ou quand le neurone est au bord de la crampe.
Mais « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » (Le Cid, acte 2, scène 2) et comme toujours avec François Jullien, quelle satisfaction quand on est parvenu à la dernière page ! L’initié rajoutera avec profit EX-ISTER, et les paradigmes L’ESSOR / L’ETAL, L’AMORCE / LA RESORPTION et quelques autres. dans sa boite à ouvrage.

 

 

 

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Plus léger, frais et fluide, presque poétique et émouvant mais non moins passionnant,  le tout récent opuscule (une centaine de pages) : « Près d’elle.  Présence opaque, présence intime », du même auteur très en verve.

L’ISLAM ET MOI.

Cela fait un moment que j’essaie de ne pas écrire ce post.

Je ne me fais pas totalement confiance. Je sens bien que je suis pris dans le mouvement, je n’ai pas le recul du singe chinois assis au sommet de la montagne qui brandit son bâton d’or tandis que les tigres s’affrontent dans la plaine. Mais je n’aime pas non plus l’idée de l’autocensure, pire : la peur de ne pas être politiquement correct. Vous êtes prévenus.

D’OÙ JE CAUSE

Je suis français. Je pense que la France d’aujourd’hui s’est en effet construite sur un socle gréco-latin et judéo-chrétien sur lequel se sont agrégés différents peuples au fil des siècles.  Je ne suis pas croyant. Je suis athée. Je considère que toutes les religions sont par définition porteuses d’obscurantisme et d’intolérance, toutes les religions abaissent et répriment les femmes. La plupart ont sans doute connu un âge d’or, mais depuis les temps modernes, leurs mérites ne me semblent que très secondaires au regard de leurs travers. Toutes les religions doivent donc être scrupuleusement maintenues à distance des affaires de l’état et de la nation car leur tendance à vouloir s’infiltrer par toutes les brèches est historiquement bien connue. Il n’y a pas plus politiques que les religions.

Je me sens désormais aussi loin de ma gauche natale que de la droite libérale.  Je vis tranquillement dans le centre d’une grande métropole du Sud qui compte  – à la louche car pas de statistiques ethniques, une forte population musulmane visible (mettons 1/4). Ceci dit, la pratique religieuse de mes voisins m’indiffère, aussi longtemps qu’elle n’interfère pas trop avec mon existence.

LE BONHEUR ETAIT DANS L’IGNORANCE

Il y a quelques années, je ne savais rien de l’islam, de ses schismes et subtilités complexes, je m’en foutais d’ailleurs complètement, comme de toutes les religions, du christianisme, du judaïsme, de l’hindouisme, du bouddhisme etc.  Je vivais très bien dans mon ignorance. Je n’accordais pas plus d’intérêt à l’islam qu’au cricket, au bridge ou à la pêche à la ligne, toutes choses qui comptent pourtant de nombreux adeptes lesquels vivent relativement en paix.

Je ne crois pas au choc des civilisations, mais je crois aux conflits des cultures.

L’OVERDOSE DE GALIMATIAS

Je dois maintenant avoir lu quelques milliers de pages et entendu des douzaines d’heures de débats, si ce n’est plus, à propos de l’islam en France, l’islam et la démocratie, l’islam et la république, l’islam et la caricature, l’islam et l’immigration, l’islam et le terrorisme, l’islam et les femmes, l’islam et la jeunesse, l’islam et le foot, l’islam et l’antisémitisme, l’islam et les banlieues, l’islam et la gauche, l’islam et la droite, l’islam et le FN, l’islam ses courants et ses divisions,  l’islam et l’islamophobie et j’en oublie certainement.

Il n’y a pas un universitaire, un expert, un éditorialiste, un philosophe, un sociologue, un intellectuel, un blogueur savant, s’étant doctement exprimé sur l’islam depuis sa chaire, son laboratoire, son bureau, sa maison de campagne, qui soit resté dans l’ombre médiatique. Les médias sont avides de spécialistes. L’islam fournit une chance unique d’émettre un avis, d’être lu, écouté, repéré, cité. J’ai bouffé sans joie et sans grand appétit l’essentiel des analyses, convictions, certitudes, bref le grand tout et le n’importe quoi de ce qu’ils avaient tous à dire.

Ce n’est pas un thème de réflexions que j’ai choisi. C’est un thème qui m’a été imposé, de façon envahissante et de plus en plus obsédante par l’actualité et donc les médias. Impossible de passer à travers le déluge.

Il y a quelques années je considérais encore l’islam comme une sorte de vieux volcan érodé lâchant de temps à autre quelques fumerolles pour se rappeler à l’attention générale, mais pas plus menaçant que ça. En tous cas pour nous autres occidentaux. Aujourd’hui la fumée islamique me fait tousser tous les jours. Et je ne pense pas que cela soit moi qui sans raison ai développé cette vilaine  irritation en voie de devenir une allergie chronique  si ce n’est pire encore.

L’ISLAM POUSSE LE PIED DANS MA PORTE

Au fil de quelques années seulement, moi qui ne suis ni une femme, ni musulman, j’ai été obligé me poser la question de la condition spécifique de la femme musulmane dans une société laïque et républicaine. J’ai été sommé de réfléchir à la question du port du voile par les femmes musulmanes alors que cela ne m’intéressait pas particulièrement. Où, qui, quand, comment et pourquoi peuvent-elles, doivent-elles porter le voile ? De quoi le voile est-il le symbole ? Que signifie le port du voile ? Quand est-ce naturel et sans problème, quand est-ce tout juste acceptable, quand est-ce absolument hors de question ? Quand je dis voile, je ne fais qu’effleurer le sujet, j’ai du bien entendu d’abord m’initier aux différences entre le hijab, le tchador et la burqa.

Et pourquoi hier y avait-il si peu de voiles et pourquoi aujourd’hui y en a t-il autant ? Et pourquoi hier, ne pas porter le voile était un signe d’émancipation et pourquoi aujourd’hui, porter le voile est un signe de contestation au moins autant que d’adhésion ? Et d’adhésion à quoi au juste ? Est-ce culturel ou cultuel ? Et de contestation de quoi au juste ? S’agit-il de tester les limites, la résistance de la laïcité ?

Mis à part quelques courageuses grandes gueules féministes d’une part, quelques bigotes et quelques Facebook starlettes de l’autre, c’était le grand silence chez les intéressées. Prudence et circonspection. L’écrasante majorité des femmes musulmanes n’avaient rien à dire et pas d’opinion sur la question. La majorité est toujours silencieuse. Mais pas les grandes consciences qui se sont déchaînées dans les tribunes libres à gauche comme à droite.

Les médias,toujours eux, m’ont également forcé à m’intéresser aux différences entre chiites et sunnites, wahhabites, salafistes, frères musulmans, islamistes radicaux et djihadistes. Qui veut la charia, qui lance des fatwas…

A longueur de débats télévisés on se renvoyait des citations du coran. Que dit exactement le coran ? Que disent les hadiths (parce qu’il a fallu que j’apprenne qu’il y avait aussi des hadiths…) ? Comme si cela avait une quelconque importance en 2016 en France !

Autre sujet capital : qu’est-ce qui relève du religieux, du cultuel et qu’est-ce qui relève du culturel ? Car l’islam n’est pas seulement une religion… Aucune religion n’est seulement une religion, toutes les religions débordent largement loin de la foi.

Le danger était à nos portes. Alerte orange. alerte rouge. On nommait la menace, terroriste, ou djihadiste, ou la menace salafiste, ou la menace islamiste, il y avait des désaccords et des nuances qu’il fallait absolument saisir. Je prenais des notes.

Fallait-il intervenir en Irak ? Fallait-il intervenir en Afghanistan ? Fallait-il intervenir en Libye ? Fallait-il intervenir au Mali ? Fallait-il intervenir en Syrie ? Ne fallait-il surtout pas intervenir ici, mais là c’était légitime. Ici, on n’était pas intervenus, mais on aurait du. Je prenais des notes. Et pourquoi l’islam fleurit-il comme le shit dans les quartiers ? Qui sont les djihadistes français ? Qui sont les terroristes islamistes qui commettent des attentats en France et pourquoi, bien qu’ils se réclament de l’islam, il ne faut surtout pas les assimiler aux musulmans de France ?

Depuis plusieurs années, je ne peux pas ouvrir un journal, allumer la radio, un téléviseur ou un ordinateur sans que l’on me parle immédiatement de l’islam.

Sans rentrer dans des nuances subtiles, une première impression qui se dégage est que c’est saoulant ces salades islamiques qui s’invitent dans mon quotidien, tous ces types qui s’entretuent massivement à nos portes et s’efforcent d’importer leurs histoires chez nous. Fait chier grave, l’islam. L’islam c’est un peu comme un voisin beaucoup trop bruyant qui ne nous épargne aucune scène de ménage et déborde sans se gêner dans les parties communes de la copropriété.

FEU SUR LA LAÏCITÉ !

Mais il ne faut surtout pas le critiquer car il est hyper susceptible. Associer quoique ce soit de déplaisant à l’islam et donc du coup aux musulmans, c’est faire de l’amalgame humiliant et de l’islamophobie inacceptable. Le bordel islamique n’a rien à voir avec l’islam authentique. Faut le croire sur parole. Qu’on se le dise.

Un nouveau mot est brusquement apparu en même temps qu’ « islamophobe » : « laïcard ».

L’islamophobe est décrit non seulement comme un raciste, xénophobe, mais surtout comme un laïcard fanatique. Autrement dit un intégriste de la laïcité qu’il dénature par son intransigeance dogmatique. Le laïcard est l’exact symétrique de l’intégriste islamiste. Le laïcard, ce communard dévoyé, ce fils de bouffeur de curés, se tient à la bordure du djihadisme républicain et il n’en faudrait pas beaucoup paraît-il pour qu’il devienne un milicien fasciste.

Malgré l’énormité de la charge, le terme a pris et je connais des gens d’ordinaire pondérés, poly-diplômés et certifiés de gauche qui au nom de la sacro-sainte « tolérance » et de l’impératif catégorique du merveilleux « vivre ensemble » (retour du fantasme hippie et nostalgie des lendemains qui chantent dans le paradis communiste ?) conspuent et flétrissent les laïcards, ces ayatollahs (cela a été dit et même écrit !) de la laïcité qui stigmatisent et instrumentalisent l’islam et les musulmans. Aujourd’hui encore je découvre que dans un journal de gauche un philosophe althussérien historique, dénonce la montée de dérives de « laïcité identitaire » et de « communautarisme d’état ».

C’est tellement grossier et con comme analyse que j’ai l’impression de lire la Pravda de 1936 lors des procès de Moscou.

TOUTES EN BURKINI™ !

Tous les jours des nouveaux chapitres viennent s’ajouter à la saga de l’islam en France (« Plus musulmane la vie… »)

Après 236 morts et je ne sais combien de blessés de toute nature en l’espace de 18 mois, revendiqués certes par des terroristes, mais au nom de l’islam, le sujet brulant de l’été a été celui du port du burkini™ sur les plages françaises.

Soyons immédiatement clair : rien ne peut interdire à quiconque de s’habiller comme il l’entend, pour autant que…. l’ordre public. C’est le pour autant que qui complique les choses et il faudrait préciser ce que l’on entend par ordre public ?

Il n’empêche que l’arrivée fortement médiatisée et commentée de femmes musulmanes (quelques dizaines) portant le fameux burkini™ ou de grossières imitations sur les plages des Alpes Maritimes et du Var, si peu de temps après l’horreur du 14 juillet à Nice a suscité chez certains non pas de la joie à l’idée de les voir pouvoir enfin se baigner, mais plutôt de mauvaises pensées, immédiatement nourries et encouragées par les politiciens du cru qui ne veulent pas être dépassés par la musique.

A mes yeux, le burkini™ a tout du coup de marketing bien monté. L’islam a du vent dans les voiles (je sais, mais tant pis, j’assume) autant en profiter. Une petite maline australienne récupère un modèle de pyjama ringard refusé par les acheteurs de H&M. Elle rajoute une capuche ajustée, trouve un nom absurde associant burqa et bikini (le meilleur des deux mondes…) demande à son beau-frère de faire quelques photos de copines en burkini™ sautillant sur une plage, façon Dim 1980 et elle se pose en libératrice du corps et de l’esprit de la femme musulmane, mais pas que. Grâce au burkini™ la femme musulmane pourra enfin aller se baigner sans violer les strictes règles coraniques qui lui ordonnent de soigneusement cacher son corps impur à la vue des hommes.

Il semblerait, si l’on en croit le coran, qu’un répugnant cochon ne sommeille que d’un œil caché dans le corps pur de chaque mâle musulman, un cochon toujours prêt à bondir  pour s’accoupler, un cochon que les honnêtes femmes ne doivent surtout pas réveiller.

Pire encore, c’est un immonde sanglier frappé de priapisme qui habite le corps des croisés païens libidineux. Celui-ci est toujours à l’affut du moindre centimètre carré de la chair d’une musulmane innocente pour déchaîner ses appétits ignobles.

Couvrez-vous, mais couvrez-vous coquettement mes sœurs ! Le burkini™ libérateur est arrivé.

Un burkini™ qui facilite mais ne conteste en rien l’obligation faite aux femmes musulmanes de se couvrir intégralement en public m’apparaît comme aussi libérateur que l’apparition de burqas en liberty, en chintz ou en vichy.

La connerie humaine étant ce qu’elle est, le burkini™ s’envole aussitôt sur Facebook, traverse comme une fusée les médias sociaux, est récupéré au vol par les médias avides de gras et est enfin ramassé par les politiques affamés de popularité qui n’ont pas peur de se baisser pour faire leur choux gras.

On manquait de sujets d’été pour les magazines depuis que le numéro spécial annuel « Le sexe fait-il vendre ? » ne se vend plus et que le débat sur les seins nus sur les plages n’intéresse plus personne.

C’est vrai qu’on ne mate plus autant qu’avant. Le mâle français est gavé de photos de jeunes super nibards gaillardement dopés et retouchés puis exposés en affiche, en double-page, dans la pub, au cinéma, à la télé et à jet continu sur internet.  Du coup le beauf inculte poilu des plages est repu dans ses appétits de voyeurisme mammaire et ne lève même plus la paupière sur les pauvres nichons biologiques de plus en plus épisodiquement exposés au soleil sur nos plages.

L’opportunité offerte par l’arrivée soudaine du burkini™, nouveau maillot de bain intégral à destination des femmes musulmanes, mais pas que, c’est du pain béni pour le buzz national et international.

Nouveau concept : Désormais c’est tendance de se couvrir. Le sujet est en or. On va pouvoir s’en payer une tranche.

Le burkini™ aliène-t-il ou libère-t-il la femme musulmane ?

Le burkini™ aliène-t-il ou libère-t-il la femme ?

Le burkini™ est-il un signe religieux ostentatoire ?

Le burkini™ est-il une nouvelle provocation islamiste ?

Le burkini™ doit-il être toléré ou interdit ?

Par décret ou bien faut-il une loi ?

L’interdiction du port du burkini™ est-elle légale ?

Que pensez-vous de la décision du Conseil d’Etat à propos du burkini™ ?

La gauche doit-elle défendre le droit au burkini™ ou au contraire en interdire le port ? Quelle position fait le moins le jeu du FN ?

Le point de vue des observateurs assermentés de l’étranger : « La France est-elle vraiment devenue raciste, sexiste, xénophobe et islamophobe ? » Réponse unanime des anglo-saxons : « Oui ! La laïcité – le sécularisme- à la française, ça pue, la France coule, la France sombre, la France n’est plus la France, etc.  »

Remettez-nous un coup de French bashing, on adore ça, tout ce qui ne nous tue pas nous renforce dans notre singularité.

Dans l’affaire du burkini™, comme dans tout ce qui de près ou de loin touche à la place de l’islam dans l’espace public, il y a deux camps bien tranchés et une dangereuse voie médiane on ne peut plus étroite qui peine à se faire entendre.

A ma droite, il y a un ramassis de néo-crypto fascistes, laïcards identitaires, marinistes xénophobes, sarkozistes karcherisés, finkielkrautiens trouillards, vallsistes postillonnants qui croient et défendent une identité française ! Leur programme est peu ou prou le symétrique de celui du Hamas : il faut rejeter tous les musulmans à la mer. A ma droite, c’est l’axe du mal.

A ma gauche, la gauche du cœur, la gauche « peace-and-love-why-can’t-we-live-together ? » ou « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » à laquelle s’agrègent les alter-droits-de-l’hommistes inconditionnels, les sociaux-multiculturalistes universels, les laïques repentis, les occidentaux honteux, les anti néocolonialistes viscéraux, quelques groupuscules trotsko-pro-palestiniens canal historique, les archéo-gauchistes antisionistes-antisémites sans oublier les religieux oecuméniques, Edwy Plenel et Joffrin en maillot de bain intégral et j’en oublie.

A ma gauche, c’est le camp de l’amour et du bien. C’est le camp des éternels tendeurs de joue gauche, le camp des « il est interdit d’interdire », celui de l’ouverture sans condition aux autres et de la tolérance intégrale : »Fais comme chez toi, ma maison est ta maison, on est tous des frères et qu’est-ce que ça peut bien me foutre que tes femmes se baignent en cosmonaute islamique pendant que tu es au bistrot si ça te fait plaisir ? »

Je force à peine le trait. Chacun se situera comme il l’entend.

C’EST ENTIEREMENT DE NOTRE FAUTE

Et cet exhibitionnisme identitaire chez une frange de musulmans mécontents de la France, ce serait de ma faute à moi le laïcard. De notre faute à nous les électeurs de la gauche sociale libérale et de la droite conservatrice. La faute de la République indécrottablement néo-coloniale. Parce que nous n’avons pas réussi l’intégration. Parce que nous avons humilié sans relâche les musulmans sans jamais nous excuser. Parce que nous nous sommes comportés depuis des décennies de façon hypocrite, raciste, xénophobe, etc. Parce que nous avons peur de l’autre, peur de la société multiculturelle etc. Parce que nous avons délibérément pratiqué une ségrégation ethnico-religieuse, favorisé la démission parentale, l’échec scolaire, le chômage, le contrôle au faciès, la multiplication des zones de non-droit, la justice à la tête du client, le carcéral indigne, etc. Parce que nous ne cessons de mener des guerres pétrolières sous de faux prétextes humanitaires,  tout en protégeant les régimes répressifs de dictateurs sanguinaires.

Bref, un tas de fumier typiquement français, un terreau pourri sur lequel des imams d’importation n’ont eu aucun mal à récolter les fruits de notre incurie. Je l’ai dit plus haut, la religion s’infiltre par toutes les failles, toutes les fissures de la société, il faut écoper et colmater sans cesse. Nous avons donc fabriqué le lit fécond de la détestation de la France par la jeunesse abandonnée des cités et sa récupération par un islam incontrôlé, à la fois identitaire et cosmopolite. Faute de transmettre les idéaux de la République, le cerveau humain ayant horreur du vide ( ! ) ce sont les versets du coran qui ont remplacé Les Misérables de Victor Hugo, et les femmes se voilèrent et les fils se mirent à siffler la Marseillaise.

Tout cela comporte incontestablement une part de vérité, mais une part seulement. Le tableau est largement incomplet. Il y a deux côtés à la médaille.

Ne mentionnons pas par modestie tout ce qui relève tout de même de la générosité de la République et de la conscience sociale de l’état providence car ce n’est tout de même pas négligeable. Les devoirs attendus me semblent faibles au regard des droits accordés à tout un chacun. Alors oui, la société n’est pas parfaite loin de là, tout ne marche pas comme il faudrait, mais il appartient à chacun d’user de son pouvoir pour contribuer à la corriger et l’améliorer. Il appartient surtout à chacun de s’exprimer et de prendre son destin en main.

LE COMPLOT CONTRE L’ISLAM RÉEL

Je comprends la pente glissante qui conduit de la France en Syrie. Je vois les paumés attirés par le miel empoisonné du djihadisme. Je connais par cœur l’histoire de Lacombe Lucien.

Mais quand on me dit un peu trop vite et trop facilement que les terroristes meurtriers de Charlie Hebdo, de l’hyper Kacher, du Bataclan, de Nice, les égorgeurs de flics et de prêtre n’ont rien à voir avec l’islam, que les 1 700 djihadistes français combattants en Syrie n’ont rien à voir avec l’islam, que même Daesh, al Qaeda, Boko Haram etc. n’ont rien à voir avec l’islam et que les musulmans n’ont rien à voir avec tout ça, on m’en demande beaucoup.

En gros, on m’invite à penser que du moment que ça me dérange, ce n’est pas l’islam réel et que les fauteurs de trouble ne sauraient être des musulmans. L’islam réel serait une religion discrète et paisible qui ne cherche surtout pas à se faire remarquer. Les bons musulmans sont quasiment invisibles tellement ils sont respectueux de la laïcité. Malheureusement et contre son gré l’islam réel est victime d’un double complot: celui d’usurpateurs nombreux, puissants et sanguinaires qui dénaturent le coran tout en le brandissent d’une main et la kalachnikov de l’autre quand il ne décapitent pas à l’Opinel ou ne se font pas exploser au milieu d’un marché, et celui de laïcards sacrilèges, provocateurs islamophobes obsessionnels qui blasphèment, caricaturent, amalgament, stigmatisent et humilient ses adeptes.

– Franchement vous n’avez vraiment rien de mieux à nous montrer comme appartement témoin ?

LE MALENTENDU A PROPOS DE L’IDENTITÉ FRANÇAISE

Pendant ce temps-là, on continue à s’interroger bravement non stop dans la République sur le bon choix de structures vraiment représentatives pour l’islam en France (ou de France), le bon financement des mosquées, la bonne formation des imams, on débat de la question des repas alternatifs sans porc dans les écoles, l’ouverture ou non des piscines à des horaires réservés aux femmes, pourquoi pas des bus ségrégués hommes à l’avant, femmes à l’arrière ou des wagons spéciaux dans le métro, des horaires réservés dans les cinémas etc. pour permettre aux femmes de sortir un peu le soir, maintenant qu’elles peuvent se baigner en burkini™ dans la journée.

Toutes ces revendications étant effectuées de la façon la plus naturelle et la plus spontanée au nom du vivre ensemble, du multiculti, de l’égalité des droits, de la liberté des croyances et de la démocratie.

Tout cela en usant habilement et bruyamment, c’est de bonne guerre, de toutes les possibilités offertes par la société française jusque dans les moindres interstices du droit.

Il faudrait clarifier un malentendu.

Le but de la République Française, de la démocratie et de la laïcité, ce n’est pas d’assurer le bon développement du prosélytisme religieux, ce n’est pas d’encourager la multiplication des pratiques religieuses dans l’espace public. Mais tout au contraire, de les contraindre à l’intérieur de certaines limites acceptables qui constituent une obligation pour tous.

Les idéaux de la révolution française qui ont conduit à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’ont pas pour objet de soumettre les citoyens à la libre expansion des croyances religieuses, ni d’en faire des citoyens dociles, mais au contraire à les émanciper, comme si bien exprimé par Condorcet dans son projet de décret relatif à l’instruction publique :  » (…) Ni la Constitution française ni même la Déclaration des droits ne seront présentées à aucune classe de citoyens, comme des tables descendues du ciel, qu’il faut adorer et croire. Leur enthousiasme ne sera point fondé sur les préjugés, sur les habitudes de l’enfance ; et on pourra leur dire : « Cette Déclaration des droits qui vous apprend à la fois ce que vous devez à la société et ce que vous êtes en droit d’exiger d’elle, cette Constitution que vous devez maintenir aux dépens de votre vie, ne sont que le développement de ces principes simples, dictés par la nature et par la raison dont vous avez appris, dans vos premières années, à reconnaître l’éternelle vérité. Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auront été brisées (…) « .

Le partage de l’identité française, ce n’est pourtant pas très compliqué, c’est la reconnaissance, la compréhension, la reconnaissance et surtout la défense des idéaux de la République, tels que concrètement représentés par les droits et les devoirs des citoyens. C’est ce qui nous rassemble et fait de nous une nation. C’est ce que les résistants et les patriotes ont défendu lorsque cela était en péril. C’est ce qu’ils nous ont transmis. A charge à nous de poursuivre le chemin. La France n’est pas un pavillon de complaisance pouvant recouvrir n’importe quelle société.

Celui qui au nom de l’islam ne partage pas ces idéaux, celui qui ne veut qu’accroître ses droits sans s’accommoder des devoirs ne doit pas s’attendre à ce que la République cède à ses désirs.

Quand on pose la question de savoir si l’islam est compatible avec la république et la démocratie, ce n’est pas à moi, c’est aux musulmans de répondre si ils y trouvent leur compte, parce qu’ils ne doivent pas espérer que la république et la démocratie s’adaptent à l’islam.

Moi, je peux seulement dire que la France n’est pas soluble dans l’islam.

 

ADDITIF du 5/09 :

A propos de la gauche régressive :  (la gauche régressive se caractérise par)  « ce que j’appelle un racisme de faible standard : ne pas s’indigner qu’une personne à peau brune exprime de la misogynie, du chauvinisme, de la bigoterie ou de l’antisémitisme, mais exiger qu’une personne à la peau blanche soit à la hauteur des valeurs démocratiques libérales. Les véritables victimes de ce double standard sont les minorités culturelles elles-mêmes, car cela limite leur horizon. Nous rabaissons leur potentiel et les attentes qu’elles pourraient avoir envers elles-mêmes. Nous les jugeons comme des personnes dont la culture est intrinsèquement moins civilisée et, bien sûr, nous tolérons la bigoterie à l’intérieur de ces communautés. Les premières victimes de cette bigoterie sont les plus démunis de ces communautés. » Maajid Nawaz cité par François Doyon (philosophe québécois) dans « Le Racisme de la gauche régressive« . De François Doyon encore et à lire :  A propos du sophisme du vrai islam.

 

Rapport et projet de décret relatifs à l’organisation générale de l’instruction publique. Marie-Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de Condorcet. Le 20 Avril 1792.

Condorcet-2(…) Ni la Constitution française ni même la Déclaration des droits ne seront présentées à aucune classe de citoyens, comme des tables descendues du ciel, qu’il faut adorer et croire. Leur enthousiasme ne sera point fondé sur les préjugés, sur les habitudes de l’enfance ; et on pourra leur dire : « Cette Déclaration des droits qui vous apprend à la fois ce que vous devez à la société et ce que vous êtes en droit d’exiger d’elle, cette Constitution que vous devez maintenir aux dépens de votre vie ne sont que le développement de ces principes simples, dictés par la nature et par la raison dont vous avez appris, dans vos premières années, à reconnaître l’éternelle vérité. Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auront été brisées, en vain ces opinions de commande seraient d’utiles vérités ; le genre humain n’en resterait pas moins partagé en deux classes, celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves.» (…)

Les cendres de Condorcet sont au Panthéon.

Michel Butor.

BUTORIllisible Butor ? Hermétique Butor ? Ringard Butor ? Surestimé Butor ? Foutaises, fadaises et balivernes ! Bien plus qu’un simple romancier du Nouveau Roman, qui n’en commit que 4 quand il avait 30 ans, tous devenus des classiques, puis surtout il passa à autre chose. Une conscience, un curieux, un insatiable, un boulimique, un poète, un voyageur, un aventurier, un chercheur, un écrivain compulsif (plus de 1 000 livres !), un grand ami des peintres et des musiciens, un vieux sage, un généreux, un très-loin-de-Paris. Un grand monsieur de la littérature française, Michel Butor !

Et dire qu’en ce moment même, il y en a de tous les sexes et de tous les genres qui pleurent, se lamentent, s’arrachent les extensions de cheveux, Huffingtonpostent à la mort et twittent à la lune, à cause de la perte irréparable de Sonia Rykiel, la dark fashion pythonisse, la plus germanopratine des mamies tricot, la diva erotica du 7e arrondissement ! Pincez-moi ou je me les mords !

TANGO

Faubourgs bavards

le long du fleuve

dont les eaux glissent

contre les briques

Paresseusement

avant et arrière

mais fougueusement

tourbillons d’écume

Un pas sur le côté

le remous virevolte

un paquet d’herbes enlacées

à des poutres d’épaves

Le bras sous l’aisselle

jupe contre pantalon

hanches ployées

jambe tendue

Lèvres amarante

parfum de cuir

thés et matés

peau de pampas

Yeux de palissandre

chevelures carbonisées

gerbes d’étincelles

dans la forêt des rails

Le chant qui se reprend

freine en glissant

dans le froissis des perles

et le martelé des éperons

Le menton du texte

sur l’épaule des images

les phalanges du trait

dans la paume des phrases.

Michel Butor

***

APRÈS MOI LA POUSSIÈRE.

Sorcière soigneuse

je dis mon adieu

à tous ces objets

que j’époussetais

avec mon cheval

à crins de nylon

sur lequel je vais

m’envoler laver

les tours et les nuages

les rues et les ombres

les yeux et les ongles

les reins et les coeurs.

Michel Butor

THE WHITE MAN IN THE PICTURE

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Alors que se terminent les J.O. de 2016, qui se souvient de Peter Norman, le sprinter australien médaille d’argent du 200 m au J.O. de Mexico en 1968  qui fut solidaire du geste de Tommie Smith et John Carlos et en paya également durement le prix ? Une belle histoire racontée par l’écrivain italien Riccardo Gazzaniga  traduite ICI en anglais.

Dans la nature, une espèce connue sur cinq est un coléoptère, végétaux compris.

Coléoptères du monde

Dans le monde vivant, une espèce sur cinq, règne végétal compris, est un coléoptère. Plus remarquable encore :  un animal sur quatre est un coléoptère. Une véritable encyclopédie, 600 espèces présentées sur les 400 000 recensées.  C’est un émerveillement à chaque page. Edition suisse d’un ouvrage canadien. Et tout ça ne coûte que 45 € dans les bonnes librairies et en ligne pour ceux qui n’ont pas de bon libraire.